Serge Babylas de Souza

Les « occasions venues d’Europe’ ont le vent en poupe au Bénin

Après l’essor de la vente des véhicules d’occasion dits « venus de France » et autres accessoires, c’est le tour des objets usagés pompeusement baptisés « occasions venues d’Europe » de bénéficier de l’engouement d’un public friand des occasions. 

Le marché de l’occase a pignon sur rue dans les villes et campagnes du Bénin. Le brocanteur européen le plus avisé, se perdrait facilement dans le bric à bac du vendeur d’objets d’occasion sous nos cieux. Et pourtant, c’est de ce fourre tout d’articles usagés, hors d’âges, que d’importantes ressources sont dégagées après des transactions avec des clients, satisfaits de leurs acquisitions. C’est à y perdre son latin. Mais à  l’instar de ce jeune entrepreneur adepte des occasions, Yves-Lambert., qui«avoue ne s’habiller qu’avec de la friperie, de premier choix. Sa voiture est venue de France, tout comme sa télé, son réfrigérateur et son four à micro onde… ». Il faut savoir raison garder. Car, tout comme lui, ils sont des milliers à ne jurer que par les occasions, la friperie, morosité économique oblige.

Bousculade autour du « premier choix »

Dans une maison située non loin du stade de l’Amitié de Cotonou, aux abords du Ceg Zogbo, est ouvert un grand magasin qui occupe une place de choix dans la vente de l’électroménager, du matériel informatique, des vélos et autres objets d’occasion. Le maître des lieux, un  Tchadien d’une quarantaine d’années a lancé ce commerce avec de petits moyens il y a quelque temps. Mais aujourd’hui, il paraît satisfait et affiche la sérénité de l’homme d’affaires prospère. Aujourd’hui, le magasin s’étend à toute la maison, des centaines de vélos tout terrain sans roue avant ainsi que d’autres objets, sont exposés à sa devanture. . A l’intérieur, le magasin tout aussi bien achalandés d’articles d’occasion divers, estampillés de l’inscription « prix abordable », atteste de la santé financière du propriétaire.

A l’arrivé de chaque conteneur d’articles, ce magasin est pris d’assaut par d’autres vendeurs de moindre importance. Le spectacle est étonnant, chacun veut avoir le meilleur article « premier choix » sorti du conteneur. Ce qui donne lieu à des bousculades, empêchant parfois les manœuvres de décharge des articles impatiemment attendue par la foule nombreuse qui s’est déplacée.

C’est dans les années 2000 que le marché de l’occasion a connu un boom prodigieux et le nombre des acteurs intervenant dans ce secteur d’activités jusque-là peu connu du grand public, a pratiquement doublé du jour au lendemain. Ainsi, à tous les coins de rue, on rencontre désormais un vendeur de des articles d’occasion à des « prix imbattables », comme ils se plaisent tous à le dire.. « Le   problème avec ce commerce, affirme un employé travaillant dans l’équipement immobilier, c’est que dès que les gens sentent un bon créneau, ils s’y jettent tous. Créant l’embouteillage ».  Surtout qu’il faut peu de choses pour s’établir dans ce secteur : un capital de départ, un magasin ou une boutique en location, un petit personnel, une dénomination pour l’entreprise – le plus souvent quelques initiales – et bien évidemment un registre de commerce et des fournisseurs en Europe…


Regards croisés sur la bourse des étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin

Pour surmonter les difficultés liées à leur formation, les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) perçoivent divers types d’allocations financières variant entre 29.000  et 33.000 francs Cfa mensuellement (entre 48 et 60 euros environ)

Dans les années 86, pendant que j’effectuais mes études supérieures à l’Université nationale du Bénin (Unb) d’alors, le montant de la bourse était de 22.500 francs(environ 40 euros) par mois en faculté et 30.000 francs (environ 49 euros) dans les écoles Selon Pierre Adéchi, chef du service des bourses et secours universitaires, « la bourse est un accompagnement pour permettre aux étudiants de faire face àet instituts de formations professionnelles. A l’époque, les élèves professeurs étaient considérés comme des privilégiés parce qu’ils percevaient au second cycle, une bourse mensuelle .de 39.000 francs (environ 65 euros). Vingt cinq ans après, la situation n’a pas pour autant changé, en dépit d’une légère augmentation des allocations. Et pour cause.

Autrefois, jusqu’à une époque donnée, la bourse se payait aux étudiants mensuellement. Tel n’est pas le cas aujourd’hui où cette allocation financière est en passe de devenir une économie forcée pour l’étudiant, mieux, une tontine. A cause des arriérés dus au retard qui avoisine parfois quatre, cinq mois. Pour le chef du service, des bourses et secours universitaires, « l’idéal aurait été de payer la bourse mensuellement. Mais au regard du circuit des dossiers, des formalités à effectuer, cela ne saurait être possible. D’où l’objectif de départ n’est pas atteint. » A l’en croire la chaîne que constitue la direction des bourses, les universités, la Commission nationale des bourses, le Centre des œuvres universitaires et sociales (Cous) ne fonctionne pas de façon harmonieuse. Ce qui engendre des retards. « Tout commence par les résultats académiques. Une fois que les résultats sont donnés à temps, on se met au travail parce que les critères d’attribution des bourses sont des critères de moyenne et d’âge », confie-t-il.

Comment les étudiants gèrent-t-il leurs allocations ?

« Moi j’ai pris ma bourse pour m’acheter une moto puisque je dois quitter  Akpakpa pour le campus tous les jours. Parfois même je rate les bus », confie Didier, étudiant en géographie. Dans la plupart des cas, la gestion des allocations permet aux étudiants de faire face aux difficultés quotidiennes de leur formation.  Pour Juste Fadonougbo « j’ai eu le secours en première année mais je ne sais comment je l’ai géré. Avec le recul, je pense que tout est allé dans la documentation. En deuxième année, j’ai  tout fait pour avoir la bourse, ce qui m’a permis d’acheter un ordinateur portatif pour mes travaux de recherches ». Certains étudiants gèrent autrement leurs allocations. C’est le cas de Francis qui a pris sa bourse pour payer son loyer. « J’ai ouvert un compte sur lequel j’ai versé ma bourse. Ce qui m’a permis de louer une chambre aux environ du campus. J’ai payé un an de loyer au propriétaire pour ne pas avoir de problème par la suite. Je pense procéder ainsi jusqu’à  la fin de mes études. J’espère que je trouverai un job par la suite ». Henri Houénou quant à lui estime que la bourse est nécessaire pour l’étudiant surtout ceux qui sont loin de leurs parents. Néanmoins celui-ci n’a pas eu l’occasion d’en avoir puisque son âge avancé ne le lui permettait pas.  « J’ai eu mon baccalauréat à vingt sept ans, ce qui ne m’a pas permis de bénéficier d’une bourse,  bien que je réunisse chaque fois plus de douze de moyenne », déplore-t-il. En ajoutant néanmoins que sa seule chance consiste à bénéficier de temps à autre de l’aide précieuse de ses parents. « Heureusement pour moi, j’ai mes parents qui m’apportent leur soutien ». Sur le campus, il n’est pas rare de rencontrer des étudiants qui se sont servis de leurs allocations à d’autres fins. Comme par exemple payer la dot de leur épouse, se marier….

D’après le Dr Afanuh, « les étudiants prennent leurs bourses pour aller payer la dot à leur femme ». Jean-Marc témoin de deux cas affirme « je connais deux amis qui ont économisé deux années de leur bourse pour payer la dot à leur femme puisqu’ils ont peur de la perdre à la fin de leurs études par manque de moyens ». C’est des cas fréquents à l’université, soutien Raoul. « Pour certains, ce sont les seuls revenus dont ils disposent, alors qu’ils doivent se marier. Ils sont obligés de le faire bien que la bourse ne suffise pas dans la plupart des cas selon la liste de la dot dans certaines familles ».

