Serge Babylas de Souza

BENIN/VIE SUR LES CAMPUS: Vendredi de couscous au Restau U

Située au bord de la route inter -Etat Bénin Niger, l’Université d’Abomey- Calavi (Uac) est l’une des premières universités francophone de l’Afrique de l’Ouest.Créée en 1966 en collaboration avec le Togo et le Burkina Faso avant de devenir en 1972, le patrimoine du Bénin, elle a formé la plupart des cadres du pays. En dehors des études, plusieurs dispositions extra-académiques sont prises pour faciliter la vie aux étudiants. Parmi ces dispositifs, le Restau U ou cantine universitaire figure en bonne place. Découverte

Université d'Abomey-Calavi
Vue partielle de l’université d’AbomeyèCalavi

Construit non loin de l’entrée principale du campus de l’Uac, le Restau U, le plus grand restaurant estudiantin répond au besoin gastronomique d’un nombre impressionnant d’étudiants. On y mange à peu de frais. Le petit déjeuner est à 75 francs Cfa (moins d’un huitième d’Euro), le déjeuner à 150 francs moins d’un quart d’Euro) tout comme le dîner.

Les locaux de cette grande bâtisse qui doit avoir le même âge que l’université respirent la vétusté, poids des ans oblige! Bien que deux nouveaux restaurants ont été construits sur le campus, le restau U continue par avoir la faveur des étudiants aux heures d’affluence à cause de sa grande capacité d’accueil et de la modicité des prix pratiqués. Les étudiants ne prêtant gèrent attention au cadre. Ce qui les intéresse, ce sont les plats servis.

Le menu est établi au quotidien. Le vendredi est le jour du Couscous.  C’est un plat très prisé par étudiants, parce que sortant de l’ordinaire. C’est d’ailleurs ce qui justifie la longue file d’attente à l’entrée du Restau U vendredi dernier. Jour du couscous!

 

Vue partielle UAC
Vue partielle de l’UAC

Vendredi, jour du couscous

Le Restau U fonctionne à guichets fermés le vendredi. Pour la simple raison que les étudiants adorent le plat de couscous qui vient rompre avec les routine des autre

La stratégie n’a pas varié. Il faut occuper les premières places dans la file pour être vite servis. Ce qui oblige des étudiants à se mettre en rang déjà entre 9 et 10 heures pour un service opérationnel à partir de 11 heures 30 minutes.

Guy et son ami Franck ne ratent jamais cette journée. Ils sont des inconditionnels du plat de couscous du vendredi au Restau U. « Nous sommes toujours au rendez vous du vendredi», nous confie Guy d’un air très rassuré, les deux mains solidement accrochées aux barreaux.  Guy est en tête du rang. Franck le suit. Ce dernier est un bonhomme d’environ 23 ans. Il est habillé en pantalon et chemise manches longues. Le col de la chemise avalait son cou à peine visible sur laquelle dansait une petite tête. D’aucuns diraient qu’il est ravi à l’idée de consommer le menu du jour.

« je suis dans la première vague et même le responsable de la Police universitaire (Pu) ne pourra me déloger. Je n’aurai pas à essuyer un autre revers aujourd’hui », affirme-t-il hyper convaincu. Un  rire se déchaîne dans les rangs. Chacun veut s’exprimer mais Guy se précipite pour mettre une braise sur la pipe de son compère. «  À plusieurs reprises,  nous avons été victimes de la magouille de la police universitaire qui octroie des numéros d’ordre à certains étudiants, parfois depuis la maison. Mais aujourd’hui, après le petit déjeuner, nous nous sommes en même temps mis ici pour occuper les premières places ». Pour se rassurer davantage, il parcourt rapidement le rang du regard avant de conclure : « je ne finirai pas mon énergie avant le repas. J’attend 11 heures 30 min pour prendre le premier plat ».Bon appétit!


BENIN/GESTION DES DECHETS ELECTRONIQUES: 500 milliards pour relever le défi

Le Millenium institutes for local development (Mild-Ong) a publié en septembre 2012, un document détaillant son plan de gestion des déchets électriques et électroniques au Bénin. Cette toute première initiative sur le continent vise à épargner, les populations béninoises des risques et dangers liés à la mauvaise gestion des déchets toxiques électroniques.

Par déchets électriques et électroniques il faut entendre « tout déchet d’un produit ou d’un équipement fonctionnant grâce à du courant électrique ou des charges ou des champs électromagnétiques, c’est-à-dire tous les équipements fonctionnant avec une prise électrique, une pile ou un accumulateur ainsi que leurs composants ». Sous ce vocable, on regroupe les appareils tels que les produits blancs ou appareils électroménagers ; les produits bruns ou appareils audiovisuels ; les produits gris qui comprennent les équipements informatiques et bureautiques ; les produits ou matériels d’éclairage ; les autres produits ou équipements électriques et électroniques à l’exception des gros outils industriels fixes. En effet, «  les ampoules électriques et les appareils électroniques contiennent des métaux lourds qui sont à la base de la production de l’énergie électrique que nous utilisons pour l’éclairage de nos maisons et nos rues, et pour faire fonctionner nos équipements électroniques », rapporte le « Manifeste pour la gestion écologiquement rationnelle  des déchets électriques et électroniques au Bénin et en Afrique

(Crédit photo:babylas serge de souza)
De vieux postes téléviseurs venus d’Europe stockés dans la cour d’une habitation

 », un document produit par Rogatien Biaou, expert et consultant international des questions environnementales.

