Serge Babylas de Souza

Lutte contre la sorcellerie et délivrance spirituelle

Parfaite de Gbannamè draine à nouveau du monde. Dans son combat contre le diable sous toutes ses formes pour délivrer les hommes des puissances occultes. Dans le cadre de l’exécution de la mission principale que la jeune femme s’est assignée depuis sa révélation au public.

De plus en plus, la jeune femme originaire de Gbannamè, un petit village de la commune de Covè, dans le centre Bénin installe son hégémonie. Pour s’en convaincre, il suffit de participer à une de ses conventions. Où, le public est drainé massivement et des « miracles » sont réalisés à tour de bras. Hier c’était le petit village de Gbannanmè, jusque-là inconnu, mais dont la réputation dépasse aujourd’hui les frontières nationales…Demain ce sera peut-être le palais des congrès et pourquoi pas, la présidence de la République. Pour la petite histoire, à Cotonou, en son temps, c’est le palais des sports du stade de l’amitié de Cotonou qui a servi de cadre aux démonstrations de force de la nouvelle prêtresse. Pour la circonstance, le state et ses abords immédiats étaient noir de monde. Ils sont venus de tous les coins du Bénin pour voir Parfaite qui avait rendez-vous avec sa mission. Hommes femmes, jeunes et adultes sans distinction de religion et de croyance ont fait la queue pour cette noble cause divine. Plusieurs témoignages ont été donnés pour montrer ce que vaut celle dont la vie dépend désormais de l’esprit-saint. Il faut dire que la jeune fille en qui l’esprit prend place pour agir a déjà fait beaucoup de miracles, à en croire ses inconditionnels. Elle a délivré plusieurs personnes adeptes de la sorcellerie et désenvouté nombre de compatriotes aux prises avec les démons racontent-on dans certains salons feutrés de Cotonou et ses environs, sur le ton de la confidence. Pour nombre de convertis à cette nouvelle cause, «c’est ce combat contre le diable et les forces du mal, qui va délivrer notre pays le Bénin et pourquoi pas, le monde entier ». Ainsi, la jeune Parfaite ne cesse de faire  parler d’elle malgré les polémiques et les démêlées avec l’église catholique qui refuse de croire en cette nouvelle messagère des temps modernes. Ne dit-on pas souvent que nul n’est prophète chez soi…Et surtout par peur de donner dans du prosélytisme. A un moment où l’église catholique doit soigner son image écornée par de nombreux scandales ici et ailleurs.


Le dernier client

Beaucoup d’habitués de bars et buvettes ont peur de devenir le dernier client d’une serveuse. Pour la simple raison que cela comporte aussi  bien des avantages que des inconvénients au Bénin

On ne devient pas dernier client d’une serveuse de bar du jour au lendemain. C’est une position qu’il faut gagner de haute lutte en passant par des étapes qui prouvent votre générosité, votre disponibilité et de sa patience.

Le dernier client à l’obligation de fréquenter avec assiduité le bar ou la buvette où travaille sa dulcinée. Histoire d’assumer pleinement son rôle tout en veillant au grain. En tant que dernier client, il doit être sur les lieux à quelques heures de la fermeture, pour pouvoir raccompagner sa chérie en lieu sûr à la fermeture. Au nez et à la barbe d’autres soupirants moins chanceux, pardon moins nantis…Car, en tant qu’amoureux attitré du moment, il a la priorité sur les autres, pour avoir fait ses preuves par le passé. A en croire un inconditionnel des bars et buvettes de Cotonou, au nombre des conditions à remplir on peut retenir le paiement du loyer, l’achat d’un téléphone portable, dotation régulière en crédits prépayés pour le portable, prise en charge des frais de la coiffeuse et de la tresseuse, achat d’effets vestimentaires… ,. Bref, il faut disposer d’une bonne surface financière, pour assurer. Et savoir disparaître en période de difficultés pour réapparaître quand la croissance est de retour, comme on le dit ici. Afin de permettre à quelques rivaux en stand by de jouer également dans la cour des grands, en votre absence.  Le dernier client doit disposer également d’un moyen de déplacement pour éviter des dépenses en taxi-moto ou zémidjan à sa belle. En plus de moyens financiers suffisants pour pourvoir à de petits besoins et à des caprices, en bon seigneur….Les mauvaises langues racontent que certains de ces hommes galants vont même jusqu’à louer des studios voire des appartements à ces belles dames. Pour pouvoir en retour, assouvir leur libido…