Système de bancarisation des allocations

Les choses se normalisent et il y a un peu d’accalmie, dira Pierre Adéchi. La preuve, « c’est que depuis plus de trois ans, la première liste des bénéficiaires sort courant janvier ». Et la bancarisation, ajoute-t-il, permet à l’étudiant de ne plus faire la queue avant de percevoir ses allocations. Il suffit d’avoir sa carte bancaire et il passe au guichet électronique pour tirer l’argent de son compte ». Ce système ne permet pas à l’étudiant de recevoir intégralement sa bourse en une seule tranche, compte tenu du retard accusé par l’affichage des listes. « Du moment où la liste n’est pas venue à temps, il faut faire le rappel des arriérés ; ce qui fait qu’on paie trois mois, quatre et parfois les douze mois », ajoute le chef du service des bourses et secours universitaires. A charge au récipiendaire d’en faire bon usage.

 

 


Lettre ouverte du journaliste Maurice Chabi à son frère Boni Yayi

Maurice Chabi, journaliste émérite et témoin de l’avènement du pluralisme médiatique au Bénin, a récemment envoyé une lettre ouverte au président de la République du Bénin, pour attirer son attention sur des entraves à liberté d’expression et d’opinion, dont voici la teneur…

Lettre ouverte,

A mon frère Yayi Boni,

Tu permets que je continue de t’appeler  » mon frère  » ; même si, entre toi et moi, il y a désormais un grand fossé que les liens fraternels, aussi forts soient-ils ne sauraient combler. Et puis, au-delà de nos divergences profondes connues, je me dois de toujours te considérer comme un frère, ainsi qu’il est convenu d’appeler trivialement tous ceux et celles qui ont en commun le partage de la langue nagot et la culture Tchabè dont nous sommes tous les deux issus.

Je me dois d’insister sur ces détails d’apparence anodine, pour souligner la nature singulière de ma démarche qui s’adresse, non pas au chef de l’état que tu es et que je respecte, mais à l’homme, au natif de tchabè que tu es et que tu resteras. C’est me semble-t-il, le seul moyen de me mettre à l’abri de la foudre présidentielle que tu es toujours prompt à activer pour abattre tous ceux et celles qui, à ton endroit, osent une phrase critique ou simplement un mot contrariant.

Pour en venir à l’objet de ma lettre, je viens d’apprendre avec amertume, je dois l’avouer, la grâce présidentielle dont tu viens de gratifier Lionel Agbo, et par ricochet, ma consœur, Berthe Cakpossa de la chaîne de télévision Canal 3. En d’autres temps, j’aurais applaudi cet acte de générosité toute présidentielle, si j’y avais relevé ne serait-ce qu’une once d’intégrité intellectuelle. Hélas, Hélas ! Ce geste ridicule et ubuesque vient noircir le tableau d’une démarche judiciaire aussi revancharde qu’indécente, digne d’une république bananière.

En effet, ta grâce présidentielle vient absoudre un délit qui n’en est pas un ; du moins dans un Etat de droit, et je m’explique. Ton ancien conseiller technique, en l’occurrence Maître Lionel Agbo tient une conférence de presse et accuse ton entourage et proches collaborateurs de corruption. Face à de telles accusations au demeurant graves, la réaction d’un homme d’Etat serait, à mon humble avis, d’inviter l’intéressé à apporter la preuve de ses allégations pour permettre à l’autorité que tu incarnes de sévir. Dans le cas contraire, le faux accusateur en aurait eu pour son grade, et sa crédibilité mise à rude épreuve. Les Béninois sont, me semble-t-il, assez mûrs pour se forger une opinion et, le cas échéant dire s’il y a diffamation ou pas.