À ce titre, ces déchets présentent des conséquences graves sur la santé humaine et méritent une attention et une gestion toute particulière. Par exemple, on sait que les ampoules incandescentes, néons ou fluorescentes contiennent du mercure. À fortes doses, le mercure affecte les reins et le foie. Aussi, les ondes émises, ajoutées au phénomène stroboscopique dû à la fréquence de 50 ou 60 hertz, selon les continents, abîment les yeux de façon irréversible. La situation que nous vivons au Bénin est donc très alarmante. Ces déchets jetés ça et là dans l’atmosphère dégradent nos terres, polluent l’atmosphère, appauvrissent les nappes phréatiques et parfois même, les matières premières se retrouvent dans nos assiettes par l’entremise des aliments que nous consommons.

                                      La santé n’a pas de prix    

Dans le Manifeste publié à l’occasion de la célébration du 10ème anniversaire  du Mild-Ong, le budget prévisionnel du programme décennal de la collecte, tri, stockage puis traitement des déchets électriques et électroniques sur toute l’étendue du territoire béninois  s’élève à 4 milliards 850 millions soit 485 millions de francs Cfa par an. Ce programme est reparti en trois phases. La première phase, de 2012 à 2015, consacrée aux communes à statut particulier est estimée à 500 millions de  francs  soit 770 000 Euros. Ce montant est repartis sur Cotonou, avec 200 millions de francs soit 310 000 Euros ; Porto-Novo avec 150 millions de francs soit 250 000 Euros et Parakou 150 millions de francs soit 250 000 euros. La deuxième phase du programme de 2015 à 2018 est axée sur les chefs-lieux  des départements qui ne sont pas des communes à statut particulier, y compris Abomey-Calavi. Son coût global est de 1,1 milliards de francs soit 2 millions Euros. Il est reparti comme suit : Abomey, Lokossa, Natitingou, Abomey-Calavi nécessitent 125 millions de francs soit 200 000 Euros, chacune. Djougou, Grand-Popo, Kandi, Kétou, Ouidah et Savè, tous les chefs-lieux non confirmés, s’élèvent à 100 millions de francs soit 170 000 Euros chacune. La troisième phase du programme qui prendra en compte les chefs lieux de communes qui ne sont ni chefs-lieux de communes à statut particulier, ni chefs-lieux de départements, soient 65 communes, y compris Godomey, est évaluée à 3 milliards 250 millions de francs, soit 5 millions 500.000  Euros,  à raison de 50 millions de francs par commune.  Vivement, que les fruits tiennent les promesses des fleurs dans cet ambitieux projet d’assainissement de l’environnement national, ô combien délabré!


BENIN/ECONOMIE ET TIC Téléphonie mobile : les forfaits de la galère

Quête du bonheur des abonnés ou manifestation de la morosité économique ambiante… Les opérateurs de téléphonie mobile rivalisent d’ardeur pour proposer des forfaits et autres services à valeur ajoutées avec comme corollaire l’adhésion de clients qui finissent parfois déçus.

(Crédit photo:babylas serge de souza)
L’engouement de la jeunesse pour le Gsm

 Le carillon habituel du téléphone de Carine la tire péniblement de sa sieste. Elle s’extirpe difficilement du lit pour lire le message qui, croyait-elle, venait de Linda et lui apporterait des précisions pour les travaux dirigés au collège. Au lieu de cela, le contenu est tout autre : « Exclusif : encore 5 jours pour gagner 25% de bonus. Pour en bénéficier communiquez pour au moins 2500 francs Cfa du lundi 22 au dimanche 28 avril 2013. Info au 3334. » Une annonce de l’un des opérateurs de téléphonie mobile auquel elle est abonnée. A peine une heure plus tard, pendant une discussion avec sa mère, de nouveau le carillon de sa « double-sim » de marque chinoise : « Exclusif : encore 5 jours pour gagner 25% de bonus. Pour en bénéficier, communiquez pour au moins 2500 francs du lundi 22 au dimanche 28 avril 2013. Info au 3334. » Le même message, du même opérateur.

Deux minutes plus tard, le téléphone, déjà en mode silencieux, vibre dans sa poche. Cette fois, la teneur du message venant du deuxième opérateur de Carine : « Bonus 300 francs (environ un demi euro) Wabaa 1 fois par semaine dès que tu consommes 300 F. 0,75 F/s vers … (le nom de l’opérateur a été masqué, ndlr) et 1,2 franc/s vers autres réseaux. Activation gratuite en composant *139*1# »

« Pff ! Mais ça devient du harcèlement ! », pensa alors l’adolescente.

Le cas de Carine est vécu aujourd’hui par la quasi-totalité des Béninois, abonnés aux opérateurs Gsm. Loin de la fin du siècle dernier où il relevait du luxe voire de l’aisance sociale, le téléphone portable est aujourd’hui un outil de travail, un accessoire pour garder le contact entre les enfants et leurs parents, des amis, des employés et leur employeur. L’Autorité transitoire de régulation des postes et télécommunications (Atrpt), dans ses rapports les plus récents, présente le chiffre de « 7.906.362 abonnés » au Bénin en juin 2012. Il s’agirait plus précisément du nombre de cartes Sim vendues ; car, comme beaucoup le savent, nombre de Béninois sont abonnés à plus d’un réseau à la fois.

« Un marché juteux », estime un opérateur économique. « Les réseaux Gsm font d’énormes profits, car le téléphone portable est devenu indispensable dans notre société, sauf pour quelques irréductibles qui se limitent encore au téléphone fixe…ils ne sont pas nombreux, j’en suis sûr. » Et d’ajouter : « Remarquez, ce sont ces sociétés qui parrainent, sponsorisent ou financent plein d’événements dans les grandes villes du pays ! Ce sont les « grosses boîtes » comme on le dit ici. »

« Un marché juteux », estime un opérateur économique. « Les réseaux Gsm font d’énormes profits, car le téléphone portable est devenu indispensable dans notre société, sauf pour quelques irréductibles qui se limitent encore au téléphone fixe…ils ne sont pas nombreux, j’en suis sûr. » Et d’ajouter : « Remarquez, ce sont ces sociétés qui parrainent, sponsorisent ou financent plein d’événements dans les grandes villes du pays ! Ce sont les « grosses boîtes » comme on le dit ici. »

Toujours en ce qui concerne la période de juin 2012, l’Atrpt donne un classement des cinq opérateurs de téléphonie mobile du Bénin en termes d’abonnés.

 RÉPARTITION DU PARC D’ABONNES PAR OPÉRATEUR GSM

OPÉRATEURS Janv 2012 Févr 2012 Mars 12 Avril 12 Mai 12 Juin 12
MTN 2 458 613 2 510 025 2 556 285 2 538 193 2 602 624 2 573 976
MOOV 2 394 706 2 392 769 2 403 445 2 571 776 2 578 626 2 671 982
GLO 1 635 197 1 660 249 1 661 645 1 613 111 1 590 194 1 569 688
BBCOM 921 492 897 216 869 193 847 206 830 074 813 507
LIBERCOM 267 102 267 126 269 133 270 163 274 188 277 209
Parc 7 677 110 7 727 385 7 759 701 7 840 440 7 875 706 7 906 362

Source : Atrpt, 2012.

Cependant, même si ces sociétés semblent avoir du succès ou tout au moins réussissent à survivre à l’usure du temps, elles font face actuellement, à l’instar de tous les secteurs d’activités, à la fameuse morosité tant décriée au sein de la population, crise économique oblige ! Si le phénomène des forfaits téléphoniques date de plusieurs années déjà, il a, ces derniers mois, connu une croissance remarquable. Les services de communication et de marketing des cinq entreprises leaders de la téléphonie mobile au Bénin, se livrent une lutte sans merci pour attirer, et surtout conserver le maximum de clients dans leurs portefeuilles. Les offres qui passaient il n’y a pas si longtemps pour une innovation au plan national et que certains voyaient comme destinées « à ces jeunes élèves et étudiants sans grands moyens » ont pris le pas sur l’usage classique du téléphone au niveau de toutes les tranches d’âge et couches sociales du pays. Les forfaits sms et appels, s’ils ont sous d’autres cieux une histoire plus vieille qu’au Bénin – probablement parce que la téléphonie mobile y est aussi plus ancienne –, semblent cependant connaître dans ce pays leur âge d’or.

Tarifs réduits intra ou inter réseaux, bonus sur appels, tarifs spéciaux la nuit ou les week-ends, messages gratuits, chats, conférences, la liste des forfaits proposés par les cinq opérateurs, est longue. A ces forfaits, viennent s’ajouter les services musicaux, les abonnements avec des partenaires commerciaux, la connexion Internet ou encore les transferts d’argent. Même l’opérateur téléphonique Gsm dérivé de la compagnie publique de téléphonie fixe est dans la tendance des forfaits, avec des réductions des tarifs des appels nationaux et internationaux.

Conséquence de ce marché, l’abonné à l’affût du moindre moyen de faire des économies, se lance dans des activations d’options qu’il ne maîtrise pas toujours. Au finish, certains trouvent leur compte dans ces forfaits, tandis que d’autres estiment qu’ils se sont faits gruger. Selon Robin Accrombessi, président de l’Association des consommateurs des technologies de l’information et de la communication (ACTic), « on finit parfois par dépenser plus qu’on ne croit. L’effet psychologique qui fait croire que l’on bénéficie de réductions peut pousser l’abonné à acheter toujours plus de crédits téléphoniques, sachant que cela « lui est bénéfique. »

Une enquête menée au sein d’un échantillon d’abonnés de la ville de Cotonou nous a donné des résultats révélateurs. 41,50% des enquêtés ne sont pas inscrits aux forfaits, tandis que 58,47% les utilisent, selon la répartition suivante : 30,18% des enquêtés trouvent que les forfaits sont avantageux et leur font faire des économies, même si certains déplorent des perturbations sur les réseaux. 15,09% d’entre eux trouvent que c’est avantageux mais avouent que leurs dépenses d’avant les forfaits et leurs dépenses depuis qu’ils les ont activés restent les mêmes. Enfin, 13,20% des enquêtés estiment que les forfaits sont désavantageux : ils constatent qu’ils dépensent maintenant, plus qu’avant, quand ils ne les avaient pas activés. Pour la plupart, ils déplorent en outre la qualité du réseau, « le crédit qui s’en va sans qu’on l’utilise » et envisagent de se désinscrire.

Il est à relever que la majorité des abonnés inscrits aux forfaits est constituée d’élèves, d’étudiants et de chercheurs d’emplois, tandis que la grande partie des non-inscrits est composée de salariés.