Le coup du téléphone portable

Par ces temps de morosité économique, les serveuses des bars et buvettes de la place rivalisent d’ardeur pour trouver des astuces pour arrondir leur fin du mois difficiles, au détriment des clients en quête d’aventures…

Jacques est un habitué des bars et autres buvettes de la ville de Cotonou. Sa zone de prédilection, c’est l’esplanade du stade de l’Amitié. Et il en connait un sur la dernière trouvaille des serveuses, le fameux coup du téléphone portable pour faire cracher  les clients radins qui cherchent à bénéficier des faveurs de ces barmaids à peu de frais.

A en croire notre habitué, le coup du téléphone portable est un stratagème qui a déjà fait un nombre incalculable de victimes dans les bars et buvettes des trois villes à statut particulier du Bénin que sont Cotonou, Porto-Novo et Parakou.

Quand on client commence par s’intéresser à une serveuse d’un bar qu’il fréquente, il  lui laisse des pourboires de plus en plus importants, lui offre à boire de temps à autre et  finit par prendre son numéro de téléphone portable dans la perspective de se rencontrer en dehors de son lieu de travail, un jour de repos où elle est libre..

Mais avant que cette aventure ne se concrétise, la serveuse désireuse de tester la générosité de ce nouvel amoureux, lui joue le coup du téléphone portable, pour voir les limites de sa générosité.

En quoi consiste ce coup. ? Juste après avoir communiqué son ou ses contacts téléphoniques, et après avoir échangé des appels pendant quelques jours, elle en vient à couper son portable un soir durant toute la soirée. Le lendemain, elle se rend au boulot en gardant toujours son portable coupé. Dans la plupart des cas, l’amoureux débarque pour se plaindre du fait de n’arriver pas à la joindre de puis quelque temps, et elle lui rétorque que son portable a été volé.

Si le gars est généreux, il remplace automatiquement le téléphone par un autre selon ses moyens : bas, moyen ou haut de gamme. Mais s’il est pingre, il détale et va chercher fortune ailleurs. Et, dès qu’il revient à la charge pour parler de rendez-vous, il lui est rétorqué que cela ne sera pas possible tant qu’elle n’aura pas de téléphone pour le joindre et convenir d’un lieu de rendez-vous en cas de disponibilité.

Mais s’il est généreux on commence par lui accorder quelques faveurs, en attendant de lui faire passer le test lui permettant d’accéder à la catégorie redoutée mais privilégiée de dernier client.

 


Au cabaret

un cabaret de tchoucoutou dans le nord Bénin
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un cabaret de tchoucoutou dans le nord Bénin

Dans le nord Bénin, le tchoucoutou, bière locale à base de mil, est commercialisée dans des cabarets où les vendeuses rivalisent de convivialité et d’ingéniosité pour attirer les amateurs de ce breuvage fermenté très apprécié des consommateurs.

Les cabarets sont des constructions sommaires en banco ou en terre de barre de forme  circulaire,  coiffées d’une toiture en paille, dont l’architecture rappelle celle des tatas somba.  La consommation du tchoucoutou obéit à tout un rituel. Le client qui entre dans un cabaret, après les salutations d’usage, s’installe et demande à goûter à la boisson, d’abord. Avant d’en acheter. Car, ce n’est qu’après cette sacro sainte séance de dégustation qu’il pourra décider de prolonger son séjour pour étancher sa soif, ou poursuivre son chemin ailleurs à la recherche d’une boisson meilleure. A telle enseigne qu’il ne viendrait à l’idée de personne de vous en vouloir pour avoir déguster du tchoucoutou sans en acheter. Si bien que, même sans argent, certains consommateurs peuvent se permettre déambuler d’un cabaret à l’autre pour étancher leur soif. Ici comme ailleurs, le client est roi. Et à droit à bien des égards, à ce titre. Ce qui évidemment, laisse la porte ouverte à quelques dérapages, sans grande méchancetté.

Ainsi, il n’est pas rare de voir des clients esseulés débarquer dans les cabarets, goûter la boisson sans en acheter. Nourrissant l’espoir de l’arrivée d’une âme charitable qui leur offrira à boire. Au nom de la sacro-sainte solidarité des amateurs de tchoucoutou. Si après une longue attente, il ne trouve aucun bienfaiteur, il quitte ce cabaret pour aller chercher fortune ailleurs, où, après la séance de dégustation, il commence par ronger son frein, dans l’attente de l’hypothétique tournée générale offerte par solidarité par des clients généreux de temps à autre dans les cabarets, pour créer l’ambiance.

