Déchets
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BENIN/GESTION DES DECHETS ELECTRONIQUES: 500 milliards pour relever le défi

Le Millenium institutes for local development (Mild-Ong) a publié en septembre 2012, un document détaillant son plan de gestion des déchets électriques et électroniques au Bénin. Cette toute première initiative sur le continent vise à épargner, les populations béninoises des risques et dangers liés à la mauvaise gestion des déchets toxiques électroniques.

Par déchets électriques et électroniques il faut entendre « tout déchet d’un produit ou d’un équipement fonctionnant grâce à du courant électrique ou des charges ou des champs électromagnétiques, c’est-à-dire tous les équipements fonctionnant avec une prise électrique, une pile ou un accumulateur ainsi que leurs composants ». Sous ce vocable, on regroupe les appareils tels que les produits blancs ou appareils électroménagers ; les produits bruns ou appareils audiovisuels ; les produits gris qui comprennent les équipements informatiques et bureautiques ; les produits ou matériels d’éclairage ; les autres produits ou équipements électriques et électroniques à l’exception des gros outils industriels fixes. En effet, «  les ampoules électriques et les appareils électroniques contiennent des métaux lourds qui sont à la base de la production de l’énergie électrique que nous utilisons pour l’éclairage de nos maisons et nos rues, et pour faire fonctionner nos équipements électroniques », rapporte le « Manifeste pour la gestion écologiquement rationnelle  des déchets électriques et électroniques au Bénin et en Afrique

(Crédit photo:babylas serge de souza)

De vieux postes téléviseurs venus d’Europe stockés dans la cour d’une habitation

 », un document produit par Rogatien Biaou, expert et consultant international des questions environnementales.

À ce titre, ces déchets présentent des conséquences graves sur la santé humaine et méritent une attention et une gestion toute particulière. Par exemple, on sait que les ampoules incandescentes, néons ou fluorescentes contiennent du mercure. À fortes doses, le mercure affecte les reins et le foie. Aussi, les ondes émises, ajoutées au phénomène stroboscopique dû à la fréquence de 50 ou 60 hertz, selon les continents, abîment les yeux de façon irréversible. La situation que nous vivons au Bénin est donc très alarmante. Ces déchets jetés ça et là dans l’atmosphère dégradent nos terres, polluent l’atmosphère, appauvrissent les nappes phréatiques et parfois même, les matières premières se retrouvent dans nos assiettes par l’entremise des aliments que nous consommons.

                                      La santé n’a pas de prix    

Dans le Manifeste publié à l’occasion de la célébration du 10ème anniversaire  du Mild-Ong, le budget prévisionnel du programme décennal de la collecte, tri, stockage puis traitement des déchets électriques et électroniques sur toute l’étendue du territoire béninois  s’élève à 4 milliards 850 millions soit 485 millions de francs Cfa par an. Ce programme est reparti en trois phases. La première phase, de 2012 à 2015, consacrée aux communes à statut particulier est estimée à 500 millions de  francs  soit 770 000 Euros. Ce montant est repartis sur Cotonou, avec 200 millions de francs soit 310 000 Euros ; Porto-Novo avec 150 millions de francs soit 250 000 Euros et Parakou 150 millions de francs soit 250 000 euros. La deuxième phase du programme de 2015 à 2018 est axée sur les chefs-lieux  des départements qui ne sont pas des communes à statut particulier, y compris Abomey-Calavi. Son coût global est de 1,1 milliards de francs soit 2 millions Euros. Il est reparti comme suit : Abomey, Lokossa, Natitingou, Abomey-Calavi nécessitent 125 millions de francs soit 200 000 Euros, chacune. Djougou, Grand-Popo, Kandi, Kétou, Ouidah et Savè, tous les chefs-lieux non confirmés, s’élèvent à 100 millions de francs soit 170 000 Euros chacune. La troisième phase du programme qui prendra en compte les chefs lieux de communes qui ne sont ni chefs-lieux de communes à statut particulier, ni chefs-lieux de départements, soient 65 communes, y compris Godomey, est évaluée à 3 milliards 250 millions de francs, soit 5 millions 500.000  Euros,  à raison de 50 millions de francs par commune.  Vivement, que les fruits tiennent les promesses des fleurs dans cet ambitieux projet d’assainissement de l’environnement national, ô combien délabré!

ferraille
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BENIN/Recyclage des rebuts de fer : une activité pour la jeunesse en quête d’emploi

Le recyclage des rebuts de fer est une activité florissante qui occupe les jeunes désœuvrés de la ville de Cotonou et ses environs.

A destination de la Chine, de l’Inde, de Singapour et dans une moindre mesure de la Hollande, le commerce de la ferraille devient une activité de plus en plus florissante même si des doutes subsistent sur son organisation en tant que filière, dans l’optique d’une formalisation. Il est difficile de sillonner les villes de Cotonou, Abomey-Calavi et bien d’autres du pays sans croiser des jeunes traînant des pousse-pousse pour acheter de la ferraille. « Gankpo gblégblé »,  en langue locale fon, ce qui littéralement traduit signifie dans la langue de Molière « fer gâté, ferraille… » : C’est à ce cri de ralliement qu’il faut identifier ces acheteurs de ferraille à la criée qui sillonnent les rues et les ruelles des grandes agglomérations en quête de ferraille à acheter.