Ces fameuses ratées…

Les perturbations dont se plaignent les clients existent bien avant l’introduction de forfaits sur les réseaux. Les défenseurs des consommateurs émettent des hypothèses toutes simples. « Si pour un appel de 45 secondes, le message reçu après, signale que vous avez consommé 46 secondes, ça fait une seconde que vous avez perdu, soit un franc Cfa par exemple pour les appels intra réseaux. Alors, multipliez un franc par le nombre d’appels que vous faites par jour et par le nombre d’abonnés que possède un opérateur. Vous pourrez vous faire une idée des « bénéfices » supplémentaires qu’ils se font sur le dos des clients. » D’autres exemples de dysfonctionnements sont notés par les usagers. « Le client est roi », dit Carine. « Mais vous-même, vous pouvez voir comment ils vous bombardent d’annonces. Et puis, il m’est arrivé une fois de découvrir que j’avais perdu 50 francs parce que je me serais inscrite à des ringtones (les musiques d’attente, Ndlr) alors que je n’ai rien activé et je ne laisse mon téléphone à personne. » « C’est une stratégie, suggère Expédit. Après ils vous envoient des messages pour s’excuser mais sans jamais vous rendre vos unités. »


BENIN/ AGRICULTURE/MARAÎCHAGE A GRAND-POPO Des milliers de familles en vivent

Culture de contre saison par excellence, le maraîchage est devenu une activité de grande envergure dans la commune de Grand-Popo au sud Bénin à quelques encablures de la frontière bénino-togolaise de Hillacondji, où plusieurs milliers de personnes s’y adonnent.

Un maraîcher en pleine séance d'arrosage
Un maraîcher en pleine séance d’arrosage

 Avec sa petite famille, André Johnson transplantent les jeunes pousses de culture sur des planches.    Un enfant sur le dos de sa maman, la pauvre dame malgré le poids de son enfant s’échinait dans le travail. A côté se trouvaient, Marc l’aîné de la famille et Pascaline la cadette. Tous d’eux aidaient les parents dans leur besogne, hier matin, aux premières heures…Assistés de trois jeunes garçons qui tirent leurs revenues de la semaine, de ce dur labeur.

La famille Johnson arrive à joindre les deux bouts à travers le maraîchage sur une exploitation qui s’étend sur une superficie de 300 m2, dans la ville d’Agoué aux abords de la Route inter Etats Cotonou Lomé. Selon le chef de la famille, André Johnson, « ce que le maraîchage me fait dans ma vie et celle de ma famille est énorme. C’est grâce à cette activité que je nourris la famille et pourvois à tous nos besoins. En partant de la scolarisation de mes enfants aux soins de santé sans oublier les besoins vestimentaires et autres…Je ne me plains pas… ».

Maraîchage à Agoué au Bénin
Vue partielle de l’exploitation d’un maraîcher à Agoué

Sur la parcelle exploitée, se trouve une variété de jeunes plants. Du piment, des légumes, des carottes, de l’oignon. Toutes ces légumineuses sont commercialisées sur le site. Selon André, les bonnes dames viennent se ravitailler sur le site. Certains gérants de restaurants ou d’hôtels en font de même font avec des commandes feuilles de laitue, d’oignons et parfois de légumes « Gboman ». A l’instar d’André, d’autres producteurs se sont installés le long de la route inter Etats Grand-Popo-Hillacondji pour faire leur beurre dans les cultures de contre saison.

Sur une vingtaine de kilomètres le long de la voie bitumée, plusieurs hectares de terres sont aménagés pour le maraîchage. Oignon, tomate, piment, carotte, laitue, chou, poivron…une gamme variée de produits maraîchers y sont cultivés et écoulés vers les marchés nationaux et ceux des pays de la sous-région comme le Nigeria, le Togo, le Ghana et le Niger.

 Rentabilité assurée

Sur 7500 m2 de terre exploitée par Prosper, son revenu avoisine les quatre millions de francs Cfa (environ 6000 euros). Avec une variété de culture, comme tous les maraîchers de la commune, le chef de terre vend les cultures par planche. L’oignon est cédé à 15000 francs (approximativement 25 euros) la planche ; la carotte à 18000 francs (29 euros), les légumes (Gboman) entre 4000 et 7000 francs ( entre 6 et 7 euros). Les dimensions d’une planche sont de 2,5 sur 16 mètres. S’agissant de la laitue, sa commercialisation se fait par pied. Ainsi, un pied de laitue revient à 25 francs. Le chou par contre est vendu selon le poids. Avec un chiffre d’affaires parfois estimé à des dizaines de millions de francs Cfa, (16.000 euros), certains producteurs n’entendent pas renoncer à cette activité malgré la menace des terres victime de la salinité de l’océan à proximité.

En 2010, Prosper indique avoir vendu plus de 800 mille de francs (1300 euros) d’oignons et 1,5 millions de francs (2200 euros) de tomates. Selon lui, lorsque toutes les conditions agronomiques sont réunies, son chiffre d’affaires mensuel avoisine les cinq millions de francs (6100 euros). Le suivi des activités est l’un des grands problèmes des exploitants maraichers. Avec l’appui des encadreurs du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Maep), les maraichers bénéficient de quelques conseils techniques liés à la production. Mais de plus en plus ce suivi devient rare voire parfois inutile parce que les maraîchers estiment ne pas tirer grand profit de la présence des agents d’encadrement. Pour les responsables du Maep, les départements du Mono et du Couffo ne disposent que de deux spécialistes en production végétale qui ne peuvent exercer à eux seuls les tâches de suivi. Par ailleurs, certaines structures affiliées aux groupements de producteurs connaissent de plus en plus des crises qui mettent à mal le rôle impartial de l’assistance aux maraîchers.

 Des acteurs diversifiés

Contrairement à Prosper qui sort fraîchement de l’université, André lui, fut un pêcheur reconvertit dans le maraîchage  Comme ce dernier plusieurs pêcheurs se sont reconvertis en maraîchers  La plupart des riverains pratiquaient la pèche artisanale héritée de leur grands parents.