Il suffit de se rendre dans deux ou trois cabarets dans un village, pour s’informer sur l’actualité locale. Car après quelques calebasses de tchoucoutou, les contacts se créent facilement, les langues se délient, et beaucoup d’informations circulent en vrac. A charge pour le consommateur averti de faire son tri et procéder aux recoupements nécessaires pour avoir le pouls du village.

Haut lieu de rencontre, des idylles se nouent et se dénouent également dans les cabarets, qui connaissent la grande affluence les jours de marché.


Le palmier à huile, une plante pas comme les autres

régime de noix de palme
un régime de noix de palme

Au Sud-Bénin la dualité du système agricole fait que se développe, à côté des programmes modernes, une économie traditionnelle ancienne autour d’un arbre : le palmier à huile. Aux dires du géographe Barnabé Hounkanrin, « le palmier à huile est très intégré à l’économie traditionnelle, pour ses usages multiples ».

A preuve, le tronc est utilisé comme bois de chauffe et parfois comme matériau de construction. Les feuilles du palmier servent dans la fabrication des toitures des maisons traditionnelles et l’érection des clôtures. La nervure du palmier à huile sert aussi dans la confection des nasses, des nattes, des balais et des bases de pagaies. On peut citer aussi les corbeilles, les vans, les éventails et les cages aux oiseaux qui sont fabriqués avec les dérivés du palmier à huile. Le chou palmiste est consommé comme légume. La coque de la noix de palme est utilisée comme combustible par les forgerons et les ménagères pour le chauffage. Elle sert aussi pour le remblayage des routes. L’amande est consommée et le tourteau sert d’aliment pour le bétail domestique. L’inflorescence mâle est brûlée et les cendres riches en potasse sont utilisées pour faire du savon. Les huiles du palmier à huile servent dans l’alimentation et l’éclairage, dans les soins corporels et interviennent dans la vie coutumière et religieuse. Elles servent aussi comme médicaments : l’huile rouge est bue contre des empoisonnements alimentaires, est passée sur le corps en cas de variole tandis que l’huile de palmiste soulagerait les maux d’oreille. Les autres utilisations possibles des produits du palmier sont aussi variées que ces produits sont nombreux. Ils sont utilisés dans tous les domaines de la vie des populations qui s’en servent tous les jours. Très tôt se sont précisées des techniques de transformation de ses produits : techniques de fabrication de l’huile de palme et des amandes, technique d’extraction du vin de palme et de transformation de ce vin en alcool par distillation. Le palmier à huile est la principale culture agricole qui libère économiquement les femmes, et même les enfants, parce que la répartition des travaux autour de ses dérivés remonte si loin qu’elle est entrée dans les us et coutumes des peuples du Sud-Bénin. alimentation et l’éclairage, dans les soins corporels et interviennent dans la vie coutumière et religieuse. Elles servent aussi comme médicaments : l’huile rouge est bue contre des empoisonnements alimentaires, est passée sur le corps en cas de variole tandis que l’huile de palmiste soulagerait les maux d’oreille. Les autres utilisations possibles des produits du palmier sont aussi variées que ces produits sont nombreux. Ils sont utilisés dans tous les domaines de la vie des populations qui s’en servent tous les jours. Très tôt se sont précisées des techniques de transformation de ses produits : techniques de fabrication de l’huile de palme et des amandes, technique d’extraction du vin de palme et de transformation de ce vin en alcool par distillation. Le palmier à huile est la principale culture agricole qui libère économiquement les femmes, et même les enfants, parce que la répartition des travaux autour de ses dérivés remonte si loin qu’elle est entrée dans les us et coutumes des peuples du Sud-Bénin.

C’est le roi Guézo (1818-1858) qui a introduit au Dahomey le palmier à huile, l’une des principales richesses agricoles des populations du sud-Bénin en général et de celles d’Abomey en particulier. A l’époque, à chaque nouvelle naissance dans une famille, il fallait planter un palmier à huile, sous peine de sanctions…Et c’est en cela que se justifie l’essor prodigieux de la filière, par le passé.