Au départ, ils n’étaient pas nombreux, mais aujourd’hui ils dépassent plusieurs milliers. Difficile de comprendre comment une pareille activité a pu réunir tant de jeunes d’horizons divers. Selon Marwane Salou, un Nigérien résidant à Cotonou depuis une dizaine décennie, «une activité qui fleurit, quelles que soient sa provenance et sa nature, attire du monde. Et ceci explique aujourd’hui l’incursion de plus en plus de Béninois dans ce secteur ». Responsable d’un centre de gestion de rebuts de fer, Marwane Salou emploie différentes catégories de jeunes dynamiques et acquis à la cause. « Il y a des élèves qui viennent pendant les week ends, les congés et les vacances. Sur la vingtaine d’employés qui exercent avec moi, la bonne partie est constituée d’élèves encore sur les bancs. Il y en a qui sont en fin de formation et qui viennent tirer un peu de gain pour leur diplôme de fin de formation ». Un secteur peu rentable mais qui nourrit un tant soit peu cette couche de jeunes scolarisées et d’apprentis en quête de gains.

Une activité peu rentable

Pour Marwane, le kilogramme de ferraille est acheté auprès des jeunes traîneurs de pousse-pousse qui font la collecte des morceaux de fer dans les concessions et ménages, ainsi que sur divers lieux de stockage d’accessoires en fer. Si ces derniers sont censés acquérir le kilo de ferraille à un prix raisonnable, à moins de cent francs Cfa (quelques centimes d’Euros, parfois même à cinquante francs, ils le revendent à cent vingt cinq franc au prix élevé. Les responsables participent pour la plupart des cas aux besoins financiers de ces jeunes qu’ils managent. « Nous leur remettons un pousse-pousse et de l’argent. Par jour dans leur randonnée, ils gagnent entre 50 et 75 francs Cfa sur le kilo de ferraille sur des acheteurs », explique Marwane. Certains jeunes, par contre, exercent sur les lieux de regroupement de la ferraille de façon permanente. « Au nombre de trois au total, ceux que nous avons en permanence ici sont rémunérés à 4500 francs (environ 7 euros) par jour », confie-t-il. Ezéchiel Kottin, un jeune collégien, exerce à temps partiel et pense que c’est une activité qui le soulage dans les moments difficiles. « J’exerce cette activité de façon temporaire pour joindre les deux bouts. Grâce à elle, j’ai pu payer ma contribution scolaire.  Je me débrouille pas mal avec l’argent bien que ce ne soit pas beaucoup. Je me plais dans cette activité, et je ne compte pas la laisser de si tôt si je ne trouve pas d’autres opportunités », indique le jeune élève en classe de quatrième.

ferraille

rebuts de ferrailles

ferraille

rebuts de ferraille

Le volet assainissement

Outre le fait que cette activité permette aux jeunes ou à d’autres personnes sans emploi ou désœuvrées  d’assurer leur subsistance, elle contribue à également à l’assainissement de la ville en la débarrassant des déchets et débris de ferraille. Sans que les autorités de la mairie de Cotonou ne leur reconnaissent cette œuvre de salubrité publique en continuant à harceler les opérateurs de ce secteur informel avec à des taxes et des impôts.  « On nous impose des taxes et des impôts que nous peinons à payer. Pis, quand bien même l’activité n’est pas reconnue, on nous taxe fortement, et bien que nous payons ils reviennent toujours à la charge pour nous rançonner », confie avec amertume un opérateur ayant pignon sur rue à Cotonou. Pourtant, relève-t-il, « parce que ce nous faisons, est salutaire pour la ville, la mairie devrait nous décorer parce que nous rendons la ville propre ». Le commerce des ferrailles qui encombrent les ménages et autres lieux publics, assainit la ville qui regorge de déchets néfastes à l’environnement. « C’est des rebuts de fer, des objets usagés que les gens abandonnent au bord des rues que nous achetons. A ce titre, nous devrions avoir notre place et notre mot à dire », défend Marwane.

En dehors de la pression fiscale ceux qui s’adonnent à cette activité courent bien d’autres risques. « C’est vraiment un métier à risques. Pour une pièce achetée à un apprenti à cent ou à deux cent francs, vous vous retrouvez au commissariat en train de payer 250.000 francs», confie Abdou Mahamane, un vendeur. Aussi, la formalisation d’une telle activité n’est-elle pas pour aujourd’hui, bien que diverses taxes soient perçues par les autorités municipales. « L’activité est formelle mais elle garde toujours son caractère informel, malgré les taxes perçues auprès de nous par la mairie de Cotonou ».

Pour la défense de leurs intérêts, une association, portée sur les fonts baptismaux, est à pied d’œuvre. Le secteur regroupe environ trois cent centres de collecte autour desquels s’activent plus de cinq mille jeunes.

Cars rapides
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SENEGAL/ MondoblogDakar /Gros plan sur les cars rapides

Les cars rapides, véhicules de transport en commun, ne manquent pas d’attirer l’attention de l’étranger qui débarque pour la première fois à Dakar, par des peintures de couleurs vives qui les décorent et la dextérité de ses conducteurs à se faufiler dans la circulation.

un car rapide

Un car rapide à Dakar
(Crédit photo:Eric AHOUNOU)

Impossible de rater les jaunes et bleus dans la circulation à Dakar, la capitale du Sénégal. Communément appelés cars rapides ou rapides par certains,  ces véhicules font partie intégrante du décor de la vieille cité. Et ne manquent pas d’attirer l’attention à cause de leurs formes irrégulières, les couleurs vives qui les décorent et les matériaux grossiers qui ont servi à leur fabrication. Selon Moktar Ba propriétaire de cars rapides, «c’est en 1976 que remonte l’avènement des cars rapides. A l’époque ces camionnettes de marque Renault ou Saviem, hors d’âge étaient environ 380, mais aujourd’hui on en dénombre plus d’un millier en circulation ». En dépit de la suppression de la chaîne de fabrication de la chaîne de ces véhicules en France.