En portant plainte contre Maître Lionel Agbo, tu t’inscris ipso facto en faux contre ses allégations, alors même que, quelques mois plus tôt, dans ton interview du 1er Août 2012, tu reconnaissais implicitement que toutes les institutions de l’Etat étaient gangrénées par la corruption perpétrée par des hommes d’affaires peu scrupuleux.

Et comme le ridicule ne tue pas, tu as assorti ta généreuse grâce présidentielle du retrait de ta plainte. Ce retrait de plainte pour être cohérent aurait dû intervenir avant le procès. Je suis déçu et même chagriné que l’on t’ait laissé commettre cette bourde juridique monumentale et impardonnable, compte tenu de la qualité des juristes qui t’entourent et dont on peut désormais douter de la compétence.

En définitive, ton geste au demeurant salutaire pour les suppliciés, apparait comme de la poudre aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale. Et je ne peux pas m’empêcher de penser à la manœuvre sordide du pyromane qui, après avoir mis le feu à la maison, prend un malin plaisir à jouer les pompiers. Les Béninois n’ont pas oublié l’épisode du dossier de l’empoisonnement du chef de l’Etat béninois qui n’a pas fini de défrayer la chronique. Il a été fait état récemment des démarches entreprises par des hommes de l’ombre auprès des présumés coupables pour, de leurs prisons, les contraindre à signer des lettres d’audience et solliciter ton pardon.

Et ce sans l’autorisation des autorités judiciaires compétentes. Je ne serais pas étonné que, faute de preuves formelles, cette affaire d’empoisonnement tourne court pour voir demain les présumés coupables jugés, condamnés puis graciés, selon la bonne vieille méthode du bâton et de la carotte. Je me trompe ?

Très fraternellement,

Maurice CHABI

 

 

 


CAN 2013 : l’arbitrage n’a pas été à la hauteur de l’événement

carton rouge
carton rouge à l’arbitrage

L’arbitrage d’un évènement aussi important que la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2013, n’a pas su combler toutes les attentes du public. Et à étaler à la face du monde, des incohérences contre productives attestant d’une baisse de forme générale, d’un malaise évident, au sein du football africain. Et pour cause. 

Au cours de la grande messe du football africain en Afrique du Sud, les dispositions les mieux connues du grand public ont été différemment interprétées par les arbitres. Ce qui a profondément déteint sur la qualité du spectacle. Sur le hors-jeu par exemple, beaucoup d’arbitres sont passés à côté de la plaque. En sifflant des fautes imaginaires qui n’étaient pas du tout évidentes au départ des actions. Au cours des rencontres, trop de hors-jeux, ont été sifflés pour enrayer des actions offensives des équipes qui ont pris part à la Can 2013.

Autre couac d’importance, certains arbitres ont simplement décidé de fermer les yeux sur certains cas de penalty sans équivoque. Empêchant des équipes de jouir de leurs droits en toute légitimité. Idem pour des cas d’anti-jeux notoires, de contacts physiques rugueux et méchants qui en principe devraient être sanctionnés.

Autre irrégularité, la prise de balle des gardiens en dehors de leur zone. Une règle qui a été interprétée à la tête du client par l’arbitrage. En effet, pendant que le gardien des buts ghanéen écopait du carton jaune, la même faute a valu à son homologue burkinabè un carton rouge.

Un arbitre approximatif

Une hirondelle ne fait pas le printemps dit-on souvent, certes. Mais il n’empêche que le renvoi d’un arbitrage pour incompétence par la Caf, en l’occurrence l’arbitre égyptien Jehad Gerisha qui a sifflé un penalty controversé lors de la rencontre Nigeria -Zambie (1-1), disputée au stade Mbombela à Nelspruit, pour le compte de la deuxième journée de la CAN- 2013 en Afrique du Sud, apporte suffisamment de l’eau au moulin de ceux qui font des reproches à l’arbitrage.

