Serge Babylas de Souza

Du pain, des conditions de vie et de travail meilleures aux peuples

Cinquante-deux ans après l’indépendance, les pays africains pour la plupart, sont encore et toujours à la recherche de leurs marques. En dépit des diverses stratégies, politiques et programmes de développement

du pain aux peuples
du pain aux peuples
appliqués çà et là avec des fortunes diverses.
Bien des fortunes personnelles, ont été bâties grâce aux subsides de la fameuse stratégie de lutte contre la pauvreté, dans bon nombre de capitales africaines. A telle enseigne que, des réformes, qui devraient en principe susciter l’adhésion des populations, sont menées dans l’indifférence générale à cause du désintérêt de populations qui ont perdu toute crédibilité en leurs hommes politiques. Eu égard la fâcheuse propension de ces derniers à utiliser la politique comme un raccourci pour s’enrichir.
Aussi, au Bénin comme ailleurs, le peuple, fatigué par les turpitudes des politiques, les promesses électoralistes sans lendemain et les interminables querelles de leadership, est à la recherche de nouveaux repères. Dorénavant, l’usure du pouvoir devient une réalité incontournable en Afrique.
Aussi, en cette fin d’année, des gouvernants doivent calmer le jeu et rechercher des alternatives beaucoup plus crédibles et constructives pour la reconquête de peuples blasés, usés par plusieurs décennies de rhétorique stérile.
Conscient des limites de certaines réformes initiées sous le changement au cours de son premier mandat, au Bénin, Boni Yayi cherche au cours de ce quinquennat (2011-2016), à insuffler une nouvelle dynamique. A travers un mouvement de progrès et de prospérité pour le peuple. En s’appuyant sur des réformes conjoncturelles et structurelles hardies. Un beau programme sur papier, mais qui a manifestement du mal à prendre son envol à cause des velléités d’un groupe de concitoyens qui pensent que l’actuel locataire du palais de la Marina qu’il veut user de ce stratagème pour briguer un troisième mandat, contre nature… Crise de confiance, oblige !
.A en juger par les remous suscités ces dernier temps par la mise en veilleuse du Programme de vérification des importations économiques (Pvi) Nouvelle formule et les rebondissements dans de nombreuses affaires qui ne sont pas à l’avantage de l’Exécutif, suite à des décisions de justice controversées, le pouvoir gagnerait à calmer le jeu et à donner les gages suffisants de sa bonne foi au peuple souverain. Avant de procéder aux réajustements nécessaires et inévitables pour asseoir une véritable politique de développement. Il y va de sa crédibilité et de sa stabilité en ces temps de morosité économique généralisée. Car, in fine, les aspirations profondes des peuples peuvent se résumer en trois choses, sous tous les cieux: du pain, des conditions d’existence et de travail meilleures. Bonne fête de Noël et mes vœux les meilleurs pour 2013.


L’espoir des spoliés de l’affaire de placement illégal d’argent vire au cauchemar

Affaire Icc services et consorts
Affaire Icc services et consorts
Le grand espoir suscité, il y a quatre ans, par la décision du gouvernement béninois de récupérer les avoirs des victimes de l’affaire dite Icc services et consorts, tourne visiblement au cauchemar.

« Les responsables de Icc services, de par leur mauvaise foi manifeste, ne veulent pas sortir la liste de leurs déposants en même temps qu’ils contestent la liste issue du recensement et le montant. Cela nous mène à une impasse ». Le cri de détresse de Sévérine Lawson, présidente du comité de suivi sonne du moins comme un aveu d’échec retentissant du gouvernement dans sa tentative de sauver les avoirs des Béninois spoliés par les agences illégales de placement d’argent. A la démarche de règlement amiable entreprise par l’Etat, les dirigeants de Icc services opposent une bataille juridique qui consume les derniers espoirs des épargnants de recouvrer leurs dépôts, quatre ans après les promesses gouvernementales. Gérard Accrombessi, l’une des victimes, dit avoir eu le ventre mou à l’écoute des jérémiades de l’Agent judicaire du Trésor devant les caméras des télévisions locales. « Ces gens-là nous prennent pour des cons. Plus les jours passent, plus je me rends que l’espoir de retrouver mes sous est vain », confie-t-il affligé. Tout comme les 750 000 francs Cfa qu’espère Gérard, son copain Christophe Dégbé semble ne plus entretenir aucune illusion sur les 350 000 francs Cfa que lui doit l’agence Icc services. «J’ai fini par comprendre qu’il s’agissait d’une promesse électoraliste. Le KO est déjà arrivé, Yayi est passé à autre chose. Tout ce qu’on vient nous dire à la télé n’est que de la comédie », se désole-t-il.