L’intérieur des rapides toujours peint en bleu foncé n’arrive pas à cacher des imperfections au niveau de la tôlerie et de l’aménagement intérieur puisque les modèles en circulation aujourd’hui, sont de grossières copies fabriquées sur place et dotées d’un moteur d’occasion quelconque. Au fil du temps, avec l’usure, le plancher en bois, de même que l’aménagement intérieur prennent un coup et révèlent leurs limites/Au grand dam de passagers stoïques continuant à subir des désagréments auxquels ils finissent par s’habituer, faute de mieux.

Une affaire rentable

Pour la petite histoire, ces véhicules « maison », rafistolés de toutes parts et chichement décorés avec des images de guides spirituels, de stars du football , de la lutte traditionnelle et des arts comme pour conjurer un mauvais sort, mieux, protéger les passagers contre d’éventuels accidents, surtout que certains détracteurs n’hésitent pas à comparer les cars rapides à des cercueils volants. Transportaient 19 passagers au départ avec la réforme du secteur des transports en commun, ces véhicules transportent aujourd’hui 25 passagers.

Pour le Sénégalais lambda, l’affluence autour des rapides s’explique par les bas prix pratiqués  pour le transport des passagers dans la ville et ses environs. Le prix de la course varie entre 150 et 200 francs Cfa, soit environ quelques centimes d’euros.

A l’achat un véhicule de fabrication locale coûte entre 5 et 6 millions de francs (entre 7 633 et 9 160 euros) au propriétaire qui le confie à un conducteur  qu’il paie entre 70.000 et 80.000 francs le mois, (entre 110 et 130 euros). A charge pour ce dernier de verser à son employeur,  quinze mille francs à la fin de chaque journée de travail. Quand on sait  qu’en un mois d’exploitation, un propriétaire de car rapide peut se faire entre 250 et 300.000 francs de bénéfice après déduction des charges, il est loisible de comprendre la rentabilité de ce commerce qui a encore de beaux jours. Surtout que, de sources dignes de foi,  l’investissement de base pour l’acquisition du véhicule est amorti en moins de deux ans. Alors que l’exploitation du car rapide, peut s’étaler sur 5 à 7 ans voire plus.

 

Des lapins de Pâques
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Joyeuses Pâques

Oeufs de Pâques

Oeufs de Pâques ukrainiens

En ce temps de fièvre préparatoire pour l’atelier de Dakar au Sénégal dont les travaux sont prévus du 6 au 14 avril 2013, il me plait de revisiter pour les amis de la plateforme RFI/Mondoblog, les visiteuses et les visiteurs, de plus en plus nombreux, la tradition de la Pâques, cette fête chrétienne par excellence, commémorée demain dimanche 31 avril 2013, dans le monde entier.

Contrairement à la Noël, la Toussaint ou la fête des morts, la date de célébration pascale change chaque année. D’où son caractère de fête mobile obéissant pourtant à des règles bien établies. A preuve, à travers Pâques, on célèbre la résurrection de Jésus-Christ en souvenir du jour où ses disciples se rendirent à son tombeau et découvrirent que celui-ci était vide, trois jours après sa mort sur la croix. Sur le chemin du retour, les disciples rencontrèrent Jésus ressuscité  et commencèrent à répandre la bonne nouvelle. La suite, on la connait…

Pour le commun des mortels,  la détermination du jour de Pâques a toujours été un casse-tête. En ce sens que cette date n’est pas fixe et change chaque année. Avec la constante qu’elle doit se dérouler le premier dimanche suivant la première pleine lune ecclésiastique du printemps. Bien entendu, la pleine lune ecclésiastique ne correspond forcément pas à la pleine lune astronomique. Par ailleurs, cette date doit impérativement tomber entre le 22 mars et le 25 avril.

Pâques est un jour de fête et d’allégresse. Tous les interdits du Carême sont ainsi levés. La période de Pâques est appelée  le « temps pascal ». Traditionnellement, l’agneau pascal – en commémoration du Christ, « agneau de Dieu » – est consommé le jour de Pâques. Mais à défaut, on peut se contenter tout simplement des œufs de Pâques, un symbole chrétien.

En effet, pour la circonstance, des œufs en sucre, en chocolat ou des œufs durs sont décorés le plus souvent par les enfants. En Belgique comme en France, la tradition veut que les œufs soient offerts le matin du dimanche de Pâques. Les œufs étant cachés dans la maison ou le jardin, il revient aux enfants de les trouver. Ce qui crée une folle ambiance.

En Angleterre ou aux États-Unis, le symbole de la Pâques est représenté par un lapin. Aux Africains de puiser dans notre imaginaire collectif pour trouver un symbole, voire des symboles, en harmonie avec ces réalités venues d’ailleurs.

Joyeuses Pâques à toutes les Mondoblogueuses, à tous les Mondoblogueurs, à tout le Staff RFI/Mondodoblog ainsi qu’à tous les partenaires à divers niveaux.

A bientôt.

Pré collecte des ordures ménagères
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La pré-collecte des ordures ménagères, un créneau porteur

Les éboueurs ont pour vocation de débarrasser les ménages abonnés à leurs services de leurs lots quotidiens de déchets ménagers. Une activité quoique assimilée à une basse besogne dans l’imaginaire collectif national, permet à nombre de personnes de s’éloigner des affres de la précarité et du chômage.

