Les embouteillages, la bonne excuse pour le retard au travail

Article : Les embouteillages, la bonne excuse pour le retard au travail
9 novembre 2012

Les embouteillages, la bonne excuse pour le retard au travail

Chaque matin dans l’administration publique nationale, la liste des retardataires ne cesse d’accroître. Face aux mesures répressives visant à contrôler la ponctualité des travailleurs, un argument a été très vite trouvé : les embouteillages…

«Il faut tenir compte de son lieu de travail et quitter tôt le domicile. Ne pas le faire, c’est autant prétexter de l’embouteillage quand on va à un entretien de recrutement ou à un rendez-vous d’affaires». C’est le commentaire de Wenceslas Mahoussi, consultant formateur au sujet des supposés embouteillages qui justifieraient les nombreux retards dans l’administration nationale publique.

Tous les jours ouvrables, ils sont très nombreux, ces travailleurs qui prétextent des bouchons sur tel axe routier ou telle autre artère de la métropole économique, pour violer la règle de la ponctualité au poste. Dans un passé récent la persistance du phénomène a conduit à une série de mesures drastiques. Liste de présence, surveillance électronique, système biométrique, fermeture de portail… Sans grand succès hélas ! Veillant au grain, le génie béninois a su puiser au plus profond de ses méninges pour trouver la parade. Chaque fois, l’échappatoire prend ainsi le dessus. «J’étais dans un go slow» est devenu la potion magique pour justifier les retards au poste à Cotonou. Pourtant, la volonté politique au sommet de l’Etat n’a pas fait défaut. D’abord, c’est le président de la République lui-même qui a donné le top du contrôle de la ponctualité des agents au poste. En allant à l’improviste au début de son premier quinquennat dans certains services publics pour s’enquérir des conditions d’arrivée dans l’administration. A l’époque cela avait fait tache d’huile. Plus tard, un ministre de la République s’est illustré dans le même exercice, allant jusqu’à se pointer dans la cour de son ministère pour recueillir la liste des retardataires. Ces mesures qui ne durent jamais dans le temps, ont finalement laissé plus d’uns perplexes.

Les contrôles de routine et les mesures répressives, ne suffisent plus pour venir à bout des abonnés au retard dans l’administration publique. Le spectacle est quasiment le même tous les matins. «La horde de travailleurs qui se présentent au travail après 8 heures dépasse de très loin, ceux qui viennent à l’heure», se désole Joël Francis Kpadénou, jeune diplômé sans emploi. Pendant qu’on évoque une perte d’environ 73,2 milliard de francs CFA par an, à cause du retard et l’absentéisme, soit l’équivalent de 10.000 à 12.000 postes à plein temps.

Alors qu’au niveau du privé, la pagaille de la justification des retards par les embouteillages sur les axes routiers, n’a pas lieu. C’est dire donc qu’avec un peu plus de rigueur et d’intransigeance, le pari de la ponctualité pourrait être gagné au niveau de l »administration publique.

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