Au départ, la population de la commune de Grand Popo et ses environ n’avait aucune n’avait pas grande connaissance de la production maraîchère  « Lorsque nous avons commencé à produire, cela avait suscité une émulation au niveau de nombreuses personnes qui cherchaient une alternative à la pratique de la pêche devenue peu rentable’’, d’après André, un maraîcher bien établi. Si Coffi est devenu l’un des plus grands maraîchers professionnels de la commune de Grand-Popo exploitant une superficie de près de 18 hectares, beaucoup de familles de pêcheurs arrivent également à tirer leur épingle du jeu. ‘’ Non seulement le maraîchage est rentable mais cette activité nous occupe à plein temps et nous nous auto-employons alors qu’avant nous passons jusqu’à trois mois à ne pas pêcher. Et lorsque nous allons sur les eaux, ce sont les propriétaires des filets qui se taillent la part du lion. Dans le même temps, tu as de la famille à nourrir et les enfants doivent aller à l’école’’, défend Ayivi, un autre producteur d’Ayiguinnou. Firmin, élève en classe de première au collège d’enseignement général de la commune s’en sort avec un revenu mensuel de 20.000 francs (environ 16 euros). « Avec l’argent que je gagne, j’arrive à m’en sortir aisément à l’école. Ce qui me permet d’aider mes parents pour certains besoins », explique-t-il. Quoi de plus noble !


BENIN / ECONOMIE / VIE DES ENTREPRISES: Un sauvetage à controverse

La dernière session du Conseil des ministres a fait la part belle aux réformes gouvernementales pour sortir la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) de l’impasse.

(Crédit photo: archives SONACOP
Direction générale de la Sonancop au Bénin
( Crédit photo: archives mairie de Cotonou)
Centre ville de Cotonou abritant la Direction générale de la Sonacop

Cette nouvelle tentative, par ces temps de marasme économique et de morosité nationale où la majorité des Béninois souffrent cruellement dans leur quotidien, alimente la polémique légitime de l’indignation et de la révolte. Plus de 600 milliards de francs Cfa (un peu moins d’un milliard d’euros) devront encore être décaissés pour tenter l’ultime sauvetage d’une société d’Etat en goguette chronique.
Pourquoi continuer à dilapider les maigres ressources nationales au profit d’une structure qui brille par la mal gouvernance ? Quand on sait que le Syntra-Sonacop est récemment monté au créneau pour dénoncer des cas avérés de malversation financière, on comprend mal l’empressement du pouvoir, nullement préoccupé par le passif d’une entreprise dont l’image a été suffisamment écornée par de nombreux scandales politico financiers par le passé, à lui redonner une nouvelle vie.
A bien y réfléchir, sauver coûte que coûte cette « brebis galeuse» et la ramener « au bercail » en dépensant à hue et à dia, est fort inopportune. Faut-il sauver l’entreprise Sonacop ? Oui, mais non sans indécence car la conjoncture nationale actuelle se prête peu à une générosité qui prend des airs de prodigalité. Le pays n’a pas les moyens d’un tel vice, loin s’en faut !
Evidemment on me demandera que faut-il faire ? Je répondrai : délester l’Etat d’une charge qui le plombe ; regarder du côté de certains repreneurs privés qui ne demandent qu’à récupérer une société à potentiel certain mais qui souffre d’une culture de gestion désastreuse dont tout laisse à penser qu’elle est héréditaire.
Car l’Etat, par les temps qui courent à bien d’autres chats à fouetter : la sécurité qui demande des moyens de plus en plus puissants ; la pauvreté des populations qui appelle une intervention d’urgence non sans une certaine approche providentielle ; l’énergie dont le déficit condamne irrémédiablement notre économie au surplace…
Ce n’est pas dans la résurrection artificielle d’une entreprise déjà mille fois morte et mille fois ressuscitée qu’on trouvera la panacée à des penchants fondamentalement mortifères.


BENIN/Recyclage des rebuts de fer : une activité pour la jeunesse en quête d’emploi

Le recyclage des rebuts de fer est une activité florissante qui occupe les jeunes désœuvrés de la ville de Cotonou et ses environs.

A destination de la Chine, de l’Inde, de Singapour et dans une moindre mesure de la Hollande, le commerce de la ferraille devient une activité de plus en plus florissante même si des doutes subsistent sur son organisation en tant que filière, dans l’optique d’une formalisation. Il est difficile de sillonner les villes de Cotonou, Abomey-Calavi et bien d’autres du pays sans croiser des jeunes traînant des pousse-pousse pour acheter de la ferraille. « Gankpo gblégblé »,  en langue locale fon, ce qui littéralement traduit signifie dans la langue de Molière « fer gâté, ferraille… » : C’est à ce cri de ralliement qu’il faut identifier ces acheteurs de ferraille à la criée qui sillonnent les rues et les ruelles des grandes agglomérations en quête de ferraille à acheter.

Au départ, ils n’étaient pas nombreux, mais aujourd’hui ils dépassent plusieurs milliers. Difficile de comprendre comment une pareille activité a pu réunir tant de jeunes d’horizons divers. Selon Marwane Salou, un Nigérien résidant à Cotonou depuis une dizaine décennie, «une activité qui fleurit, quelles que soient sa provenance et sa nature, attire du monde. Et ceci explique aujourd’hui l’incursion de plus en plus de Béninois dans ce secteur ». Responsable d’un centre de gestion de rebuts de fer, Marwane Salou emploie différentes catégories de jeunes dynamiques et acquis à la cause. « Il y a des élèves qui viennent pendant les week ends, les congés et les vacances. Sur la vingtaine d’employés qui exercent avec moi, la bonne partie est constituée d’élèves encore sur les bancs. Il y en a qui sont en fin de formation et qui viennent tirer un peu de gain pour leur diplôme de fin de formation ». Un secteur peu rentable mais qui nourrit un tant soit peu cette couche de jeunes scolarisées et d’apprentis en quête de gains.