La bataille judiciaire en question
Quid de la procédure judiciaire en cours ! Plus grand-chose à attendre d’un procès improbable, à leurs yeux, la volonté des responsables de Icc services d’amener le comité de suivi à l’usure étant manifeste. « Ils veulent miser sur les délais, les règles de procédures. On peut dire, le maximum de la peine est de 10 ans, quand ils vont passer dix ans en prison, sur le plan droit, on ne peut plus les maintenir en prison », avait confié à la presse Sévérine Lawson en personne. Mais là où la procédure judiciaire laisse perplexes de nombreux spoliés, c’est la libération sous caution de certains responsables de Icc services. Même si on estime que ces derniers ont joué un rôle secondaire dans le scandale, leur sortie de prison ne leur donne guère l’assurance que la justice va accélérer la procédure pour ouvrir un procès dans les meilleurs délais.
Dans certains milieux de droit, des indiscrétions soulèvent la possibilité pour le juge de remettre en cause une série d’initiatives prises à l’encontre des agences de placement illégales, jugées sans aucun fondement juridique. Il s’agit notamment de la saisie et la vente des biens des responsables des agences de placements et de leurs agents sans aucune décision judiciaire. Aujourd’hui, bien qu’il ait pu mobiliser 1,3 milliards de francs Cfa à partir des biens et ressources saisies, le comité de suivi se retrouve dans l’impossibilité de payer les spoliés sans l’accord des responsables de Icc services. Ce que la présidente du Comité considère comme une mauvaise foi n’est visiblement que la manifestation de la primauté de la procédure judiciaire sur toutes les scénarii pensés par l’Etat pour voler au secours des spoliés. L’impuissance de Sévérine Lawson se justifie d’ailleurs par l’appel pressant qu’elle-même lance afin que la justice appuie sur l’accélérateur afin qu’on oppose à Guy Akplogan et compagnies un règlement forcé. En attendant, les spoliés continuent de souffrir le martyr tout en redoutant que l’espoir suscité par les bons offices du gouvernement, il y a quelques années, ne tourne définitivement en une désillusion épouvantable.


Racket systématique sur les routes du Bénin

Le racket des transporteurs continue sur les routes du Bénin. En dépit de la volonté manifeste du pouvoir d’assainir les mœurs et de lutter contre la corruption.
C’est un secret de polichinelle, les véhicules de transports en commun aux postes de contrôle, doivent « graisser la patte » aux agents en uniforme en faction sur les divers axes routiers, c’est la règle et il faut s’y conformer pour éviter toute déconvenue… « Tu charges sur les parcs et les syndicats t’arrêtent sur la voie. Même si tu montres le ticket de chargement de ton véhicule, parfois ils prennent encore de l’argent. Ajouté à ce que vous prennent les policiers et les gendarmes sur la voie, c’est énorme …», confie avec amertume Apollinaire Zoundji, conducteur de taxi. Les conducteurs de taxi, sous différentes formes ne cessent de crier leur ras le bol face à des syndicats qui les racquettent. Bien que ces responsables syndicaux soient issus de leurs rangs et élus par la majorité des conducteurs. Martin Ignace, ancien syndicaliste et transporteur pense que ce qui se passe aujourd’hui ne se passait pas en son temps, où il était sur le parc de jonket comme syndicaliste, il y a environ une trentaine d’année. « D’abord les syndicalistes sont devenus des loups pour les conducteurs », déplore t-il. Le syndicalisme est devenu un métier des coups bas. Auparavant, si vous chargez sur un parc, le ticket est seulement à cinq cent francs. « Si vous voulez cotiser vous-mêmes dans votre caisse, le tout revient à mille francs. Maintenant quand tu charges aujourd’hui à Godomey pour Lomé, avec quatre passagers, le total fait vingt mille francs. Ils vous prennent deux milles francs et vous payez les droits de ticket et ceux là qui ne veulent rien faire qui se disent syndicalistes se mettent encore sur la route pour vous rançonner», explique-t-il. Pour Antoine, les difficultés ne sont pas seulement au niveau des syndicalistes, loin s’en faut ! Les conducteurs ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes, pour avoir placé leur confiance ; en de vils individus.
L’essence et le coût du transport
Antoine Djibodé, les difficultés que rencontre le secteur des transports sont de divers ordres. « Nous sommes tous des hommes et nous chargeons deux personnes devant et quatre derrière. Il s’agit là d’une surcharge. Ceci n’est pas de notre faute en tant que conducteur puisque en partance pour hillacondji (pour les marques japonaises comme Toyota), il faut quarante litres de carburant ; ce qui revient à douze milles. Si tu fais un chargement de six clients pour hillacondji et chacun paie deux milles, le prix du carburant ne suffit plus. Avant de partir, il faut payer les frais de chargement et les frais de parc. Sur la route, les postes de péages sont là et il faut payer, sans oublier les routiers et les policiers qui prendront également leur part», explique-t-il. Il s’agit là d’un manque à gagner pour le conducteur. Aussi ajoute-t-il « tu peux partir et au retour, tu ne trouveras pas de client comme tu peux aussi en trouver ». Dans ces difficultés certains souhaitent que les prix de transports soient revus à la hausse avec l’aide du gouvernement. Le phénomène de l’essence frelatée constitue aussi un coup dur pour ces conducteurs qui ne savent comment gérer leurs activités. « Au moment où l’essence frelaté existait, au prix de quatre cent cinquante francs, avec neuf mille francs de carburant, tu fais le trajet et tu trouves en fin de journée, un reliquats en poche ». Mais aujourd’hui, avec la lutte contre l’essence de contrebande, les données ont changé.