Pré collecte des ordures ménagères

pré collecte des ordures ménagères à Cotonou

 

Quarante mille francs Cfa (environ 80 euros) par mois. C’est le salaire moyen d’un éboueur. Les Organisations non gouvernementales (Ong) de pré-collecte d’ordures ménagères qui strient la ville de leurs charrettes et tricycles fournissent ainsi de l’emploi à des centaines de Béninois. Tenez, il y a, rien qu’à Cotonou, 77 de ces Ong, qui emploient sur toute l’année et de façon permanente au moins trois personnes, et des travailleurs occasionnels pour des tâches ponctuelles, des remplacements ou des renforts.

Petit arrêt dans une de ces structures ayant à charge l’hygiène de la ville. Ici, à l’Association des frères de l’humanité (Afh), le premier pas dans la rue pour vider les poubelles des maisons remonte à 1998, mais de façon officielle, cette Ong existe depuis l’an 2000. Elle a plusieurs employés : deux éboueurs réguliers à 40.000 francs Cfa par mois chacun et un éboueur occasionnel payé à la tâche, sans oublier les percepteurs engagés de façon ponctuelle pour le recouvrement des redevances auprès des ménages chaque mois, des percepteurs ristournés de 1500 à 2000 FCFA sur 10.000 F Cfa de recouvrement au profit de l’Ong. En plus de ces travailleurs, il y a un bureau constitué du directeur, d’un adjoint ou vice-président chargé du suivi et d’une trésorière, payés selon les frais d’abonnement collectés auprès de la clientèle. Leur salaire est donc tributaire de la moisson récoltée. Ledit salaire varie entre 15.000 et 35.000 francs Cfa par mois, en fonction de la régularité de paiement des abonnés. A titre d’illustration, l’Ong Afh couvre 827 maisons sur la zone de Houèyiho II dans la partie est de Cotonou. Des 827 maisons, seulement 178 ont souscrit l’abonnement aux services d’Afh, soit 21,52% du total. Même pas le quart. Un problème environnemental sérieux, car le constat prouve que certains de ces non-abonnés se débarrassent de leurs ordures dans les bas-fonds, ou les vident dans les voies d’évacuation d’eaux usées de façon plus ou moins discrète, voire carrément dans la rue, sur les terrains vagues ou des maisons en chantier abandonnées. Une attitude qui fait dépenser la municipalité de Cotonou, par exemple en travaux supplémentaires dans les caniveaux et autres collecteurs d’eaux usées, qu’il faut déboucher. Conséquence, les impôts des citoyens sont détournés d’objectifs importants pour refaire un travail résultant de l’incivisme…mieux de la pauvreté.

Le ramassage d’ordures ménagères coûte en moyenne 2.000 francs Cfa (3 euros) par maison. Mais le prix peut varier en fonction du volume de déchets, du nombre d’habitants de la maison ou du nombre d’appartements dans l’habitat. Ainsi, certains domiciles peuvent payer 1.500 francs tandis que d’autres foyers paient 2.000, 2.500 voire 3.000 francs Cfa par mois pour trois interventions des éboueurs par semaine.

Un énorme manque à gagner

Selon Rosaire Kassa, vice-président de l’Ong Afh, sur les 178 maisons couvertes, beaucoup ne paient pas leur contribution. Ce qui fait que parfois, les contrats sont rompus et certains arriérés ne sont jamais recouvrés. « Pour ce mois de mars, nous devons collecter au moins 208.000 francs Cfa, rien que pour les abonnés de l’ordre de 2.000 francs par mois », dit-il. Mais il n’est pas sûr qu’eux tous paieront, pas plus que les abonnés de 1.500 francs ou les autres. « Or si tout le monde payait régulièrement ses dus, les Ong travailleront mieux parce que cet argent sert à nous payer mais aussi à assumer toutes les autres charges (loyer, eau et électricité, charrettes et imprévus, etc., ndlr) », conclue-t-il. De plus, la mairie ne leur prélève rien. Comme quoi, les ordures,  ont des avantages.

Selon Ganiou Akande, directeur de la Coordination des Ong de gestion des déchets ménagers et de l’assainissement (Cogeda), l’instance qui dirige toutes les Ong de pré-collecte des ordures ménagères à Cotonou, il existe dans la capitale économique 12 dépotoirs ou points de regroupement. C’est dans ces endroits que les Ong de collecte d’ordures vident leur « moisson », qui est collectée et convoyée par la suite hors de la ville pour traitement, notamment à Ouessè, où se trouve un site d’enfouissement sanitaire. Cette tâche est effectuée conjointement par la Cogeda, la Direction des services techniques de la mairie de Cotonou et des entreprises spécialisées, telles qu’Omoloto.

Encadré 

 Une charrette de collecte d’ordures ménagères coûte de 250.000 à 300.000 francs Cfa (entre 400 et 500 euros). Un tricycle motorisé de collecte d’ordures coûte environ 800.000 francs (environ 1 200 euros) selon la marque. De 35 concessions abonnées à Cotonou en 1991, le nombre a évolué pour atteindre 71 concessions abonnées en 1993, 267 en 1994, 1046 en 1995, 12.500 en l’an 2000, 24.065 en 2003, et plus de 40.000 en 2013.

 

 

Vente à la sauvette
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La vente à la sauvette ou le commerce de la course contre la faim

À défaut d‘être au centre des préoccupations lors de la journée internationale de la femme, l’activité génératrice de revenus qu’est la vente à la sauvette, mobilise de nombreuses concitoyennes, bien que source d’autonomisation pour la femme, n’est pas dénuée de risques.