Sale temps pour les cybercriminels

Les cybercriminels communément appelés ‟Guy-men”,  vivent des moments difficiles. Depuis que les autorités en charge de la police ont décidé de les réprimer avec beaucoup plus d’énergie que par le passé. Pour que force reste à la loi, au Bénin.

Plus rien ne va donc pour ces escrocs des temps modernes. Obligés d’adopter un profil bas. Et de ranger au placard, l’arrogance et l’exubérance qui les caractérisaient dans un passé récent. Mis au ban de la société, ils sont obligés de revenir à des comportements beaucoup plus sains,  pour passer inaperçus et se fondre dans la masse, dans une société qui les a longtemps considérés comme des parias.

Finis donc,  le temps où, les ‟Guy-men” avaient pignon sur rue, et n’hésitaient pas à se donner en spectacle dans les cybercafés et autres endroits huppés de Cotonou. A travers des exhibitions contre-natures de signes extérieurs de richesse tels que, vêtements de luxe, bijoux, laps top, téléphones portables haut de gamme, grosses cylindrées, motos, et autres accessoires s’apparentant souvent à des biens mal acquis, sur fond de musique tonitruante.

Aujourd’hui, pour se faire oublier, les cybercriminels rivalisent d’ingéniosités. Certains ont carrément déserté les cybercafés pour naviguer chez eux avec des clés de connexion à distance  achetées auprès des opérateurs GSM de la place. D’autres se regroupent chez des amis ayant souscrit des abonnements ADSL pour se connecter à l’aide du WIFI pour naviguer en toute tranquillité.

Pendant que d’autres continuent à fréquenter les cybercafés, mais en adoptant cette fois-ci des comportements beaucoup plus responsables pour ne pas attirer l’attention sur eux.

Par ailleurs, la conjoncture économique difficile actuelle du fait de la crise,  n’arrange pas les affaires dans un secteur d’activités où, la rareté des ressources, contraint à la prudence. Mieux, les «pigeons se font, de moins en moins plumer, faute de moyens ». Chez nombre de ‟Guy-men” il question de passer la main et d’opérer une reconversion, par ces temps de vaches maigres. Car, Comme le dirait l’autre, plus rien ne va, faites vos jeux…


Un mariage difficile

Voici l’extraordinaire histoire d’Ali, que m’a raconté un ami et qu’à mon tour, je partage avec vous, comme le recommande la tradition africaine, qui veut que les contes, les histoires ne meurent  pas, mais vivent en circulant de bouche à oreille, de génération en génération…

Ali s’était finalement trouvé une copine. Cela faisait bien longtemps que ses parents désespéraient de le voir prendre femme et fonder un foyer, un jour. Et pour cause ! A 40 ans, le bonhomme continuait à entretenir, des relations compliquées avec les femmes et sa timidité lui rendait la vie difficile. Mais, un samedi, au cours d’une fête dans le village voisin, il fit la connaissance de Fatima, une jeune fille de 32 ans. Ce fut le coup de foudre et le soir même, ils couchaient ensemble, et ne se quittèrent plus. C’était l’amour fou. Leur complicité était évidente et en une semaine, des projets de vie commune naissaient déjà. Ali fit la promotion de cette fille auprès de sa famille, et ses parents étaient enfin rassurés sur le sort de leur rejeton. Mais avant tout, il fallait doter leur future bru et organiser le mariage. C’est ainsi que trois mois après leur rencontre, les deux jeunes tourtereaux décidèrent de convoler en justes noces.

« Qui est cette fille qui veut épouser notre frère ? », se demandèrent les frères et sœurs d’Ali. Ils se mirent en quête de renseignements. A trois jours de la grande réunion dont l’ordre du jour était connu de tous et qui devait rassembler toute la famille, le pot aux roses fut découvert : Fatima, la future épouse de leur frère était une fille de joie, une prostituée…

Les parents sont immédiatement informés de la sulfureuse et déshonorante réputation de Fatima et très rapidement toute la grande famille fut informée. Tout le monde était au courant sauf le principal intéressé : Ali ! Personne n’osait lui rapporter les bruits qui circulaient sur sa dulcinée. Les parents n’osaient pas en parler de peur de briser le tout nouveau bonheur de leur fils. Tous les autres évitaient soigneusement le sujet. Personne ne voulant prendre le risque de déclencher un scandale. Est-ce par manque de courage, ou par hypocrisie ? On ne saurait le dire avec certitude ! Surtout que les parents, sensés tenir un langage de vérité à leur enfant alors que ce dernier voulait s’engager dans une relation durable, ont pris l’option de s’inscrire aux abonnés absents, également.