Un musée particulier en son genre

Le parc archéologique d’Agongointo à Bohicon au Bénin est un musée unique en son genre dans la sous région ouest africaine. Eu égard à l’importance de ses attraits culturels et touristiques nonobstant au lendemain de sa découverte inédite.
Le site archéologique d’Agongointo est découvert en 1998 par une entreprise danoise qui exécutait les travaux de construction de la route devant contourner la ville de Bohicon dans le centre Bénin. Au cours des travaux, l’une des machines de cette entreprise étant tombée dans un grand trou, les techniciens constatèrent qu’il s’agissait d’une œuvre humaine, digne d’intérêt pour le patrimoine culturel. Les autorités de la circonscription urbaine de Bohicon d’alors, du ministère de la culture et des hommes de médias furent alertés. Le site devint alors un point d’attraction pour les chercheurs, les responsables locaux et nationaux ainsi que les curieux de tous genres.
Après cette découverte inédite, les discussions ont commencées avec les partenaires danois qui ont accepté de financer les recherches sur le site. Avant toute chose, il fallait nécessairement connaître la nature des trous en question qui se trouvaient sur le site, leur fonction et leur histoire. Ces recherches ont été effectuées par deux équipes d’archéologues. L’une dirigée par le professeur Alexis Adandé de l’Université d’Abomey-Calavi du Bénin ; l’autre danoise, était placée sous l’autorité du professeur Klaus Randsborg de l’Université de Copenhague. Les travaux d’archéologie ont duré plus de quatre ans et ont abouti à des résultats qui seront mis à la disposition du ministère béninois de la culture pour exploitation.
Sur l’espace délimité pour les recherches archéologiques, 56 abris souterrains dont la construction remonte au 13 ème siecle ont été découverts.
Quid de l’exploitation des résultats des recherches archéologiques
L’exploitation s’est faite surtout à travers des travaux techniques relatifs aux dispositions à prendre pour la conservation des vestiges et leur mise en valeur. Trois documents techniques ont été élaborés à cet effet : un plan de conservation et de gestion, un projet architectural, un projet scientifique et culturel. La combinaison de ces documents a permis aux techniciens de la direction du patrimoine culturel de monter un programme de mise en valeur et de construire le musée à ciel ouvert, objet de toutes les curiosités et qui fait aujourd’hui la fierté des tous les acteurs impliqués dans cet ambitieux projet.
Le parc archéologique d’Agogointo, musée à statut municipal est géré par un personnel désigné par la Mairie de Bohicon et formé par la direction national du patrimoine culturel. Officiellement mis en service le 28 août 2008, le musée offre à voir des maisons souterraines équipées pour permettre aux visiteurs d’y entrer pour admirer le génie des ancêtres lointains qui les ont réalisées, des espaces sacrés et autels de vodou, une exposition des produits des fouilles archéologique dans un bâtiment en matériaux traditionnels. Il y a également un espace de divertissement pour enfants, des panneaux illustrés portant des informations sur les maisons souterraines, un jardin aux papillons où les danses et jeux de ces insectes plongent le visiteur dans une ambiance de gaieté sans pareille. De même, des espaces verts à l’état naturel avec des espèces végétales aux multiples fonctions, ainsi que des cérémonies de vodou, des loisirs traditionnels, ne manquent pas de forcer l’admiration des visiteurs sur le site.