Vente à la sauvette

Vente à la sauvette à un carrefour de Cotonou

Vente à la sauvette

Vente à la sauvette à un carrefour de Cotonou à la tombée de la nuit

Akpakpa, Poste kilométrique 3,5 au carrefour de la poste du Bénin. Sept heures ce mercredi du mois de mars.  La circulation commence déjà par s’intensifier. Aux abords de ce grand carrefour de Cotonou Est, sont discrètement exposés des étalages de denrées alimentaires comme du pain, des fruits mais également, divers produits pour les besoins de l’usage domestique. Point n’est besoin pour celui qui dans un véhicule voudrait acheter ces marchandises de s’arrêter pour stationner. Profitant du ralentissement des véhicules, plusieurs femmes se précipitent vers les automobilistes et leurs passagers pour proposer à l’achat divers articles.

Entre la quinzaine et la quarantaine d’années, ces revendeuses ambulantes exercent leurs activités pour joindre les deux bouts comme on le dit vulgairement ici.  Blandine, dix-sept ans, s’adonne à la vente à la sauvette depuis quatre ans. D’un ton calme et posée, elle explique que c’est grâce à cette activité qu’elle arrive à s’assumer. « Je peux gagner jusqu’à mille francs (1, 60 euros) par jour », indique-t-elle.

Élève en classe de quatrième, elle s’adonne à cette activité à ses heures creuses.  Sans fonds de commerce, elle s’approvisionne à crédit et règle sa facture le soir. « Lorsque je ne vais pas à l’école, je viens vendre ici. Je propose des marchandises comme du pain ou des fruits aux passagers des véhicules. Nous avons des  grossistes qui nous livrent les marchandises et à la fin de la journée, nous leur faisons le point de la vente de la journée. Par exemple, je prends du pain à quatre-cent cinquante et je revends à cinq-cents francs. Donc sur chaque pain vendu, je gagne cinquante francs. Le reste de la marchandise je le restitue et le lendemain je reviens à la charge » raconte-t-elle. Si non je viens quand je n’ai pas cours. L’argent que je gagne me permet d’aider mes parents à subvenir à certains de mes besoins », raconte-t-elle, visiblement fière de mener une activité économique en dehors des classes.

Elles sont nombreuses, ces femmes qui, comme Blandine,  procèdent ainsi pour subvenir à leurs besoins. Très tôt le matin, elles vont chercher des articles et prennent d‘assaut les grands carrefours de Cotonou à la recherche de leurs pitances. En prenant d’énormes risques sous le soleil voire bravant parfois la pluie pour proposer des articles à la clientèle que constituent les passagers des nombreux véhicules en circulation sur cet axe routier, Ainsi, elles courent toute la journée à la recherche des acheteurs. Inhalant les fumées des gaz d’échappement des véhicules sans se soucier des dégâts éventuels sur leur santé.

Courses poursuites aux abords des routes

Un taxi allant sans doute vers Sèmè ralenti pour prendre un passager dans les environs du carrefour « la Poste » à Akpakpa. Une horde de vendeuses à la sauvette se rue sur lui. Un passager, hésita un instant, puis d‘un geste de la main, fit appel à une vendeuse d‘oranges. Après discussions le marché est conclu. Pendant que Jeanne, la vendeuse, tend la marchandise à son client, le chauffeur du taxi relance son moteur et démarre. Elle s’élance alors à la poursuite du véhicule pour livrer sa marchandise et encaisser.

« C’est ainsi que cela se passe tout le temps », explique-t-elle heureuse d‘avoir réussi à vendre à un client. « J’ai vendu pour deux-cents francs. Je gagne presque vingt-cinq francs de bénéfice sur cette vente. Si je réussis à vendre à quarante personne dans la journée, je suis à mille francs », explique-t-elle contente de bien commencer sa journée.  Elle raconte ensuite que les chauffeurs refusent parfois de patienter pour que les passagers finissent leurs achats avant de reprendre la route. Toute chose qui fait courrir le risque de se faire ramasser par un autre véhicule où que des gens de mauvaises foi emportent l’article sans en avoir payé le prix.  Malgré ces risques Blandine explique vilubile : « je dois faire quelque chose pour soulager les dépenses de mes parents pour ma scolarité ». Cette adolescente estime également  qu’elle doit faire cela pour aider ses parents, même si cela comporte des risques. « Je sais que ce n’est pas bien de vendre ainsi mais, faire faire ? », s’interroge-t-elle avant d‘ajouter : « qu’est-ce qui est sans risque dans ce monde…».

Assiba, la trentaine, mère de trois enfants renchérie et précise que c’est la meilleure manière de vendre. « Pour assurer les besoins fondamentaux de nos enfants, nous sommes contraintes de venir ici, qui pour aider les parents, qui pour vendre espérant que le soir, nous pourrions préparer et manger à notre faim » raconte-t-elle tout en se sauvant vers une voiture qui vient de garer. « C’est un client potentiel », explique Blandine qui, à son tour court vers le même véhicule.

Pratique dangereuse

Jérôme, chauffeur de taxi condamne la vente à la sauvette. Pour lui, c’est une situation à corriger : « C’est vraiment dangereux pour ces gens de se faufiler entre les véhicules pour chercher des clients, alors qu’elles n’ont pas la garantie que ces véhicules vont s’immobiliser. Elles courent des risques d’accident. Si la police pouvait faire quelque chose on éviterait des accidents du fait de l’imprudence de ces femmes, qui parfois ont un bébé au dos ».

La présence des forces de l’ordre n’inquiète pas outre mesure ces vendeuses qui bravent le danger. Tout se déroule sous le regard discret des agents de la police urbaine, occupés plutôt à réguler la circulation où à contrôler les pièces des véhicules. Approché l’un d‘entre eux indique que l’activité serait interdite mais il n’avait pas reçu mandat pour réprimer la pratique tout en se réservant de tout autre commentaire pour ne pas s’attirer les foudres de la hiérarchie, très tatillonne sur ces questions.