Une activité peu rentable

Pour Marwane, le kilogramme de ferraille est acheté auprès des jeunes traîneurs de pousse-pousse qui font la collecte des morceaux de fer dans les concessions et ménages, ainsi que sur divers lieux de stockage d’accessoires en fer. Si ces derniers sont censés acquérir le kilo de ferraille à un prix raisonnable, à moins de cent francs Cfa (quelques centimes d’Euros, parfois même à cinquante francs, ils le revendent à cent vingt cinq franc au prix élevé. Les responsables participent pour la plupart des cas aux besoins financiers de ces jeunes qu’ils managent. « Nous leur remettons un pousse-pousse et de l’argent. Par jour dans leur randonnée, ils gagnent entre 50 et 75 francs Cfa sur le kilo de ferraille sur des acheteurs », explique Marwane. Certains jeunes, par contre, exercent sur les lieux de regroupement de la ferraille de façon permanente. « Au nombre de trois au total, ceux que nous avons en permanence ici sont rémunérés à 4500 francs (environ 7 euros) par jour », confie-t-il. Ezéchiel Kottin, un jeune collégien, exerce à temps partiel et pense que c’est une activité qui le soulage dans les moments difficiles. « J’exerce cette activité de façon temporaire pour joindre les deux bouts. Grâce à elle, j’ai pu payer ma contribution scolaire.  Je me débrouille pas mal avec l’argent bien que ce ne soit pas beaucoup. Je me plais dans cette activité, et je ne compte pas la laisser de si tôt si je ne trouve pas d’autres opportunités », indique le jeune élève en classe de quatrième.

ferraille
rebuts de ferrailles
ferraille
rebuts de ferraille

Le volet assainissement

Outre le fait que cette activité permette aux jeunes ou à d’autres personnes sans emploi ou désœuvrées  d’assurer leur subsistance, elle contribue à également à l’assainissement de la ville en la débarrassant des déchets et débris de ferraille. Sans que les autorités de la mairie de Cotonou ne leur reconnaissent cette œuvre de salubrité publique en continuant à harceler les opérateurs de ce secteur informel avec à des taxes et des impôts.  « On nous impose des taxes et des impôts que nous peinons à payer. Pis, quand bien même l’activité n’est pas reconnue, on nous taxe fortement, et bien que nous payons ils reviennent toujours à la charge pour nous rançonner », confie avec amertume un opérateur ayant pignon sur rue à Cotonou. Pourtant, relève-t-il, « parce que ce nous faisons, est salutaire pour la ville, la mairie devrait nous décorer parce que nous rendons la ville propre ». Le commerce des ferrailles qui encombrent les ménages et autres lieux publics, assainit la ville qui regorge de déchets néfastes à l’environnement. « C’est des rebuts de fer, des objets usagés que les gens abandonnent au bord des rues que nous achetons. A ce titre, nous devrions avoir notre place et notre mot à dire », défend Marwane.

En dehors de la pression fiscale ceux qui s’adonnent à cette activité courent bien d’autres risques. « C’est vraiment un métier à risques. Pour une pièce achetée à un apprenti à cent ou à deux cent francs, vous vous retrouvez au commissariat en train de payer 250.000 francs», confie Abdou Mahamane, un vendeur. Aussi, la formalisation d’une telle activité n’est-elle pas pour aujourd’hui, bien que diverses taxes soient perçues par les autorités municipales. « L’activité est formelle mais elle garde toujours son caractère informel, malgré les taxes perçues auprès de nous par la mairie de Cotonou ».

Pour la défense de leurs intérêts, une association, portée sur les fonts baptismaux, est à pied d’œuvre. Le secteur regroupe environ trois cent centres de collecte autour desquels s’activent plus de cinq mille jeunes.


SENEGAL/ MondoblogDakar /Gros plan sur les cars rapides

Les cars rapides, véhicules de transport en commun, ne manquent pas d’attirer l’attention de l’étranger qui débarque pour la première fois à Dakar, par des peintures de couleurs vives qui les décorent et la dextérité de ses conducteurs à se faufiler dans la circulation.

un car rapide
Un car rapide à Dakar
(Crédit photo:Eric AHOUNOU)

Impossible de rater les jaunes et bleus dans la circulation à Dakar, la capitale du Sénégal. Communément appelés cars rapides ou rapides par certains,  ces véhicules font partie intégrante du décor de la vieille cité. Et ne manquent pas d’attirer l’attention à cause de leurs formes irrégulières, les couleurs vives qui les décorent et les matériaux grossiers qui ont servi à leur fabrication. Selon Moktar Ba propriétaire de cars rapides, «c’est en 1976 que remonte l’avènement des cars rapides. A l’époque ces camionnettes de marque Renault ou Saviem, hors d’âge étaient environ 380, mais aujourd’hui on en dénombre plus d’un millier en circulation ». En dépit de la suppression de la chaîne de fabrication de la chaîne de ces véhicules en France.

L’intérieur des rapides toujours peint en bleu foncé n’arrive pas à cacher des imperfections au niveau de la tôlerie et de l’aménagement intérieur puisque les modèles en circulation aujourd’hui, sont de grossières copies fabriquées sur place et dotées d’un moteur d’occasion quelconque. Au fil du temps, avec l’usure, le plancher en bois, de même que l’aménagement intérieur prennent un coup et révèlent leurs limites/Au grand dam de passagers stoïques continuant à subir des désagréments auxquels ils finissent par s’habituer, faute de mieux.

Une affaire rentable

Pour la petite histoire, ces véhicules « maison », rafistolés de toutes parts et chichement décorés avec des images de guides spirituels, de stars du football , de la lutte traditionnelle et des arts comme pour conjurer un mauvais sort, mieux, protéger les passagers contre d’éventuels accidents, surtout que certains détracteurs n’hésitent pas à comparer les cars rapides à des cercueils volants. Transportaient 19 passagers au départ avec la réforme du secteur des transports en commun, ces véhicules transportent aujourd’hui 25 passagers.