Ramata Soré, met à nu les préjugés des médias occidentaux sur l’Afrique

Ramata Soré
Ramata Soré, journaliste burkinabé engagée

Ramata Soré, journaliste burkinabè engagée de renommée internationale, vient de réaliser un documentaire sur les préjugés des médias occidentaux sur l’Afrique, en revisitant l’édition 2010 de la coupe du monde en Afrique du Sud.

Le scepticisme des Occidentaux sur la capacité réelle de l’Afrique du Sud à organiser dans les règles de l’art et à bonne date en 2010, la Coupe du monde de football, avait alimenté la polémique en son temps. Mais in fine, au soir de la compétition, Joseph Blatter, président de la FIFA, avait remis les pendules à l’heure en reconnaissant le franc succès de la manifestation. Ce qui valu au pays de Nelson Mandela satisfecit et encouragements… Et pour cause !

Le documentaire « La Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud : Médias occidentaux et regards racistes sur l’Afrique » est en fait une récupération intelligente des stéréotypes et clichés véhiculés et divulgués par les médias occidentaux sur le continent noir. Dans ce documentaire, Ramata Soré décrypte les mots et les phrases que ces médias utilisent pour dépeindre l’homme noir. Loin de rester dans la position d’une victime, notre consœur nous invite à travers son film à la réflexion. Une réflexion qui se veut constructive, positive, voire engagée.

Dans son documentaire, Ramata Soré, journaliste burkinabè engagée, lauréate de plusieurs prix prestigieux, fait une récupération intelligente des stéréotypes et clichés véhiculés par les médias occidentaux sur le Noir, en construisant la trame de son film autour d’anciens articles publiés par des journaux américains (le New York Times, le Wall Street Journal…) et des articles récents publiés par des médias britanniques pour qualifier l’homme noir et sa capacité à appréhender son destin.

En somme, ce film livre l’information selon laquelle il est du devoir des Africains de combattre le racisme occidental et l’aliénation culturelle de l’Afrique. Aussi, sans préjugés, sans tabous, Ramata Soré revisite des concepts récurrents liés à l’esclavage et au colonialisme, pour montrer en définitive que les professionnels des médias africains doivent œuvrer à donner une meilleure image de l’Afrique, en évitant de prendre le raccourci de l’afro pessimisme, mieux, des théories négationnistes battues en brèche depuis des lustres.

Enracinement et consolidation de la liberté de presse et d’opinion

Sous les auspices de l’Institut Médias et Développement (Imd), Ramata a effectué une tournée de projection suivie de débats sur ce documentaire tournée sur fonds propres, au Bénin, au Togo et dans la sous-région pour recueillir la réaction des professionnels des médias et des cinéphiles. Une initiative hautement appréciée par les professionnels des médias qui ont reconnu l’originalité et la qualité du travail abattu.

Créé en 2006 et officiellement enregistré le 26 mai 2008, l’Institut Médias et Développement (Imd) est un organisme dont les objectifs visent entre autres à favoriser l’éclosion d’une presse de qualité au Bénin et en Afrique, à contribuer à la formation, au perfectionnement et à la spécialisation des professionnels des médias, à œuvrer à la valorisation de l’image du Bénin et de l’Afrique à travers les médias et à encourager les échanges culturels, la communication et le partenariat entre les professionnels des médias africains et d’ailleus. Elle s’est félicitée de cette heureuse initiative pour l’enracinement et la consolidation de la liberté de presse et d’opinion, à travers la tournée de débats et d’échange d’expériences de Ramata Soré.

Une consœur qui manifestement, a une carte de visite chargée : après une maîtrise en Sciences et techniques de l’information et de la communication à l’université de Ouagadougou au Burkina, en 2001, Ramata Soré fait son entrée dans le journalisme. D’abord comme stagiaire pigiste, puis comme journaliste à plein temps au bimensuel l’Evénement, où elle se fera vite remarquer par une production de qualité, riche et diversifiée, soucieuse des aspirations profondes du peuple. Journaliste engagée au parcours élogieux, en une décennie de présence dans une profession où les femmes se comptent sur le bout des doigts de la main, elle n’en finit pas de décrocher trophées d’excellence et prix prestigieux, établissant une réputation qui dépasse largement les limites des frontières de son Burkina natal.

Issue du département Communication et Journalisme de l’Université de Ouagadougou, en dehors de la Maîtrise en Sciences et techniques de l’information et de la communication, elle est également nantie d’un diplôme en Communication multimédia, d’un Dess en Environnement et développement durable. Depuis 3 ans elle poursuit des études de troisième cycle aux Etats-Unis.