La vente à la sauvette, activité informelle par excellence, mais génératrice de revenus, contribue à nourrir une frange non moins négligeable de la population béninoise. Source d‘autonomisation pour la femme, elle gagnerait à être mieux organiser pour éviter à ses acteurs, majoritairement des femmes, de nombreux désagréments..

Ecole de fortune
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Le droit à la scolarisation en panne d’argent

Le droit à l’éducation est désormais un dilemme pour les pouvoirs publics depuis plus de trois ans où l’école béninoise est agitée par les vagues de non paiement des subventions et de défalcations tout azimut, pour faits de grève.

des écoliers laissés pour compte

Des écoliers laissés pour compte en zone lacustre dans le sud Bénin

Les subventions plombent le fonctionnement normal des écoles béninoises depuis quelque temps. Finie la satisfaction manifestée par les responsables des établissements d’enseignement scolaire tout au début de la signature de l’accord des subventions entre le pouvoir et les écoles primaires publiques. Les difficultés de l’école publique nationale au cours de ces trois dernières années font craindre le pire à bien des observateurs avisés. Et pour cause. D’un million cinq cent à deux millions de francs Cfa, (environ 1600 à 3100 euros), les écoles sont actuellement financées à hauteur de neuf cent mille (environ 1450 euros), au cours de ce triennal. Basée sur l’effectif de chaque établissement au début du projet, les subventions aujourd’hui tiennent compte du nombre de classe par école. Cette disposition du ministère fait suite à des magouilles orchestrées dans les rangs de certains directeurs d’école qui n’ont pas hésiter à trafiquer les statistiques traficotées et à gonfler les chiffres, afin de bénéficier d’un important accord de financement au niveau de leurs écoles. Face à cette situation,  le ministère en charge de l’enseignement maternel et primaire trouve une autre stratégie pour l’octroie des subventions. Selon M. Jean-Marie Gbaguidi, directeur de l’école primaire Cs Gbessou dans la commune de Sô-Ava, chaque établissement scolaire bénéficie de subventions au prorata du nombre de classes, à raison de cent cinquante mille francs (près de 245 euros) par classe. Une disposition qui crée des grincements de dents au niveau des bénéficiaires qui n’ont pas hésité à monter au créneau pour se faire mieux par les autorités ces derniers, notamment dans les communes d’Abomey-Calavi et de Sô-Ava.

Ecoles fermées faute de subventions

Suspension de la fourniture de l’énergie électrique et de l’eau potable, compteurs d’électricité et d’eau sous scellés, salles de classes closes, suite à un endettement excessif des écoles publiques auprès de leurs fournisseurs. C’est la situation que vivent les écoles primaires publiques dans les communes d’Abomey-Calavi et de Sô-Ava. A cause du non paiement des subventions à trois mois des vacances scolaires. Ce qui jette un discrédit sur l’éducation nationale.

D’après les enseignants des deux communes, les portes des écoles resteront fermées jusqu’à la normalisation. Cette disposition des chefs d’établissements constitue un handicap pour le système éducatif national. En réalité, les responsables d’écoles sont révoltés par le silence coupable des autorités qui manifestent peu d’enthousiasme à la recherche de solutions aux  difficultés que rencontrent les écoles depuis octobre 2012. L’école béninoise déjà confrontée à la divergence des points de vue sur les programmes en cours, risque de sortir fragilisée de cette nouvelle épreuve. Ce qui fait dire au secrétaire général du syndicat national des enseignements maternel et primaire, Philippe Houédénou que, «cette situation ne doit laisser personne indifférente puisque les directeurs d’école doivent à leurs fournisseurs depuis le début de la rentrée. Cette manière de gérer les écoles selon lui, ne favorise pas d’autres demandes en fournitures scolaires vis-à-vis des fournisseurs. C’est inconcevable qu’une école faute de subvention reste sans électricité et sans eau ». Avis partagé par Bernard Philippe Houédénou, qui soutien la décision des directeurs d’école de fermer toutes les salles de classes jusqu’à la satisfaction de leurs doléances. Et c’est en cela que se justifie l’exaspération de Jean-Marie Gbaguidi, « j’ai honte de m’approcher de mon fournisseur à qui mon école doit depuis octobre pour d’autres demandes ». Ce qui n’arrange pas les écoles, confie-t-il « c’est que les articles des fournisseurs sont frappés par la Taxe sur valeur ajoutée (Tva). Ainsi, le cahier ailleurs livré à mille cinq cent (moins d’un euro), est vendu à deux mille cinq cent francs (un peu moins de 20 euros) par ces fournisseurs. Pour le directeur départemental  de l’enseignement maternel et primaire, les directeurs d’école ont raison de crier leur ras-le-bol mais doivent faire preuve de patience. Cette situation que vivent les écoles souligne-t-il est indépendante des autorités. Il s’agit d’un retard technique dû aux incohérences entre l’année scolaire et l’année budgétaire. Des dispositions sont prises pour le rétablissement des compteurs d’eau et d’électricité. Une solution pour la lumière et l’eau mais qu’est ce qui est prévu du côté des subventions…

Embargo sur les copies 

L’embargo sur les copies des élèves du primaire jusqu’au secondaire est la nouvelle arme trouvée par les syndicalistes pour forcer la main au pouvoir. L’appel syndical pour l’embargo sur les copies des élèves bloque la seine émulation des élèves. L’école, qui par le passé constituait déjà un lourd investissement pour les parents souffre désormais du manque d’argent. La rupture des négociations entre gouvernement et syndicats pour le dialogue social, la défalcation des salaires des frais pour faits de grève et le retard des subventions plombent le droit à l’éducation pour tous au Bénin. Les pouvoirs publics gagneraient à remettre à brève échéance, les pendules à l’heure en jouant leur partition. Faute de perdre toute crédibilité en compromettant la pérennité du système éducatif national.

traîneur de pousse-pousse
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Incontournables traîneurs de pousse-pousse

Ils sont estimés à plus de seize mille dans la ville de Cotonou au Bénin. Un chiffre qui témoigne de leur forte présence et par conséquence de leur importance au sein des marchés de la ville. Zoom sur un métier difficile.