En effet, Gerisha avait accordé un penalty à la Zambie dans les dernières minutes de la rencontre alors que la faute sur le joueur zambien a été commise à l’extérieur des 18 mètres, permettant ainsi aux champions d’Afrique d’égaliser (1-1).

La Fédération nigériane de football (Nff) avait envoyé une lettre de protestation officielle à la Caf pour dénoncer l’arbitrage de l’Egyptien. Un officiel de l’instance africaine a confirmé dans la presse sud-africaine l’exclusion de l’arbitre égyptien de la Can-2013. La suite, on la connaît.

N’ayons pas peur des mots, l’arbitrage africain est mal en point et la Confédération africaine de football (Caf) gagnerait à appliquer le remède qui s’impose dans une situation pareille. En procédant une remise à niveau des arbitres africains pour les rendre beaucoup plus aguerris, vigilants, opérationnels et professionnels. Il y va de la crédibilité de la Caf et du football africain.


Une importante quantité de drogue saisie au port de Cotonou

Les forces de sécurité publique ont récemment réalisé un exploit. En procédant à la saisie de près de 128 kilos de drogue au port de Cotonou. Explication.

La brigade spéciale du port de Cotonou, la douane-port et l’Office centrale de répression du trafic illicite de drogue et des précurseurs (Ocertid), trois forces de sécurité publique formant l’unité mixte de contrôle des conteneurs (Umcc) au port de Cotonou, ont du conjuguer leurs efforts pour venir à bout des trafiquants. En interceptant au Port autonome de Cotonou (Pac) au Bénin, près de 128 kilogrammes d’héroïne en provenance du Pakistan.

Pour la petite histoire, les trafiquants ont pris la peine de dissimuler cette importante quantité de drogue dans 586 cartons hermétiquement fermés et soigneusement et soigneusement stockés dans un conteneur depuis le 26 novembre 2012. Ainsi, la marchandise a pu traverser le Maroc avant d’échouer au port de Cotonou où le pot aux roses fut découvert grâce à la vigilance et à la perspicacité des forces de sécurité en service dans le domaine portuaire.

De sources dignes de foi, cet exploit a été rendu possible, grâce au professionnalisme des forces de sécurité publiques qui ont procédé avec beaucoup de patience, de tact et de doigté au cours des diverses opérations devant conduire à ce résultat satisfaisant, une fois les informations en leur possession. L’état de veille permanente des forces de sécurité ajouté au recours à des méthodes modernes et novatrices telle l’utilisation des chiens renifleurs, ont fini par dissuader les dealers et autres trafiquants qui par le passé, avaient pignon sur rue et jeté leur dévolu sur la destination Bénin pour en faire le passage obligé de leur sordide trafic. A cause de la vétusté et de l’inadéquation du mécanisme en place dans le temps. Mais comme le dit si bien l’adage, autre temps, autres mœurs.  Les trafiquants n’ont qu’à bien se tenir. Et ce n’est pas Dotou K. Barnabé qui nous démentirait. Loin s’en faut!

Cas non conforme

La semaine passée, suite à une intervention chirurgicale pratiquée sur un patient qui avait été transporté par les sapeurs pompiers à sa descente d’avion au Centre national hospitalier et universitaire (Cnhu) de Cotonou, il a été découvert et extrait de son appareil digestif, des boulettes de drogue..Aussitôt alerté, l’Ocertid s’est rendu sur les lieux et a pu constater et récupérer des mains du professeur Abdoulaye Idrissou, le directeur du Cnhu, 69 gélules de drogue pesant 1,170 kilogrammes. Cette drogue a été mise sous scellée sur place après prélèvement aux fins d’analyse. Sur la base des renseignements contenus dans le passeport du suspect, il s’agit d’un citoyen béninois, nommé K. Dotou Barnabé, âgé de 56 ans et demeurant à Housa-Assiogbossa dans la commune d’Adjarra. L’intéressé revenait de Dar er Salam en Tanzanie via Nairobi à bord d’un vol de la Kenya Airways. Le procureur de la République est saisi du dossier et l’enquête suit son cours.