Au Bénin, l’Etat part en guerre contre les trafiquants d’essence

Kpayo
un convoyeur d’essence de contrebande ou « Kpayo’

Au Bénin, le pouvoir vient de déclencher une guerre contre les acteurs de l’essence de contrebande, ou « Kpayo ». Le but du gouvernement est de contraindre le trafiquants à tourner le dos à des activités hautement préjudiciables pour l’économie nationale, l’environnement et la santé.  D’ici le 12 décembre, plus aucun vendeur d’essence « Kpayo » ne doit arpenter nos rues. Un ultimatum qui fait réfléchir quand on sait que durant des années, ce même pouvoir a pudiquement fermé les yeux sur ce trafic, pour des considérations diverses.

Et pourtant, les effets néfastes de la vente illicite du « Kpayo » sont bien connus. Le trafic alimente, de sources concordantes, plus de 85% du réseau de distribution de l’essence, avec un chiffre d’affaires annuel compris entre 600 et 700 milliards de francs Cfa échappant complément au fisc. Par ailleurs, plus de 120 millions de litres d’essence de contrebande sont vendus chaque jour au Bénin au bord des rues contre seulement 1,5 millions de litres par jour dans les stations services.

Si des milliers de Béninois en profitent puisque ce trafic leur permet d’obtenir de l’essence à bas prix, le commerce illicite de l’essence crée d’énormes manques à gagner pour l’Etat, en raison des pertes d’exploitation des compagnies agréées et des précédents environnementaux et sécuritaires graves, du fait des mauvaises conditions de transport et de vente du produit. Les pertes fiscales de l’Etat sont ainsi évaluées à plus de 175 milliards de francs Cfa par an.

Au regard de ces statistiques, on pourrait s’interroger en toute légitimité sur les motivations qui sous-tendent cette longue léthargie des gouvernants. Surtout qu’en 2007, la Commission de lutte contre le marché informel de l’essence avait tiré la sonnette d’alarme et les autorités politiques nationales au plus haut niveau avaient promis une reconversion d’activités aux acteurs de la filière, dans l’optique de sa suppression. Dans  la foulée, des plans de reconversion furent même  élaborés. Sans suite, hélas ! Face au poids du puissant lobby de l’essence frelatée sur l’échiquier politique national, le pouvoir a préféré battre précipitamment en retraite. La suite, on la connait.

La vente de l’essence de contrebande aux abords des rues, réponse sociale au marasme économique des années 1980, à l’instar du phénomène des zémidjan, n’a plus droit de cité dans notre pays. Le pouvoir n’en veut plus. Il a déjà du renflouer les caisses de la  Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) à hauteur de trois milliards de francs Cfa, histoire de lui éviter de mettre la clé sous le paillasson.  Comme le gouvernement entend rentrer dans ses fonds, l’assainissement du marché devient dorénavant incontournable. Le pouvoir intègre cette réalité à ses priorités, et déclenche les hostilités, sans tenir compte des effets collatéraux inévitables dans ce genre de conflit. Encore qu’en dehors de Cotonou, Porto-Novo et environs, dans le Mono, le Couffo, le Zou et ailleurs, rien n’a véritablement bougé : le Kpayo a encore droit de cité et circule librement comme si de rien n’était.

Toute la question autour de cette problématique est d’évaluer le degré de détermination de l’Etat à en finir avec ce phénomène. Au-delà des élémentaires questions de sécurité et de manque à gagner que pose un tel commerce, c’est la crédibilité même de l’Etat qui est mis en permanence à épreuve. Aucun gouvernement depuis l’éclosion de ce commerce honteux n’a pu conduire à bout l’offensive, acceptant ipso facto la fatalité d’une pratique qui serait plus forte qu’une telle crédibilité.

Si l’engagement du chef de l’Etat est encore du registre de ces poudres circonstancielles dont l’on affuble  le visage de l’opinion et que l’on a eu tôt fait de faire essuyer par le temps et ses contraintes, alors point n’eût été nécessaire de commencer. C’est au baromètre de l’engagement anti-Kpayo que l’on mesurera la capacité du pouvoir à amorcer d’autres réformes nécessaires et à les achever.


Le dialogue de sourds reprend dans le dossier du placement illégal d’argent au Bénin

La présidente du Comité de suivi chargé du remboursement des spoliés, Sévérine Lawson, est véritablement en courroux contre les responsables d’Icc Services qui visiblement, lui donne du fil à retordre, en donnant dans du dilatoire.