Pour le Sénégalais lambda, l’affluence autour des rapides s’explique par les bas prix pratiqués  pour le transport des passagers dans la ville et ses environs. Le prix de la course varie entre 150 et 200 francs Cfa, soit environ quelques centimes d’euros.

A l’achat un véhicule de fabrication locale coûte entre 5 et 6 millions de francs (entre 7 633 et 9 160 euros) au propriétaire qui le confie à un conducteur  qu’il paie entre 70.000 et 80.000 francs le mois, (entre 110 et 130 euros). A charge pour ce dernier de verser à son employeur,  quinze mille francs à la fin de chaque journée de travail. Quand on sait  qu’en un mois d’exploitation, un propriétaire de car rapide peut se faire entre 250 et 300.000 francs de bénéfice après déduction des charges, il est loisible de comprendre la rentabilité de ce commerce qui a encore de beaux jours. Surtout que, de sources dignes de foi,  l’investissement de base pour l’acquisition du véhicule est amorti en moins de deux ans. Alors que l’exploitation du car rapide, peut s’étaler sur 5 à 7 ans voire plus.

 


BON A SAVOIR / Diffamation : un lien vers un article est une nouvelle mise en ligne de cet article

Le Directeur du campus numérique de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf) au Bénin, Abdoulaye Salifou a récemment attiré mon attention sur le forum de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) par une observation se rapportant au lien hypertexte que je voudrais partager avec les consœurs et les confrères de Mondoblog.

 « La création d’un lien hypertexte permettant d’accéder directement à un article plus ancien, que la création d’un tel lien doit être analysée comme une nouvelle mise en ligne du texte auquel ce lien hypertexte renvoie », affirme un jugement du 18 mars 2013 du Tribunal de grande instance) Tgi de Paris, dans une affaire de diffamation. Dès lors, l’assignation délivrée le 5 décembre 2011, se rapportant à un lien publié le 8 septembre et renvoyant à un article considéré comme diffamatoire mis en ligne le 14 juillet, a valablement interrompu le délai de prescription de trois mois. Le caractère diffamatoire des affirmations contenues dans cet article a donc pu être examiné, contrairement à un autre article en cause mis en ligne le 28 juillet, le délai de trois mois ayant expiré le 29 octobre 2011.
Il s’agissait de la publication d’articles sur le site africaintelligence.fr relatifs à la mort d’un homme présenté comme commissaire de police et ancien garde du corps du roi marocain Mohammed VI. Les textes faisaient état d’un assassinat dans les locaux d’une société d’informatique, dirigée par un soi-disant ancien des services des renseignements extérieurs du royaume. Le tribunal a examiné les faits évoqués et a considéré qu’ils ne pouvaient être considérés comme portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la société ou de son dirigeant.

SOURCE : LEGALIS, du 26 mars


Joyeuses Pâques

Oeufs de Pâques
Oeufs de Pâques ukrainiens

En ce temps de fièvre préparatoire pour l’atelier de Dakar au Sénégal dont les travaux sont prévus du 6 au 14 avril 2013, il me plait de revisiter pour les amis de la plateforme RFI/Mondoblog, les visiteuses et les visiteurs, de plus en plus nombreux, la tradition de la Pâques, cette fête chrétienne par excellence, commémorée demain dimanche 31 avril 2013, dans le monde entier.

Contrairement à la Noël, la Toussaint ou la fête des morts, la date de célébration pascale change chaque année. D’où son caractère de fête mobile obéissant pourtant à des règles bien établies. A preuve, à travers Pâques, on célèbre la résurrection de Jésus-Christ en souvenir du jour où ses disciples se rendirent à son tombeau et découvrirent que celui-ci était vide, trois jours après sa mort sur la croix. Sur le chemin du retour, les disciples rencontrèrent Jésus ressuscité  et commencèrent à répandre la bonne nouvelle. La suite, on la connait…

Pour le commun des mortels,  la détermination du jour de Pâques a toujours été un casse-tête. En ce sens que cette date n’est pas fixe et change chaque année. Avec la constante qu’elle doit se dérouler le premier dimanche suivant la première pleine lune ecclésiastique du printemps. Bien entendu, la pleine lune ecclésiastique ne correspond forcément pas à la pleine lune astronomique. Par ailleurs, cette date doit impérativement tomber entre le 22 mars et le 25 avril.

Pâques est un jour de fête et d’allégresse. Tous les interdits du Carême sont ainsi levés. La période de Pâques est appelée  le « temps pascal ». Traditionnellement, l’agneau pascal – en commémoration du Christ, « agneau de Dieu » – est consommé le jour de Pâques. Mais à défaut, on peut se contenter tout simplement des œufs de Pâques, un symbole chrétien.

En effet, pour la circonstance, des œufs en sucre, en chocolat ou des œufs durs sont décorés le plus souvent par les enfants. En Belgique comme en France, la tradition veut que les œufs soient offerts le matin du dimanche de Pâques. Les œufs étant cachés dans la maison ou le jardin, il revient aux enfants de les trouver. Ce qui crée une folle ambiance.

En Angleterre ou aux États-Unis, le symbole de la Pâques est représenté par un lapin. Aux Africains de puiser dans notre imaginaire collectif pour trouver un symbole, voire des symboles, en harmonie avec ces réalités venues d’ailleurs.

Joyeuses Pâques à toutes les Mondoblogueuses, à tous les Mondoblogueurs, à tout le Staff RFI/Mondodoblog ainsi qu’à tous les partenaires à divers niveaux.

