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L’espoir des spoliés de l’affaire de placement illégal d’argent vire au cauchemar

Affaire Icc services et consorts

Affaire Icc services et consorts

Le grand espoir suscité, il y a quatre ans, par la décision du gouvernement béninois de récupérer les avoirs des victimes de l’affaire dite Icc services et consorts, tourne visiblement au cauchemar.

« Les responsables de Icc services, de par leur mauvaise foi manifeste, ne veulent pas sortir la liste de leurs déposants en même temps qu’ils contestent la liste issue du recensement et le montant. Cela nous mène à une impasse ». Le cri de détresse de Sévérine Lawson, présidente du comité de suivi sonne du moins comme un aveu d’échec retentissant du gouvernement dans sa tentative de sauver les avoirs des Béninois spoliés par les agences illégales de placement d’argent. A la démarche de règlement amiable entreprise par l’Etat, les dirigeants de Icc services opposent une bataille juridique qui consume les derniers espoirs des épargnants de recouvrer leurs dépôts, quatre ans après les promesses gouvernementales. Gérard Accrombessi, l’une des victimes, dit avoir eu le ventre mou à l’écoute des jérémiades de l’Agent judicaire du Trésor devant les caméras des télévisions locales. « Ces gens-là nous prennent pour des cons. Plus les jours passent, plus je me rends que l’espoir de retrouver mes sous est vain », confie-t-il affligé. Tout comme les 750 000 francs Cfa qu’espère Gérard, son copain Christophe Dégbé semble ne plus entretenir aucune illusion sur les 350 000 francs Cfa que lui doit l’agence Icc services. «J’ai fini par comprendre qu’il s’agissait d’une promesse électoraliste. Le KO est déjà arrivé, Yayi est passé à autre chose. Tout ce qu’on vient nous dire à la télé n’est que de la comédie », se désole-t-il.

La bataille judiciaire en question
Quid de la procédure judiciaire en cours ! Plus grand-chose à attendre d’un procès improbable, à leurs yeux, la volonté des responsables de Icc services d’amener le comité de suivi à l’usure étant manifeste. « Ils veulent miser sur les délais, les règles de procédures. On peut dire, le maximum de la peine est de 10 ans, quand ils vont passer dix ans en prison, sur le plan droit, on ne peut plus les maintenir en prison », avait confié à la presse Sévérine Lawson en personne. Mais là où la procédure judiciaire laisse perplexes de nombreux spoliés, c’est la libération sous caution de certains responsables de Icc services. Même si on estime que ces derniers ont joué un rôle secondaire dans le scandale, leur sortie de prison ne leur donne guère l’assurance que la justice va accélérer la procédure pour ouvrir un procès dans les meilleurs délais.
Dans certains milieux de droit, des indiscrétions soulèvent la possibilité pour le juge de remettre en cause une série d’initiatives prises à l’encontre des agences de placement illégales, jugées sans aucun fondement juridique. Il s’agit notamment de la saisie et la vente des biens des responsables des agences de placements et de leurs agents sans aucune décision judiciaire. Aujourd’hui, bien qu’il ait pu mobiliser 1,3 milliards de francs Cfa à partir des biens et ressources saisies, le comité de suivi se retrouve dans l’impossibilité de payer les spoliés sans l’accord des responsables de Icc services. Ce que la présidente du Comité considère comme une mauvaise foi n’est visiblement que la manifestation de la primauté de la procédure judiciaire sur toutes les scénarii pensés par l’Etat pour voler au secours des spoliés. L’impuissance de Sévérine Lawson se justifie d’ailleurs par l’appel pressant qu’elle-même lance afin que la justice appuie sur l’accélérateur afin qu’on oppose à Guy Akplogan et compagnies un règlement forcé. En attendant, les spoliés continuent de souffrir le martyr tout en redoutant que l’espoir suscité par les bons offices du gouvernement, il y a quelques années, ne tourne définitivement en une désillusion épouvantable.

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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