Dire que les déposants d’Icc. Services attendent impatiemment d’être remboursés relève d’un secret de polichinelle. Mais les derniers développements du dossier risquent de faire durer davantage leur attente. Sévérine Lawson, présidente du Comité de suivi missionné par le gouvernement pour organiser le remboursement des spoliés a fait part le 3 décembre 2012, de la mauvaise dont fait preuve les responsables d’Icc Services qui détient la part importante des épargnants spoliés. «Tout allait très bien avec une collaboration franche et nous étions persuadés qu’au bout de quelques mois, le dénouement allait être amorcé jusqu’au jour où un nouvel avocat a surgi pour s’opposer à tout ce qui se faisait au niveau du Comité de suivi. Aujourd’hui, nous avons pu mobiliser par les diverses ventes sur saisis, pour le compte d’Icc Services, environ 1,3 milliards de francs Cfa. Si cela ne tenait qu’au Comité de suivi, cette somme devrait être répartie aux déposants qui ont des montants inférieur ou égal à cent mille. Mais les responsables d’Icc, de par leur mauvaise foi manifeste, ne veulent pas sortir la liste de leurs déposants alors qu’ils contestent au même moment la liste issue du recensement et le montant des épargnants. Cela nous mène à une impasse », tempête-t-elle. Sévérine Lawson, que les responsables de Icc tentent visiblement d’amener à l’usure, dénonce surtout le black-out qu’oppose cette agence à la démarche de règlement à l’amiable préconisé par l’Etat afin que les épargnants des structures illégales de placement d’argent puissent rentrer rapidement dans leurs fonds. D’autant qu’au niveau de la justice, le dossier ne connaît pas une avancée réelle. Mieux, certains responsables d’Icc écroués depuis le début de l’affaire ont été libérés au grand dam des épargnants. «Nous devons repenser la gestion de ce dossier sur le plan administratif tout en espérant que la justice va accélérer la procédure.  Car face à des gens qui s’opposent à un règlement amiable, il faut leur opposer un règlement forcé et ce règlement forcé, c’est la décision de justice qui sera exécutée contre eux. Nous sommes dans l’espoir que la procédure judiciaire va s’accélérer pour qu’enfin, il y ait un procès », martèle l’Agent judiciaire du Trésor qui ne sait plus aujourd’hui à quel saint de vouer.

 


Des délestages en perspective sur le réseau électrique du Bénin et du Togo

Le Ghana a décidé de réduire son approvisionnement en énergie électrique au Bénin et au Togo, mettant du coup les deux pays dans une situation très embarrassante. Avec la perspective d’un déficit énergétique.

Les mois à venir risquent d’être difficiles en matière d’approvisionnement en énergie électrique au Bénin. Djibril Salifou, directeur général de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) a fait part lundi au président Boni Yayi du Bénin de la décision des autorités ghanéennes de limiter la fourniture de l’énergie électrique, une situation qui condamne le Bénin à compter sur ses propres forces. « Nous avons été saisi par le Ghana de ce que la Ceb ne pourra plus bénéficier de la quantité d’énergie qu’elle recevait avant. On a été limité à 10 Mw seulement sur les 60 que nous recevions. Ceci va impacter négativement la fourniture de l’énergie électrique au Bénin et au Togo», annonce-t-il. Bien qu’il indique que les centrales dont dispose la communauté seront mises à contribution, le pack d’énergie propre des deux pays n’est pas suffisamment fourni pour satisfaire la demande du marché. «Nous avons des centrales dont le coût de production est assez prohibitif. Mais on peut réduire le déficit en relançant ces centrales», souligne Djibril Salifou.

Pour passer une période de fête tranquille, le Bénin a besoin de 190 Mw. Mais à en croire Marius Hounkpatin, directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), le Bénin et le Togo devront se serrer les coudes pour pouvoir assurer le service minimum, en attendant un retour à la normale. Pour sa part, le gouvernement mise surtout sur la mise en service de la centrale de Maria Gléta, censée produire environ 80 Mw pour réduire la dépendance énergétique du pays. Mais ce projet sur lequel compte énormément le gouvernement risque de ne pas prospérer au regard de la décision du Nigeria, de fournir

Salifou Djibril, Président Ceb
Salifou Djibril, Président de la Communauté électrique du Bénin (Ceb)

Marius Hounkpatin, Directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee)

du gaz naturel à partir du Projet gazoduc. Bonjour les délestages… Quand bien même Marius Hounkpatin tente de calmer le jeu en rassurant les usagers.


Triste destin pour la Zone franche industrielle du Bénin

Dix ans d’aménagement pour une seule société opérationnelle ! Bilan catastrophique pour la Zone franche industrielle (Zfi) dont la création avait suscité beaucoup d’enthousiasme, en son temps. Comme le dirait l’autre, en matière de promotion industrielle, circulez, il n’y a rien à voir !