A bientôt.


La pré-collecte des ordures ménagères, un créneau porteur

Les éboueurs ont pour vocation de débarrasser les ménages abonnés à leurs services de leurs lots quotidiens de déchets ménagers. Une activité quoique assimilée à une basse besogne dans l’imaginaire collectif national, permet à nombre de personnes de s’éloigner des affres de la précarité et du chômage.

Pré collecte des ordures ménagères
pré collecte des ordures ménagères à Cotonou

 

Quarante mille francs Cfa (environ 80 euros) par mois. C’est le salaire moyen d’un éboueur. Les Organisations non gouvernementales (Ong) de pré-collecte d’ordures ménagères qui strient la ville de leurs charrettes et tricycles fournissent ainsi de l’emploi à des centaines de Béninois. Tenez, il y a, rien qu’à Cotonou, 77 de ces Ong, qui emploient sur toute l’année et de façon permanente au moins trois personnes, et des travailleurs occasionnels pour des tâches ponctuelles, des remplacements ou des renforts.

Petit arrêt dans une de ces structures ayant à charge l’hygiène de la ville. Ici, à l’Association des frères de l’humanité (Afh), le premier pas dans la rue pour vider les poubelles des maisons remonte à 1998, mais de façon officielle, cette Ong existe depuis l’an 2000. Elle a plusieurs employés : deux éboueurs réguliers à 40.000 francs Cfa par mois chacun et un éboueur occasionnel payé à la tâche, sans oublier les percepteurs engagés de façon ponctuelle pour le recouvrement des redevances auprès des ménages chaque mois, des percepteurs ristournés de 1500 à 2000 FCFA sur 10.000 F Cfa de recouvrement au profit de l’Ong. En plus de ces travailleurs, il y a un bureau constitué du directeur, d’un adjoint ou vice-président chargé du suivi et d’une trésorière, payés selon les frais d’abonnement collectés auprès de la clientèle. Leur salaire est donc tributaire de la moisson récoltée. Ledit salaire varie entre 15.000 et 35.000 francs Cfa par mois, en fonction de la régularité de paiement des abonnés. A titre d’illustration, l’Ong Afh couvre 827 maisons sur la zone de Houèyiho II dans la partie est de Cotonou. Des 827 maisons, seulement 178 ont souscrit l’abonnement aux services d’Afh, soit 21,52% du total. Même pas le quart. Un problème environnemental sérieux, car le constat prouve que certains de ces non-abonnés se débarrassent de leurs ordures dans les bas-fonds, ou les vident dans les voies d’évacuation d’eaux usées de façon plus ou moins discrète, voire carrément dans la rue, sur les terrains vagues ou des maisons en chantier abandonnées. Une attitude qui fait dépenser la municipalité de Cotonou, par exemple en travaux supplémentaires dans les caniveaux et autres collecteurs d’eaux usées, qu’il faut déboucher. Conséquence, les impôts des citoyens sont détournés d’objectifs importants pour refaire un travail résultant de l’incivisme…mieux de la pauvreté.

Le ramassage d’ordures ménagères coûte en moyenne 2.000 francs Cfa (3 euros) par maison. Mais le prix peut varier en fonction du volume de déchets, du nombre d’habitants de la maison ou du nombre d’appartements dans l’habitat. Ainsi, certains domiciles peuvent payer 1.500 francs tandis que d’autres foyers paient 2.000, 2.500 voire 3.000 francs Cfa par mois pour trois interventions des éboueurs par semaine.

Un énorme manque à gagner

Selon Rosaire Kassa, vice-président de l’Ong Afh, sur les 178 maisons couvertes, beaucoup ne paient pas leur contribution. Ce qui fait que parfois, les contrats sont rompus et certains arriérés ne sont jamais recouvrés. « Pour ce mois de mars, nous devons collecter au moins 208.000 francs Cfa, rien que pour les abonnés de l’ordre de 2.000 francs par mois », dit-il. Mais il n’est pas sûr qu’eux tous paieront, pas plus que les abonnés de 1.500 francs ou les autres. « Or si tout le monde payait régulièrement ses dus, les Ong travailleront mieux parce que cet argent sert à nous payer mais aussi à assumer toutes les autres charges (loyer, eau et électricité, charrettes et imprévus, etc., ndlr) », conclue-t-il. De plus, la mairie ne leur prélève rien. Comme quoi, les ordures,  ont des avantages.

Selon Ganiou Akande, directeur de la Coordination des Ong de gestion des déchets ménagers et de l’assainissement (Cogeda), l’instance qui dirige toutes les Ong de pré-collecte des ordures ménagères à Cotonou, il existe dans la capitale économique 12 dépotoirs ou points de regroupement. C’est dans ces endroits que les Ong de collecte d’ordures vident leur « moisson », qui est collectée et convoyée par la suite hors de la ville pour traitement, notamment à Ouessè, où se trouve un site d’enfouissement sanitaire. Cette tâche est effectuée conjointement par la Cogeda, la Direction des services techniques de la mairie de Cotonou et des entreprises spécialisées, telles qu’Omoloto.

Encadré 

 Une charrette de collecte d’ordures ménagères coûte de 250.000 à 300.000 francs Cfa (entre 400 et 500 euros). Un tricycle motorisé de collecte d’ordures coûte environ 800.000 francs (environ 1 200 euros) selon la marque. De 35 concessions abonnées à Cotonou en 1991, le nombre a évolué pour atteindre 71 concessions abonnées en 1993, 267 en 1994, 1046 en 1995, 12.500 en l’an 2000, 24.065 en 2003, et plus de 40.000 en 2013.