Galerie

Ouidah, la ville musée

Séminaire St Gall de Ouidah

Séminaire St Gall de Ouidah

Située à 41 kilomètres à l’ouest de Cotonou, le principal port de la Côte du golfe du Bénin, Ouidah a été le témoin de nombreux bouleversements sociaux. En effet, au cours des siècles derniers, elle a servi de couloir de transit à plusieurs dizaines de milliers d’esclaves vers Haïti, les Antilles et le Brésil. Tout en jouant un rôle non moins négligeable dans le commerce colonial. Considérée de nos jours, comme une cité se conjuguant au passé, elle est un véritable centre religieux avec les stigmates de quatre siècles de colonisation portugaise. A l’entrée de la ville, le visiteur est tout de suite renseigné par un monument géant sculpté sous l’architecture des parvis médiévaux au fronton duquel on peut lire, «Cité historique de Ouidah». Les bas-reliefs dessinés tout autour du monument attestent des richesses touristiques et culturelles des lieux. L’évocation des appellations « musée historique de Ouidah, fort français, route de l’esclave, mémorial de Zoungbodji, basilique de Ouidah, séminaire St Gall, temple des pythons, rappelle le rayonnement de la ville par le passé. Pour remonter le cours de l’histoire, on peut y retrouver de nos jours encore, les vestiges des premiers contacts du Bénin avec le monde occidental, notamment le mémorial des missions africaines et le cimetière français, créé en 1892 pendant la guerre de conquête du Dahomey. Autres images forces, la basilique, le fort portugais et les ruines du fort français qui sont de hauts lieux d’histoire…A l’intérieur de la ville, la floraison des maisons en terre battue dans une architecture de type colonial surprend le visiteur. Qui finit par comprendre les raison de l’influence portugaise sur la ville béninoise. En son temps, le fort portugais, baptisé en portugais »Cesarea San Joâo de Ajuda » (Fort Saint Jean de Ouidah) atteste de la présence portugaise sur les côtes béninoises il y a bien longtemps. Les colons portugais étaient descendus à Ouidah bien avant les français. En effet, la construction du fort remonte à 1721 et à l’origine, il était destiné au commerce des esclaves. D’une superficie d’un hectare environ, c’est l’unique fort encore présent à Ouidah et, par le passé, il abritait une résidence officielle, une chapelle, une garnison et des casernes. Le fort fait fonction aujourd’hui de musée et on y retrouve des collections. Cohabitation des divinités avec les hommes L’étranger qui visite Ouidah pour la première fois, est surpris par la promiscuité des habitations où cohabitent les divinités et les hommes. Encore que les nombreuses rues sous forme de labyrinthes, les maisons s’imbriquant entre elles, donnent l’impression d’une œuvre inachevée, se refusant à la modernité. Mais c’est là que résident le charme et l’originalité de la localité aux yeux de ses ressortissants. Aux yeux des ressortissants, Ouidah est le berceau du vaudou par excellence. Raison pour laquelle on y retrouve toutes les divinités du centre et du sud Bénin. D’autant que, les esclaves, avant de s’embarquer pour la grande aventure, laissaient derrière eux toutes leurs croyances ancestrales. Autre trait marquant de la ville, la cohabitation œcuménique. Pour la petite histoire, la basilique Notre Dame de l’Immaculée Conception construite en 1909 fait face au temple des pythons. D’aucuns expliquent ce fait singulier par la coexistence pacifique entre la religion catholique et les pratiques animistes du terroir.

The following two tabs change content below.
babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *