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Bénin-Culture: Théophile Do Régo: Et le rêve devint chanson

“Qui a écouté une fois ses chansons, et vibré sous l’effet des pulsions de sa voix caressante, ne peut que se réjouir de l’existence de cet artiste béninois dont on ne se lasse pas, tant il est présent et actuel par la chaleur de sa production“.

 

Théophile do Rego alias El Rego

Théophile do Rego alias El Rego

 

(Crédit photo: google images)

Le groupe El Rego et ses commandos en action dans les années 1970

 

 L’homme a fait la fierté de la musique béninoise dans les années 1960. El Rego a encore souvenance de tous ces moments forts comme si c’était hier. Né le 3 mai 1938 dans le quartier Sado à Porto-Novo, capitale politique du Bénin. Sans terminer son cursus scolaire, le robuste et grand garçon quitte son pays natal pour le Sénégal en 1949 en compagnie d’un ami de son père. Au Sénégal, son tuteur l’inscrit à l’école de la Médina, dirigée à l’époque par son compatriote Eustache Prudencio.“Pendant les journées culturelles, j’animais avec mon harmonica“ ; se plait-il à dire. La musique était donc en pépinière. En 1953, il intègre un groupe musical de  jazz à Dakar. Revenu au pays, il ne tarde pas avant de s’envoler de nouveau au Niger en 1958 où il joue dans l’orchestre Daho-togolais, “Los cubanos“. Mais cet épisode ne fut pas long. En 1959 l’aventurier pose ses valises au Burkina-Faso où il intègre le célèbre orchestre du Conseil de l’entente (CE): “Harmonie voltaïque“ des présidents Maurice Yaméogo, Hubert Maga, Hamani Diori, Félix Houphouët- Boigny et d’autres figures célèbre de la scène politique internationale de l’époque. Dans ce groupe, il a eu la chance de jouer avec les grands artistes comme : Gilles Sala, Môme de Rivelle, Miriam Makeba et bien d’autres. Du retour au Bénin 2 ans après l’indépendance du pays en 1962, il accompagne Bella Bello pour sa première sortie au Togo. Son engagement artistique et sa passion pour la musique n’ont pu lui permettre de poursuivre ses études. Hélas !

Palmarès et parcours

A son tableau de chasse, un riche palmarès et une discographie importante. Onze disques de 45 tours, trois de 33 tours, six cassettes, quatorze CD audio en plus d’une centaine de spectacles chez lui au Bénin et plus de 80 à l’étranger, ce qui est impressionnant. A cela il faut ajouter de nombreux prix et distinctions dont il se souvient très bien, en homme organisé et conservateur. En 1967, il décroche le premier prix du concours des musiciens du Dahomey. En 1969, deuxième prix du concours des musiciens couronnés par radio Dahomey. En 1970, troisième prix du concours des musiciens récompensés par radio Dahomey. Autres récompenses et distinctions suivront. Il a remporté les 3 premiers prix du concours d’orchestre moderne. A deux reprises, le premier prix des deux concours organisés par l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB). Lauréat du concours organisé par la douane à l’occasion de leur fête patronale. Diplôme d’honneur et  1er prix du concours organisé par le ministre Théophile Béhanzin Paoleti, le 19 août 1970. Autant de mérites qui forcent l’admiration. La voix qui a mérité ses titres demeure toujours. Comme par exemple lorsqu’il fredonne ses chansons les plus écoutées : “E nan mian nuku“ ; “Djobimé“, “feeling you good“,…on a la chair de poule et on sent les battements de son cœur s’accélérer rien qu’à l’évocation de son palmarès. Heureux d’écouter un son pur qui éloigne de l’ennui.