Une chose est certaine, personne n’avait osé affronter Ali jusqu’au fameux jour de la grande réunion où l’organisation des festivités du mariage devraient être débattue.
Ce samedi était une belle journée ensoleillée. Il était 17h et chez ses parents, c’était la grande effervescence. Tout le monde était là. C’était les retrouvailles pour ceux qui ne s’étaient pas vus depuis longtemps. On se saluait chaleureusement. Des éclats de rire par ci des tapes amicales par là. La réunion allait commencer, mais il manquait le grand oncle d’Ali qui devrait présider la séance. Il vint finalement avec un léger retard. Quand il prit la parole, il rappela les valeurs de la famille et souhaita longue vie au couple. A sa suite, deux autres orateurs parlèrent et insistèrent sur les responsabilités des futurs époux. Vint alors le tour du père du futur marié, le père d’Ali.

« Mon fils, cela faisait bien longtemps que nous attendions tous ce moment, mais avant toute chose, j’aimerais que tu sois conscient du chemin que tu veux emprunter. Je n’ai pas eu le courage de te dire certaine choses, mais nous sommes pratiquement à la porte du non-retour et je dois de te dire ce que tout le monde sait mais que personne n’ose te dire. » A ces mots les visages se détendirent, comme soulagés que le secret sorte enfin. Il y eut quelques murmures d’approbation et le père reprit son discours. « Tes frères et sœurs t’aiment beaucoup et c’est cet amour qui les a poussés à chercher à savoir qui était cette fille ? Et bien évidemment, on a découvert qu’elle était de moralité douteuse, qu’elle se prostituait, qu’elle pourrait te déshonorer et détruire ta vie. Je suis désolé de n’avoir pas eu plus tôt ce courage pour te le dire». La mère d’Ali hocha la tête en signe d’approbation du message de son mari. Tout le monde attendait la réaction d’Ali qui depuis le début du discours de son père avait la tête baissée. Il ose enfin la relever. C’était le silence total. Tous les regards étaient braqués sur lui. Il prit la parole :

« Je vous remercie tous pour votre présence. Je remercie tous ceux qui m’ont déjà souhaité un heureux ménage et à toi, grand oncle venu de très loin pour la circonstance, toute ma gratitude. Je remercie aussi mes frères et sœurs qui, grâce à leur soit disant amour ont su quel genre de fille était ma future épouse. » Il s’interrompit un instant et, regardant ses frères et sœurs droit dans les yeux, il balance :

«Que les choses soient claires une fois pour toutes : Cette fille, je l’aime et je vais l’épouser contre vents et marrées » Ses parents et ses frères ouvrirent de grands yeux. Ils n’en croyaient pas leurs oreilles. Ali continue sur la même lancée :

« Mes frères et sœurs dont j’ignorais les dons de détectives ont tout juste oublié que j’aime ce genre de femme !!! Ils ont oublié que je dépense beaucoup pour être avec des prostituées et que pour une fois que je vais en avoir une gratuitement et à plein temps, où est le problème ? Ou alors ils veulent jouer les vertueux. Puisse que vous voulez que le linge sale se lave en famille, finissons-en ! ». En pointant son index sur sa sœur, il dit :

« Toi, Aïcha, je fais partie de la délégation qui est allée supplier ton mari afin qu’il te reprenne sous son toit après t’avoir surprise dans le lit d’un autre homme dans un hôtel. Et c’est toi qui traite ma fiancée de pute ? »
Aïcha, la sœur cadette d’Ali se leva et quitta la salle. Ali continua sa plaidoirie :

« Toi Mohamed, tu as 3 femmes sous prétexte que c’est la religion qui l’autorise. Est-ce que c’est cette même religion qui te permet de courir derrière des petites filles au point de délaisser tes épouses qui ont fini par avoir des amants parmi lesquels tes propres amis ? »

Mohamed, le frère ainé d’Ali se leva et quitta la salle. Ali poursuivit :

« Maman, tu es un modèle de femme que je respecte beaucoup. Pas seulement parce que tu m’as donné la vie, mais parce que tu as toujours été là comme mère nourrissante, assistante et surtout protectrice ! Mais je ne crois pas que mes oncles n’aient jamais enquêté sur toi pour savoir le genre de femme que tu étais avant que mon père ne t’épouse. Et pourtant tu n’étais pas si vertueuse… Je ne me permettrai pas de rappeler ton passé que toi-même tu nous as raconté. Mais ne crois-tu pas que Fatima ma future épouse, aussi volage soit-elle, puisse changer comme toi maman ? Ou alors crois-tu qu’une femme puisse se prostituer par plaisir? »

La maman se leva et sortit aussi de la salle.