Lorsqu’on dépasse le carrefour de Porto-Novo en direction de la frontière de Sèmè-Kraké, on est souvent consterné face au triste spectacle qu’offre le site de la Zone franche industrielle (Zfi). Hormis la grande clôture érigée pour protéger le domaine de 40 hectares aménagés par le gouvernement béninois, l’intérieur donne l’image d’un champ en friche qui attend impatiemment l’hivernage. Quelques rares bâtisses dispersées dans la broussaille témoignent sans doute de la présence de quelques entreprises signalées au début qui se sont rebiffées par la suite, faute d’un environnement propice et attrayant. Pourtant, il y a dix ans, la décision de l’Etat de faire de ce périmètre, la nouvelle cité industrielle du pays avait suscité beaucoup d’enthousiasme.

Pour concrétiser son ambition, le président Mathieu Kérékou, en son temps, avait créé une agence de gestion de la Zone franche industrielle, sous le sceau du partenariat public-privé. Un capital social de deux milliards de francs Cfa porté par l’Etat, la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) et un pool d’opérateurs privés séduits par le projet a été constitué. Mais le caractère mixte de l’agence n’a pas pu échapper à la bureaucratie légendaire de l’administration béninoise aux antipodes du credo de l’investisseur pour qui « le temps, c’est de l’argent ». In fine, les nombreuses entreprises annoncées tambours battants n’ont pas été au rendez-vous. Marché de dupe conclu ou simple repli stratégique ? Aujourd’hui, une seule unité de production opère vaille que vaille, sur le site, dans un contexte d’exploitation n’offrant pas une garantie de développement à long terme.

Des avantages malgré tout

Pourtant, les avantages douaniers et fiscaux qu’offre, a priori, la Zfi a de quoi fouetter le chéquier de l’investisseur potentiel. Les entreprises agréées au régime de la Zfi bénéficient à l’importation, et à compter de la date de l’agrément, de l’exonération des droits et taxes (à l’exception de la taxe de voirie) sur tous le matériel devant intervenir dans la mise en place et le fonctionnement des unités de production. Une réduction de 60% de ces mêmes droits et taxes est accordée sur les véhicules utilitaires acquis par l’opérateur. S’agissant des avantages fiscaux, les entreprises disposeront entre autres d’une exonération de l’impôt sur le Bic (Bénéfice industriel et commercial) pendant les 10, 12 et 15 premières années à compter de l’agrément ainsi que l’exonération de la Tva (Taxe sur la valeur ajoutée) pendant la durée de l’agrément sur les livraisons de produits semi-ouvrés, les emballages, les livraisons faites à soi-même dans la mesure où elles s’intègrent au processus de production, les travaux et services fournis. Mieux, les promoteurs de la zone évoquent une réduction du coût des facteurs de production à travers une autonomie dans la production de l’énergie, l’adduction d’eau ainsi que le réseau de télécommunications.

 

La Zfi du Bénin
La zone franche industrielle (Zfi) du Bénin

Lacunes structurelles

Mais le peu d’intérêt que les investisseurs accordent à ces avantages se trouvent en réalité dans l’incapacité du Bénin à résoudre les problèmes structurels de facteurs de production qui annihilent ses avantages comparatifs. Le plus criard reste son déficit énergétique légendaire. « L’énergie du Bénin et son coût ne permettent pas au pays de disposer d’industries capables d’affronter la compétitivité au niveau international », commente un expert spécialiste des questions d’investissement. Du coup, en dépit de la proximité du pays avec le géant nigérian, riche d’un marché de près de 200 millions de consommateurs, le coût élevé des facteurs de production (énergie, eau, télécommunication) continuent de plomber l’investissement direct étranger. A cela s’ajoute l’environnement juridique, constitué d’un code des investissements totalement désuet par rapport à la vision d’émergence à laquelle s’accrochent les nouvelles autorités du pays. La preuve en est le 175è rang décerné au Bénin, dans le classement Doing Business 2013 de la Banque mondiale. « Pour régler le problème de la Zfi, il faut revoir de fond en comble l’ensemble des goulots d’étranglement à l’investissement au Bénin », poursuit l’expert qui gage sur les bonnes résolutions de la table-ronde secteur public- secteur privé pour aider le Bénin à changer de paradigme.

 


Des produits avariés en liquidation sur nos marchés

La liquidation de certains produits de qualité douteuse en cette veille des fêtes de fin d’année et du nouvel an, prend de plus en plus de l’ampleur sur le marché national. A telle enseigne que, les consommateurs doivent redoubler de vigilance, dans leurs achats, pour ne pas se faire duper par des commerçants véreux.