Père d’une famille nombreuse de 8 enfants, il a fait bouger Senghor, danser Nkrumah lors de l’ouverture de la frontière Ghana- Burkina Faso. Toujours jeune avec une calvitie qui fait découvrir agréablement un crâne-archive, l’homme est fier d’affirmer : “ J’ai fait trépigner François Mitterrand“ ; un ex- président de la France. “J’ai également été trois fois au Vatican mais je n’ai pas réussi à embrasser le pape“, regrette-il mais avec un sourire qui décale sa moustache blanche et fait rayonner ses dents qui tiennent encore bon, sur un menton recouvert de barbe blanche. En 1964, intégration de l’orchestre “Los pantos“. Un an après, il forme son orchestre “Los commandos“ avant de devenir en 1966 “El Régo et ses commandos“.  Le septuagénaire, désormais paisible dans sa ferme de Cocotomey (banlieue de Cotonou), entouré de quelques animaux domestiques, qu’il trouve beaucoup plus sincères que les hommes, vaque à d’autres occupations. Sa seconde passion étant la boxe, des jeunes de divers horizons et de divers pays reçoivent une formation en la matière chez lui. Lui-même étant bien entendu le président de la ligue Atlantique-Littoral de boxe dépuis 2001. La jeune fille Amina qui remporte depuis 2008 le championnat départemental de boxe est son élève. Il a aussi dirigé la ville de Godomey pendant 15ans en tant que maire de1990 à 2003 avec le parti de l’Union pour la construction de Godomey (Ucg). Au sein de “Hot jazz“ à Porto-Novo, le regretté Gg Vikey, avec qui, il est élevé au grade de commandeur de l’ordre national du Benin le 4 octobre 2011, fut son guitariste avant de décrocher son baccalauréat pour s’envoler en France. Il retient toujours de ce fait l’attention de bon nombre de personnes. Mais El Régo est chevalier de l’ordre du mérite du Bénin depuis le 15 décembre 1995.

(Image réalisée par Campus numérique francophone de Cotonou au Bénin
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BENIN/PRIX DE L’INITIATIVE ETUDIANTE: Pour promouvoir l’excellence et l’esprit d’entreprise au sein des étudiants

Le campus numérique francophone de Cotonou, représentation de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf) au Bénin a servi de cadre à la conférence de presse de lancement du prix de l’initiative étudiante, le mardi 11 juin 2013.

(Image réalisée par Campus numérique francophone de Cotonou au Bénin

Logo du prix de l’initiative étudiante

(Crédit photo:babylas25)

Le Dr. Abdoulaye Salifou et Mme Francisca Dossou Adikpéto face aux médias

 

Ce prix, dont la première édition se déroule au cours de cette année 2013, vise « à distinguer le mérite et la valeur d’un étudiant ayant créé une production scientifique ou une création technique présentant une utilité pour la société et le développement et /ou la recherche », dixit Dr; Abdoulaye Salifou, Directeur du Campus numérique francophone de Cotonou.  C’est une initiative qui ambitionne de valoriser l’esprit d’innovation et de créativité, l’excellence, l’esprit d’initiative et d’entreprise au sein des étudiants.

Ainsi, au niveau de la cible, la Directrice du Cabinet Doss & Adk, coorganisateur du prix avec le campus numérique francophone de Cotonou, Mme Francisca Dossou Adikpéto précisera « le prix s’adresse à des étudiants de niveau licence et master âgés de moins de 35 ans et régulièrement inscrits dans une université reconnue par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames) ».  Les inscriptions au concours se font en ligne sous le lien http://formulaires.temp.bj.refer.org/dossier-de-candidatures-au-prix-de-l-initiative-etudiante-2013/

(Crédit photo:archives Uac)

Des étudiants dans un laboratoire de recherche à l’Uac au Bénin

Ce prix couvre les domaines suivants: énergie et environnement; santé; Tic; fabrication et construction; emploi et marchés; milieux de vie; aménagement et appropriation de l’espace humain, aux dires des organisateurs.

Lancé depuis le 22 mai  2013, la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 14 juin à minuit, heure du Bénin. Selon la Directrice du Cabinet Doss & Adk,  « le processus d’évaluation et de sélection des lauréats est placé sous la responsabilité d’un comité de sélection composé d’experts, de chefs d’entreprises et d’universitaires. Ce comité est chargé de sélectionner les trois meilleurs candidats. Au cours de la Nuit de l’Etudiant, ces trois finalistes présenteront leurs productions devant un grand jury qui procédera à l’attribution du prix ». Pour la petite histoire, le premier prix est doté d’une enveloppe financière de 600.000 francs Cfa, environ mille euros.

L’implication du campus numérique francophone de Cotonou

Selon le Dr. Abdoulaye Salifou, « de prime abord, l’Auf avait instauré depuis 2006, les prix scientifiques de la Francophonie pour jeunes chercheurs. Ainsi, l’idée de prix et de concours n’est pas une nouveauté au sein de notre agence. D’ailleurs, nous avons pris l’habitude de lancer des appels d’offres de bourses et de projets basés sur des critères sélectifs. Par cette opération, nous comptons aider à l’identification des étudiants talentueux ayant réalisé des productions originales tant sur le plan de la recherche que de l’innovation technique et technologique »

Par ailleurs, « deux des trois objectifs stratégiques de la programmation quadriennale de l’Auf en cours sont en liaison directe avec le prix de l’initiative étudiante », dira notamment le Dr. Abdoulaye Salifou. A preuve, « le premier objectif stratégique cherche à faire de la communauté universitaire francophone, une référence au plan international tandis que le troisième est relatif à l’émergence d’une nouvelle génération d’experts, d’enseignants chercheurs, d’acteurs du développement ».