Ali voulu continuer son argumentaire en apostrophant son père, mais le grand oncle l’interrompit :

« Ecoute fiston, A cette allure tu risques de vider la salle. Je crois que tout le monde ici pense désormais que c’est toi qui a raison ! Je ne repars plus, je reste jusqu’à la cérémonie de ton mariage. Tu es un grand garçon,  je respecte ton choix et j’invite tous ceux qui sont ici présents à faire de même».

La cérémonie eut lieu le jour d’après et le couple s’installa dans une grande maison où il vécut heureux et eu de nombreux enfants.


Pèlerinage marial

Des pèlerins sur les traces de Notre Dame d’Arigbo

A Dassa-Zoumé dans la région des Collines au Bénin, à plus de 200 kilomètres au nord de Cotonou, à trois heures de route environ, la grotte mariale Notre Dame d’Arigbo est un lieu de pèlerinage annuel pour les chrétiens catholiques. Chaque année, en août-septembre, par milliers, en provenance du Bénin, des pays voisins et d’ailleurs, ils se rassemblent au pied de la Vierge Marie pour prier. Dans le respect d’une tradition instaurée en 1954 par l’évêque français Louis Pariso et institutionnalisée par le clergé national.

Paolo et son épouse Julia, des Italiens, sont debout au soleil depuis quelques minutes. Tête baissée, bras croisés, pieds joints, le mari a, à ses côtés, sa femme qui égrène un chapelet aux gros grains blanchâtres. Les deux époux prient à voix basse au milieu d’une foule de pèlerins occupée à regarder religieusement la statue de Marie incrustée dans un bloc de granite au-dessus d’eux. Le temps accordé au passage de ce groupe venu d’Adjarra, une commune du département de l’Ouémé au Bénin à peine écoulée qu’un autre s’annonce. Paolo, sa femme et leurs compagnons mettent fin à la prière et cèdent la place aux nouveaux arrivants. «Chaque année depuis bientôt dix ans, quand ma santé le permet, je me rends à Dassa au Bénin pour vivre le pèlerinage marial. Mon épouse et moi sommes à la grotte d’Arigbo pour soumettre à Marie une intention particulière. Nous l’avons invoquée afin qu’elle nous aide à l’accomplir», confie Paolo, menuisier de son Etat. A l’instar de ce couple de chrétiens catholiques, ils étaient nombreux à se rendre à la grotte mariale Notre Dame d’Arigbo. En août 2012, ce pèlerinage marial en était à sa 58 ème édition.

Diverses motivations

Diverses motivations sous-tendent le déplacement des pèlerins à Dassa-Zoumé. Kouassi est venu de la Côte d’Ivoire. Pour lui, «le site de la grotte d’Arigbo dégage des vibrations bénéfiques au chrétien… ». Andréa quant à        vient du Niger. D’après elle, «prier au pied de la Vierge Marie d’Arigbo est grâce et miséricorde».Thomas, qui a fait le voyage depuis le Burkina Faso, «espère retourner dans son pays plein de bénédiction divine». Pamela, de nationalité béninoise, «est arrivée à Dassa pour implorer Marie afin qu’elle l’aide à réaliser un projet dont la réussite va changer sa vie». Jean-Julien est Français, il avoue «avoir fait le voyage par curiosité et par conviction religieuse ».

