6 novembre 2012

Compassion par passion

C’est le printemps de la compassion au Bénin. Suite à l’affaire dite tentative d’assassinat du président de la République par empoisonnement, révélée au grand jour à  la presse et à l’opinion publique nationale par les autorités politico-judiciaires il y a quelques jours.

Le dossier est toujours pendant devant la justice. Les Béninois se tiennent à carreau en retenant leur souffle dans l’expectative du verdict. Pour l’heure, l’homme de la rue, du citoyen lambda au politique soutenant ou désaffectionnant le pouvoir en place, ne veut pas aller au fond de la nébuleuse. De peur de s’attirer les foudres d’une justice nationale jalouse de ses prérogatives. Haro sur les commentaires et  autres critiques qui ne sont pas les bienvenues en ce moment. Loin s’en faut ! Mais comme on ne saurait interdire la manifestation de sentiments supposés ou réels à l’endroit de la présumée victime, des compatriotes s’en donnent à cœur joie en organisant moult ballets déclaratifs de compassion au palais de la Marina et au domicile du chantre de la refondation, après des marches et autres séances de prières de soutien et de compassion. Le hic, c’est que, les marcheurs autant que les demandeurs de prières d’intention en l’honneur de la présumée victime, de sources dignes de foi, s’en tirent à bon compte, nonobstant les visages compassionnels circonstanciels controversés affichés.

Quant aux politiques, quand ils agitent l’affaire, c’est soit pour rappeler au chef qu’ils attendent toujours, du «pain et du beurre», s’ils n’en ont pas encore reçu ; soit pour signaler leur présence et leur disponibilité, à toutes fins utiles… Et la chaîne de compassion est si bien longue qu’on pourrait s’interroger en toute légitimité, sur les motivations réelles de cette vaste opération. Car, sous tous les cieux, comme le dit si bien l’adage, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Et pour cause…

la jarre trouée, symbole de l'unité nationale
La jarre trouée, symbole de l’unité nationale au Bénin
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