Ainsi, l’innovation et la créativité restent déterminantes pour l’avenir de notre continent. Car, dans la société de la connaissance mondialisée, la croissance, la compétitivité et le bien-être de l’Afrique dépendront en grande partie de sa capacité à créer, à innover en s’appuyant sur la jeunesse. Il s’agit là d’un enjeu de taille qui mérite la contribution de tous.

 

couscous
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BENIN/VIE SUR LES CAMPUS: Vendredi de couscous au Restau U

Située au bord de la route inter -Etat Bénin Niger, l’Université d’Abomey- Calavi (Uac) est l’une des premières universités francophone de l’Afrique de l’Ouest.Créée en 1966 en collaboration avec le Togo et le Burkina Faso avant de devenir en 1972, le patrimoine du Bénin, elle a formé la plupart des cadres du pays. En dehors des études, plusieurs dispositions extra-académiques sont prises pour faciliter la vie aux étudiants. Parmi ces dispositifs, le Restau U ou cantine universitaire figure en bonne place. Découverte

Université d'Abomey-Calavi

Vue partielle de l’université d’AbomeyèCalavi

Construit non loin de l’entrée principale du campus de l’Uac, le Restau U, le plus grand restaurant estudiantin répond au besoin gastronomique d’un nombre impressionnant d’étudiants. On y mange à peu de frais. Le petit déjeuner est à 75 francs Cfa (moins d’un huitième d’Euro), le déjeuner à 150 francs moins d’un quart d’Euro) tout comme le dîner.

Les locaux de cette grande bâtisse qui doit avoir le même âge que l’université respirent la vétusté, poids des ans oblige! Bien que deux nouveaux restaurants ont été construits sur le campus, le restau U continue par avoir la faveur des étudiants aux heures d’affluence à cause de sa grande capacité d’accueil et de la modicité des prix pratiqués. Les étudiants ne prêtant gèrent attention au cadre. Ce qui les intéresse, ce sont les plats servis.

Le menu est établi au quotidien. Le vendredi est le jour du Couscous.  C’est un plat très prisé par étudiants, parce que sortant de l’ordinaire. C’est d’ailleurs ce qui justifie la longue file d’attente à l’entrée du Restau U vendredi dernier. Jour du couscous!

 

Vue partielle UAC

Vue partielle de l’UAC

Vendredi, jour du couscous

Le Restau U fonctionne à guichets fermés le vendredi. Pour la simple raison que les étudiants adorent le plat de couscous qui vient rompre avec les routine des autre

La stratégie n’a pas varié. Il faut occuper les premières places dans la file pour être vite servis. Ce qui oblige des étudiants à se mettre en rang déjà entre 9 et 10 heures pour un service opérationnel à partir de 11 heures 30 minutes.

Guy et son ami Franck ne ratent jamais cette journée. Ils sont des inconditionnels du plat de couscous du vendredi au Restau U. « Nous sommes toujours au rendez vous du vendredi», nous confie Guy d’un air très rassuré, les deux mains solidement accrochées aux barreaux.  Guy est en tête du rang. Franck le suit. Ce dernier est un bonhomme d’environ 23 ans. Il est habillé en pantalon et chemise manches longues. Le col de la chemise avalait son cou à peine visible sur laquelle dansait une petite tête. D’aucuns diraient qu’il est ravi à l’idée de consommer le menu du jour.

« je suis dans la première vague et même le responsable de la Police universitaire (Pu) ne pourra me déloger. Je n’aurai pas à essuyer un autre revers aujourd’hui », affirme-t-il hyper convaincu. Un  rire se déchaîne dans les rangs. Chacun veut s’exprimer mais Guy se précipite pour mettre une braise sur la pipe de son compère. «  À plusieurs reprises,  nous avons été victimes de la magouille de la police universitaire qui octroie des numéros d’ordre à certains étudiants, parfois depuis la maison. Mais aujourd’hui, après le petit déjeuner, nous nous sommes en même temps mis ici pour occuper les premières places ». Pour se rassurer davantage, il parcourt rapidement le rang du regard avant de conclure : « je ne finirai pas mon énergie avant le repas. J’attend 11 heures 30 min pour prendre le premier plat ».Bon appétit!