Des soldats béninois au Mali

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) s’active à procéder au déploiement de son contingent sur le terrain, pendant que l’armée française mène une offensive aérienne en règle contre les islamistes depuis les airs.

Des officiers supérieurs béninois
Le haut commandant militaire béninois sortant

L’opération militaire française commencée avant même la mise en place du contingent de la Cedeao a fait mouche. Et des voix s’accordent ici et ailleurs pour saluer cette initiative heureuse de François Hollande qui est sortie de sa réserve habituelle pour aller faire « le coup de feu » au Mali, comme au bon vieux temps de la Françafrique. Pendant que les Africains continuent par tergiverser sous l’arbre à palabres.

Le Bénin va envoyer quelque 300 soldats au Mali dans le cadre de la force africaine chargée d’aider Bamako à déloger les islamistes armés qui occupent le nord du pays depuis neuf mois, selon le chef d’état-major de l’armée béninoise, le contre-amiral Denis Houssou Gbessemehlan. «Environ 300 soldats béninois seront engagés aux côtés du bataillon du Togo, l’un des quatre bataillons retenus pour le déploiement au Mali », a déclaré le contre-amiral à l’issue d’un entretien avec le président béninois Boni Yayi, président de l’Union africaine (UA).

Quant au secrétaire d’État nigérian à la Défense, Olusola Obada, il a laissé entendre que son pays compte envoyer au front 600 militaires, soit 18, 18% de l’effectif.

Ce qui aux yeux des observateurs représente une portion congrue des 3300 militaires que la Cedeao compte déployer au Nord Mali pour combattre les combattants rebelles.

Le Nigeria n’enverra que 600 hommes, ce qui amène certains à s’interroger sur le poids de l’engagement des autres pays de la communauté dont la taille des armées peine à atteindre les 10.000 hommes. Entendu que,  sur un effectif de plus de 70.000 hommes le géant voisin de l’est n’enverra que six cent hommes au front, hélas ! Même si Abuja met également dans la balance un soutien logistique, dans certaines capitales, des langues se délient pour dénoncer ce manque d’enthousiasme. Qui ne saurait être expliquée par la seule menace Boko haram. Et pour cause.


Des lendemains de fête difficiles

Ils sont nombreux à ne pas reprendre le travail le 2 janvier dernier, bien que la journée ne soit chômée et payée comme à l’accoutumée, en de pareilles circonstances…

ambiance festive le jour du mariage
ambiance festive la veille et le jour du nouvel an

En dépit de la morosité économique ambiante, les Béninois ont fêté le nouvel an. Comme cela se doit. Une fois encore, le génie béninois a joué. Et le jeu de la solidarité nationale a prévalu également. En permettant aux plus nantis de voler au secours des populations démunies à travers des dons de vivres, de boissons, voire dans certains cas, des espèces sonnantes et trébuchantes pour que la fête ait lieu pour tout le monde. La suite on la connaît.

Les petits plats ont été mis dans les grands. L’alcool a coulé à flot partout dans la ville, dans les bars et autres débits de boissons. Des ripailles se sont déroulées en familles, entre amis et entre collègues. Tout comme si on voulait conjurer le mauvais sort, la mauvaise année que représentait 2012. Résultat : au lendemain de la célébration du nouvel an, beaucoup n’étaient pas encore remis des excès de la veille. D’où ce clair sombre observé au niveau de l’administration publique où certains travailleurs se sont carrément inscrits aux abonnés absents. Préférant prendre quelques jours de repos, histoire de reprendre des forces avant la reprise en début de semaine. Les plus malins sont allés jusqu’à solliciter des autorisations d’absence, des repos sanitaires à toutes fins utiles. Compromettant dangereusement les ambitions du président Boni Yayi qui a placé cette année nouvelle, sous le signe des sacrifices pour doubler le taux de croissance du pays en l’amenant au seuil honorable de 6% qui représente la moyenne dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Ce qui n’est pas gagné d’avance. Loin s’en faut !