 Qu’on se le tienne pour dit. C’est un métier difficile. Traîner un pousse-pousse chargé de marchandises pesant plusieurs centaines de kilogrammes, voire avoisinant parfois la tonne, sous le chaud soleil de Cotonou, pour gagner sa vie, est loin d’être une partie de plaisir. Cependant, ils sont là, bien présents, aux abords des marchés, participant par leurs activités génératrices de revenus, à l’économie du pays et se rendant chaque jour indispensables, à travers les services rendus aux usagers des marchés de la ville.

Deux cent francs Cfa (moins du tiers d’un euro), c’est le minimum à payer pour une course à effectuer par ces bourreaux du travail. Mais en fonction de la taille, de la qualité ou du poids des marchandises à transporter et en fonction du trajet à effectuer, le coût peut augmenter jusqu’à 1000 francs Cfa (moins de 2 euros), voire plus. Il s’agit là des traîneurs de pousse-pousse ambulants, à en croire Cyriaque Gbèhou, secrétaire général de l’Association des traîneurs de pousse-pousse de Cotonou (Atpc).

Dans la cité économique du Bénin, ils sont aujourd’hui 15.200 à exercer ce métier qui, il y a moins de quinze ans, était un secteur purement informel et sans organisation. La mise sur pied de l’Atpc en 1999 a permis d’organiser ce secteur d’activités. De 200 traîneurs de pousse-pousse à cette époque, le nombre a considérablement augmenté pour atteindre 13.587 en 2010 et plus de 15.000 de nos jours.

Les traîneurs de pousse-pousse, si l’on s’en tient aux témoignages recueillis à Gbogbanou (marché Tokpa), ont connu ce qu’on pourrait considérer comme l’âge d’or de leur profession, à la fin des années 2000 où le Bénin a enregistré une croissance démographique importante (de 6 millions et demi d’habitants à plus de 8 millions entre 2004 et 2010) et économique non moins négligeable (plus de 2% par an sur les dernières années).

Arouna, sexagénaire, ancien traîneur de pousse-pousse reconverti dans le commerce à la sauvette, témoigne : « L’on pouvait trouver des marchés qui nous rapportaient jusqu’à 30.000 francs Cfa (un peu moins de 50 euros) la journée. Aujourd’hui, plus rien. »

Plus rien…façon de parler certainement. Cyriaque Gbéhou donne des chiffres précis : « Un traîneur de pousse-pousse ambulant, s’il est travailleur, peut gagner par jour 8.000 francs Cfa (environ 13 euros). Pour ceux qui sont attachés à des commerces de particuliers, ils peuvent percevoir entre 10 et 15, voire 18.000 francs Cfa (20 à 30 euros), surtout les jours de grande affluence. Même les pousseurs ambulants, ces jours-là, peuvent atteindre 15.000 francs Cfa (25 euros). »

Seulement, au terme de tous ces va-et-vient, le corps de l’homme reçoit parfois plus de coups qu’il n’en faut : « Work di pass money », dit un pousseur nigérian. Littéralement, « le travail dépasse l’argent. » Outre la chaleur et le stress, l’effort physique ou les altercations avec des clients peu ou prou indélicats, le traîneur de pousse-pousse a une famille à nourrir et bien sûr sa santé à ménager. Un assemblage d’éléments qui réduisent considérablement son gain. Au terme des dépenses dues à ces différentes charges, c’est à peine 2000 francs Cfa (un peu plus de 3 euros) qu’il peut épargner quotidiennement.

L’Atpc en bref

Si les traîneurs de pousse-pousse de Cotonou ont actuellement une certaine légitimité et une utilité certaine, elles sont dues – il serait difficile de le nier – à l’action de leur association de tutelle. Certes, l’adhésion est libre et le nombre de traîneurs de pousse-pousse de Cotonou est légèrement plus important que celui avancé par l’Atpc, qui ne peut fournir que les statistiques concernant ses affiliés. Toujours est-il que ceux qui exercent en « free-lance » ne bénéficient pas de la même confiance des usagers des marchés de la ville que leurs confrères de l’Atpc. Et pour cause, en cas de vol, de perte ou de disparition de marchandises, il est aisé de retrouver le coupable s’il porte sa blouse bleu ou marron ainsi que son badge, contrairement aux pousseurs indépendants, qui sont dans l’informel. Pour preuve, clame Cyriaque Gbehou, « les cas de vol ont diminué. Avant, on enregistrait des dizaines de plaintes des clients. Or en 2012, nous n’avons enregistré que 8 plaintes, et 3 depuis le début de cette année. Et les pousseurs mis en cause sont toujours retrouvés, ainsi que les marchandises. »

