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BENIN / ECONOMIE / VIE DES ENTREPRISES: Un sauvetage à controverse

La dernière session du Conseil des ministres a fait la part belle aux réformes gouvernementales pour sortir la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) de l’impasse.

(Crédit photo: archives SONACOP

Direction générale de la Sonancop au Bénin

( Crédit photo: archives mairie de Cotonou)

Centre ville de Cotonou abritant la Direction générale de la Sonacop

Cette nouvelle tentative, par ces temps de marasme économique et de morosité nationale où la majorité des Béninois souffrent cruellement dans leur quotidien, alimente la polémique légitime de l’indignation et de la révolte. Plus de 600 milliards de francs Cfa (un peu moins d’un milliard d’euros) devront encore être décaissés pour tenter l’ultime sauvetage d’une société d’Etat en goguette chronique.
Pourquoi continuer à dilapider les maigres ressources nationales au profit d’une structure qui brille par la mal gouvernance ? Quand on sait que le Syntra-Sonacop est récemment monté au créneau pour dénoncer des cas avérés de malversation financière, on comprend mal l’empressement du pouvoir, nullement préoccupé par le passif d’une entreprise dont l’image a été suffisamment écornée par de nombreux scandales politico financiers par le passé, à lui redonner une nouvelle vie.
A bien y réfléchir, sauver coûte que coûte cette « brebis galeuse» et la ramener « au bercail » en dépensant à hue et à dia, est fort inopportune. Faut-il sauver l’entreprise Sonacop ? Oui, mais non sans indécence car la conjoncture nationale actuelle se prête peu à une générosité qui prend des airs de prodigalité. Le pays n’a pas les moyens d’un tel vice, loin s’en faut !
Evidemment on me demandera que faut-il faire ? Je répondrai : délester l’Etat d’une charge qui le plombe ; regarder du côté de certains repreneurs privés qui ne demandent qu’à récupérer une société à potentiel certain mais qui souffre d’une culture de gestion désastreuse dont tout laisse à penser qu’elle est héréditaire.
Car l’Etat, par les temps qui courent à bien d’autres chats à fouetter : la sécurité qui demande des moyens de plus en plus puissants ; la pauvreté des populations qui appelle une intervention d’urgence non sans une certaine approche providentielle ; l’énergie dont le déficit condamne irrémédiablement notre économie au surplace…
Ce n’est pas dans la résurrection artificielle d’une entreprise déjà mille fois morte et mille fois ressuscitée qu’on trouvera la panacée à des penchants fondamentalement mortifères.

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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