 


Boni Yayi décidé à réviser la Constitution

vue partielle de l'assemblée nationale du Bénin
L’Assemblée nationale du Bénin, siège du parlement

Le président Boni Yayi du Bénin tient à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Et en a fait l’un des défis majeurs à relever en 2013. Envers et contre ses détracteurs qui voient dans cette ambition du numéro un béninois, des velléités pour briguer un troisième mandat, en jouant aux prolongations…

Boni Yayi, a récemment renouvelé son engagement de ne pas briguer un troisième mandat et de s’en tenir aux fondamentaux de la constitution béninoise que sont l’état de droit ; la démocratie libérale ; la forme républicaine de l’Etat ; le multipartisme intégral ; la nature présidentielle du régime ; la limitation du mandat du président de la République ; la limitation de l’âge des candidats à l’élection du Président de la République ; la laïcité de l’Etat, devant les institutions de la république et les corps constitués de l’Etat. Pour rassurer sur ses intentions, afin d’amorcer les réformes politiques et institutionnelles nécessaires pour sortir de la morosité économique et renouer avec une croissance économique raisonnable de l’ordre de 6%. Histoire de «renforcer la démocratie et asseoir un Etat de droit sur des bases saines et solides pour un développement économique plus soutenu ».

Mais l’opposition ne voit pas les choses de la même manière, persuadée que le « spécialiste du KO » prépare un autre coup. Et pourtant, la main sur le cœur, le pouvoir jure que, « ces réformes porteront uniquement sur la révision de la Constitution en vue d’introduire les modifications indispensables à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit à travers notamment la création et la constitutionnalisation de la Cour des comptes, l’imprescriptibilité des crimes économiques, la constitutionnalisation de la Cena pour améliorer la gouvernance électorale ; le projet de loi portant découpage territorial en vue du rapprochement de l’Administration des administrés, de la déconcentration des services de l’Etat et surtout de la création des espaces de développement à la base ; le projet de loi portant actualisation de la Lepi ; le projet de loi portant code électoral en cours d’examen à l’Assemblée nationale en vue de créer les conditions de transparence, d’équité et de crédibilité à nos consultations électorales ; du projet de  loi portant Charte des partis politiques et du système partisan en cours d’actualisation pour mettre fin à l’émiettement  des formations politiques et à la transhumance politique ; du projet de loi portant statut de l’opposition en vue de l’instauration d’un climat de dialogue politique dans le cadre d’une démocratie apaisée ; du projet de loi portant parité dans les fonctions électives et nominatives en vue de la participation des femmes au débat politique et à la gestion des affaires de l’Etat.

Les jours à venir, nous édifieront assez sur la suite à donner à ce vaste programme. Dans tous les cas, avec une majorité plus que confortable à l’Assemblée nationale, le pouvoir n’a pas de gros soucis à se faire de ce côté-là. Surtout que dernièrement, en dépit de quelques controverses, le budget de l’Etat exercice 2013 a été voté à 71 voix pour, 10 voix contre et une abstention.

Babylas25

 


Terminons l’année en beauté en jouant au scrabble

Plutôt que de s’adonner à une beuverie en règle en cette fin d’année, le club de scrabble ‘’les intrépides’’ de Cotonou innove et propose une compétition riche en couleurs aux amateurs de ce jeu de société pour finir l’année en beauté. En faisant tourner un peu les méninges…