Les fêtes de fin d’année s’annoncent. Avec leur cortège habituel de ventes occasionnelles aux coins des rues, aux abords des buvettes, bars, restaurants, ainsi que dans nos marchés et autres étals créés à la va vite dans la ville et ses environs, sans oublier le porte à porte…La fête s’annonce belle. Dans un contexte de morosité économique où l’argent circule de moins en moins. Sur le marché des innovations s’observent, de nouveaux produits abondent. En témoignent, les vente à la sauvette par ci, vente à la crié par là, des plateaux et autres ustensiles de cuisines sur la tête ici, des  produits étalés aux abords des allées, des rues, là-bas…  Les consommateurs sont pris d’assaut et ne savent pas où donner de la tête à cause des choix multiples. Mais le hic, la qualité douteuse de la plupart de ces produits, qui sont soit déjà avariés, soit à quelques jours de la date de péremption, devraient inciter les prospects à la vigilance et à la prudence. Pour ne pas tomber dans les pièges de ces commerçants véreux qui ont plus d’un tour dans leurs sacs pour forcer la main aux usagers de nos marchés.

Ces commerçants indélicats dénués de tout scrupule déversent sur le marché des boissons en cannette déjà périmées mais dont la vignette est traficotée pour donner l’illusion contraire ; des boissons alcools et spiritueux fabriqués sur place en imitation de grandes marques avec une alchimie et une dextérité qui en rendent la consommation néfaste à la santé ; des friandises et des biscuits aux emballages reconditionnés et aux dates de fabrication et de péremption falsifiées. La liste est longue…

Un tour au marché Dantokpa

Clochette en main, des cris par ci, des harcèlements par là. La machine à convaincre les acheteurs est mise en branle, avec un argumentaire classique qui revient chaque année à la même période tel un leitmotiv. Le spectacle est désolant. Des produits dont on ignorait jusque-là l’existence sont exhibés et présentés avec forces arguments.  De provenance douteuse, avec des des noms imaginaires se retrouvant d’un point à un autre avec des emballages variés, c’est à y perdre son latin. Il faut apercevoir outre les jouets de tout genre, les tenues pour enfants, les conserves, les pâtes alimentaires et bien d’autres produits sans dates de péremption ou avec des inscriptions illisibles. Cette période des fêtes de fin d’année offre ainsi l’opportunité aux personnes mal intentionnées de mettre sur le marché des produits avariés ou de mauvaise qualité. Aussi retrouve-t-on des liqueurs frelatées produits sur place, des biscuits divers. En cette période, le génie béninois fait ses preuves dans l’agro alimentation, par appât du gain facile. D’où les nombreuses intoxications alimentaires et autres désagréments qui menacent les populations des villes et campagnes à la merci de ces commerçants sans foi ni loi. Selon Dame Afi, commerçante au marché Dantokpa, « nous avons parfois des fournisseurs qui viennent nous présenter des choses comme quoi c’est des nouveaux produits mis sur le marché. Maintenant si le coût est moindre, on achète pour faire beaucoup de bénéfice à la vente ». Pour ces nouveaux produits la plupart se fabrique sur place ici au Bénin. D’autres par contre, viennent des pays voisins que sont le Nigéria et le Togo. Et comme il n’y a pas un mécanisme de contrôle des produits déversés sur le marché national,  des produits contrefaits et/ou avariés sont régulièrement déversés. Au grand dam des consommateurs qui ne doivent compter que sur leur bonne étoile, pour éviter l’intoxication alimentaire consécutive à la consommation de ces produits bon marché mais à risques.

Le contrôle des produits

Le contrôle de la qualité des produits et des prix se fait sur le marché Dantokpa de manière cyclique, d’après dame  Pascaline, revendeuse de son Etat, installée à Dantokpa de puis plus d’une décennie. A l’entendre, « le plus souvent c’est à l’approche des fêtes qu’on retrouve les gens du ministère ». La population déjà habituée à cette forme de commerce à l’approche des fêtes s’acharne pour trouver son compte avant leur passage. Les produits périmés ou avariés pour la plupart sont parfois saisis par les agents de contrôle du ministère du commerce intérieur. Cette descente qui arrive parfois tardivement voire rarement avec une équipe insuffisante ne permet pas de retrancher du marché tous les produits incriminés.

Ainsi, le business reprend de plus belle avec ses conséquences sur la santé des consommateurs qui n’ont pas les moyens de se rendre dans les grandes surfaces en ville pour acheter des produits de bonne qualité mais à des prix beaucoup plus élevés.