Grotte mariale
Grotte mariale Notre Dame d’Arigbo de Dassa au Bénin


Ouidah, la ville musée

Séminaire St Gall de Ouidah
Séminaire St Gall de Ouidah

Située à 41 kilomètres à l’ouest de Cotonou, le principal port de la Côte du golfe du Bénin, Ouidah a été le témoin de nombreux bouleversements sociaux. En effet, au cours des siècles derniers, elle a servi de couloir de transit à plusieurs dizaines de milliers d’esclaves vers Haïti, les Antilles et le Brésil. Tout en jouant un rôle non moins négligeable dans le commerce colonial. Considérée de nos jours, comme une cité se conjuguant au passé, elle est un véritable centre religieux avec les stigmates de quatre siècles de colonisation portugaise. A l’entrée de la ville, le visiteur est tout de suite renseigné par un monument géant sculpté sous l’architecture des parvis médiévaux au fronton duquel on peut lire, «Cité historique de Ouidah». Les bas-reliefs dessinés tout autour du monument attestent des richesses touristiques et culturelles des lieux. L’évocation des appellations « musée historique de Ouidah, fort français, route de l’esclave, mémorial de Zoungbodji, basilique de Ouidah, séminaire St Gall, temple des pythons, rappelle le rayonnement de la ville par le passé. Pour remonter le cours de l’histoire, on peut y retrouver de nos jours encore, les vestiges des premiers contacts du Bénin avec le monde occidental, notamment le mémorial des missions africaines et le cimetière français, créé en 1892 pendant la guerre de conquête du Dahomey. Autres images forces, la basilique, le fort portugais et les ruines du fort français qui sont de hauts lieux d’histoire…A l’intérieur de la ville, la floraison des maisons en terre battue dans une architecture de type colonial surprend le visiteur. Qui finit par comprendre les raison de l’influence portugaise sur la ville béninoise. En son temps, le fort portugais, baptisé en portugais »Cesarea San Joâo de Ajuda » (Fort Saint Jean de Ouidah) atteste de la présence portugaise sur les côtes béninoises il y a bien longtemps. Les colons portugais étaient descendus à Ouidah bien avant les français. En effet, la construction du fort remonte à 1721 et à l’origine, il était destiné au commerce des esclaves. D’une superficie d’un hectare environ, c’est l’unique fort encore présent à Ouidah et, par le passé, il abritait une résidence officielle, une chapelle, une garnison et des casernes. Le fort fait fonction aujourd’hui de musée et on y retrouve des collections. Cohabitation des divinités avec les hommes L’étranger qui visite Ouidah pour la première fois, est surpris par la promiscuité des habitations où cohabitent les divinités et les hommes. Encore que les nombreuses rues sous forme de labyrinthes, les maisons s’imbriquant entre elles, donnent l’impression d’une œuvre inachevée, se refusant à la modernité. Mais c’est là que résident le charme et l’originalité de la localité aux yeux de ses ressortissants. Aux yeux des ressortissants, Ouidah est le berceau du vaudou par excellence. Raison pour laquelle on y retrouve toutes les divinités du centre et du sud Bénin. D’autant que, les esclaves, avant de s’embarquer pour la grande aventure, laissaient derrière eux toutes leurs croyances ancestrales. Autre trait marquant de la ville, la cohabitation œcuménique. Pour la petite histoire, la basilique Notre Dame de l’Immaculée Conception construite en 1909 fait face au temple des pythons. D’aucuns expliquent ce fait singulier par la coexistence pacifique entre la religion catholique et les pratiques animistes du terroir.


CARTON ROUGE

véhicules hors d'âge, lourdement surchargés à la gare routière de Toucountouna au Bénin
carton rouge!

CARTON ROUGE

Aux conducteurs de véhicules de transport en commun n’hésitant pas, au Bénin comme ailleurs, à faire des chargements hors gabarit sur des  guimbardes hors d’âge, au mépris des règles élémentaires de sécurité, pour maximiser leurs profits. Mettant ainsi en danger, la vie des passagers qu’ils transportent ainsi que celle des autres usagers de la route. Et ce, au vu et au su des forces de l’ordre. Qui, moyennant un bakchich, acceptent de fermer les yeux sur des comportements qu’ils sont pourtant sensés réprimer.

CARTON ROUGE

Aux forces de l’ordre complices de ces chauffeurs indélicats…

CARTON ROUGE

Aux passagers qui acceptent en toute connaissance de cause mais à leurs risques et périls, de prendre place à bord de pareils véhicules… Certes, à l’intérieur du pays et dans les zones enclavées, c’est souvent à leur corps défendant que des passagers empruntent de pareilles occasions, parce que ne disposant pas d’un éventail de choix. En toute chose, il faut savoir raison garder. Et contraindre les conducteurs de ces ‟cercueils roulants” à revenir à la norme,  par des comportements citoyens et responsables ne souffrant d’aucune compromission, d’aucun marchandage, voire, laisser-aller…