des joueurs de scrabble en action
des joueurs de scrabble en action

Pour le Lieutenant colonel Roland R. Kouton, président du club de scrabble ‘’Les intrépides’’ de Cotonou, depuis la création du club dans les années 2000, chaque fin d’année, les joueurs se retrouvent entre eux pour faire une petite fête à la faveur d’une compétition pour situer les joueurs sur leur niveau. Aux fins d’encourager, récompenser les meilleurs, tout en faisant la promotion d’un jeu de société trop élitiste. Et ce, en droite ligne d’une tradition vieille de plus d’une décennie qui s’est confirmée une fois encore samedi dernier. Pour la circonstance, les petits plats ont été mis dans les grands pour faire de l’édition 2012 de la compétition de scrabble, un moment de retrouvailles dans une ambiance conviviale et festive, sur fonds propres aux dires du Lieutenant colonel Kouton, un passionné du scrabble.

Sur les seize participants en lice, trois réussiront à tirer leurs épingles du jeu au terme des différentes parties qui se sont déroulées de 16 à 20 heures. Emile Dias Agbanglassi va ainsi confirmer sa suprématie en briguant la première place. Il est suivi par Olindé Fandohan qui s’est classé deuxième. Quant à la troisième place, elle reviendra à Dada Schadrac. Les lauréats recevront des prix constitués d’enveloppes financières symboliques. Un repas de partage fort arrosé, réunissant scrabbleurs et sympathisants met un terme aux manifestations aux alentours de 23 heures locales.

En vérité, le  scrabble est toujours à la recherche de ses marques dans notre pays. En dépit d’une présence qui remonte à plusieurs décennies. Des clubs se créent ça et là sans pour autant réussir à drainer la grande masse qui trouve à tort ou raison ce jeu de société trop intellectuel, trop cérébral pour elle, donc forcément réservé à une élite. Et pour cause !

 

 

 


Le Noël de la morosité

Au Bénin, la fête de Noël s’est déroulée dans une ambiance morose, conjoncture économique difficile oblige.

La ville n'a pas connu son animation des grands jours
La ville n’a pas connu son animation des grands jours

Au Bénin, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête. Et les prétextes ne manquent pas pour se la couler douce et trinquer entre amis ou en famille, en souvenir du vaudou, de Mahomet, de Jésus, des mânes de nos ancêtres et tutti quanti. Sans trop se soucier du lendemain, souvent décrété « journée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national »
Au regard des quelques rares noctambules rencontrés aux environ de 23 heures, devant des buvettes et bars qui habituellement faisaient régulièrement le plein, on est en droit de s’interroger sur ce qui se passe. Même les caletas étaient rares dans les ruelles des quartiers de la ville, alors que les années antérieures, ils créaient une ambiance festive par leurs chants et danses, des jours, avant la Noël.

« Rien ne se passe mon frère », m’explique mon voisin de table, volubile. Avant de poursuivre : « L’argent ne circule plus dans le pays comme avant, à cause de l’affaire Icc services, de la crise économique, de la guerre du Kpayo ». Aussi, les Béninois ne peuvent plus faire la fête comme par le passé, obligés de se serrer la ceinture. Dorénavant, on se contenta de gérer avec parcimonie les maigres ressources dont on dispose.

Changement de décor : dans ce bar populeux situé dans un quartier chaud de Cotonou, la main sur le cœur, un client se plaint :

« De trois à quatre grandes bouteilles de bière (66 centilitres) voirz plus, par tête qu’on pouvait boire entre amis au bon vieux temps, on est réduit aujourd’hui à une ou deux bouteilles de bière conjoncture (petite bouteille de 33 centilitres). Pour certains, l’unité de mesure est un ».

A cause de la crise, les habitudes des consommateurs changent : « Un ami vous invite dans un bar, vous prenez une et une seule bouteille petite bouteille et vous foutez le camp « … Mais jusqu’à quand ?
Approchés, des tenanciers de bars ont reconnu traverser une période difficile en ce moment. « C’est à croire que l’argent ne circule plus dans le pays ! » se plaignent-ils avec dépit, tout en espérant faire de bonnes affaires dans quelques jours, le 31 décembre, histoire d’arrondir les angles.