L’Atpc, dont le siège se trouve au sein de la mairie du 5ème arrondissement à Gbobanou, est sous la tutelle de la Société de gestion des marchés (Sogema). Les dix membres du bureau de l’Atpc avouent ne rien reverser à la mairie qu’ils voient comme un partenaire, autant que la Sogema, dans la gestion des marchés de Cotonou. Béninois, Nigériens, Maliens, Nigérians, Centrafricains, Gambiens, au moins 10 nationalités sont représentées par les traîneurs de pousse-pousse de la ville vitrine du Bénin. L’affiliation à l’Association des traîneurs de pousse-pousse de Cotonou leur coûte à chacun 10.000 francs (15 euros), contrairement à 8300 francs Cfa (13 euros) il y a trois ans. Cette somme couvre la confection des blouses, des pièces d’identité – avec l’aide des ambassades pour les étrangers – et autres papiers formels et bien sûr les frais du Bureau, assisté d’une dizaine d’agents de sécurité au marché Tokpa et d’environ 80 délégués de zone, ces responsables qui constituent les relais du Bureau auprès des divers ressortissants de chaque pays.

Bon appétit
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Bonne fête à toutes les Mondoblogeuses, à toutes les femmes de la planète

marché de nuit

Une vendeuse devant son étalage

C’est avec une joie manifeste et une fierté légitime que je m’adresse en ce jour béni du 8 mars, à toutes les Mondoblogueuses et à toutes les femmes de notre village planétaire, pour leur souhaiter une bonne et heureuse journée internationale de la femme.

Par un hasard coquin, votre serviteur, a vu le jour le 8 mars. D’où mon intérêt pour cette journée spéciale que j’ai l’honneur de partager avec les femmes du monde entier.Ce qui constitue à bien des égards, un privilège.

Le Bénin, à l’instar des autres nations de la communauté internationale, commémore ce jour vendredi 8 mars 2013, la journée internationale de la femme. En cette heureuse occasion, il me plait de présenter mes compliments et de souhaite une bonne fête, à toutes les visiteuses de la plateforme, à toutes les femmes de l’équipe d’encadrement RFI/Mondoblog, à toutes les partenaires à divers niveaux, à toutes les internautes. A celles et ceux qui n’ont qu’une idée vague des enjeux et de la portée de cet Evénement planétaire, une brève incursion dans l’histoire s’impose, pour remettre les pendules à l’heure.

La journée de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année, d’abord dans de nombreux pays occidentaux. C’est une  célébration qui puise ses origines dans les manifestations féministes du début du 20ème siècle. Certains l’attribuent à la 2ème conférence des femmes socialistes, occasion au cours de laquelle la création d’une Journée internationale des femmes fut proposée. Sans qu’une date spécifique ne soit réellement fixée. Ce n’est qu’à la suite d’une importante grève des ouvrières de Saint Petersburg au cours de la Révolution russe, en 1917, que le 8 mars sera définitivement désigné comme journée dédiée aux femmes, en souvenir de leurs luttes et combats. Et cette date sera définitivement officialisée par les Nations Unies en 1977, puis en 1982 en France.

En dehors du caractère festif  de cette journée, les Mondoblogueuses doivent garder à l’esprit, que la journée internationale de la femme est également une occasion par excellence, pour faire le point sur la condition des femmes, l’égalité du genre, mais aussi et surtout pour regarder au-delà de nos frontières respectives et approfondir la réflexion sur les avancées de leurs diverses luttes.

Bonne fête à toutes et à bientôt,

 

cybercafé
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L’arnaque en ligne : un crime transfrontalier bien installé au Bénin

‟ Gaïman » : l’appellation est bien connue du commun des Béninois. Elle désigne les arnaqueurs du Net, des escrocs utilisant des moyens virtuels pour appâter leurs proies. De la première arnaque en ligne en 1997 à nos jours, la pratique a fait du chemin. Pour s’installer et se manifester à travers des actes répréhensibles jetant le discrédit sur l’éthique et la morale nationales. Nonobstant des préjudices financiers à l’endroit des victimes et des finances du pays. Incursion dans un milieu de haut vol.

Lundi soir. Godson[1] se prépare fébrilement. « Je ne dois pas être en retard », pense-t-il. Près de un million huit cent mille nouveaux francs CFA (un peu moins de trois mille euros) agrémentent son compte bancaire : le reste des dépenses en boîte le week-end, après un « coup » qui lui a rapporté la bagatelle de deux millions de francs, près de 3080 euros, le mercredi dernier. Le jeune homme, 21 ans à peine, connu comme le meilleur client d’un night club huppé de la ville, a rendez-vous. Il ne s’agit pas d’une quelconque galanterie inspirée par une St Valentin « maladroite », mais quelque chose de plus sérieux. Godson va rencontrer un de ses complices pour préparer un autre coup. Cette fois-ci, ils veulent « frapper fort. » Ils prévoient des annonces qui proposeront à la vente des villas sur la côte française et à Milan en Italie. « Pour nous, dit-il, pas question de sang humain, juste de la technique. » En comparaison à certains de ceux qu’il appelle « ses collègues ». Il s’agit, à l’en croire, de ‟ gaïmen » qui invoquent des vodous pour réussir leurs arnaques, vodous avides de sang…

De quoi vous donner froid dans le dos… Godson explique : « La preuve c’est que depuis que mon pote a commencé, ses affaires marchent fort ! Il s’est tapé 5 gros pigeons en moins de trois mois. Avec un minimum de 8000 euros à chaque coup. Il n’y a pas meilleure business…Mais moi je n’ai pas besoin de tous ces artifices, je procède autrement,  je suis un véritable stratège. » A l’évocation des 3000 euros récoltés récemment par Godson, il se rétracte, avant de résumer : « Une affaire d’importation…sacré rêveur, je l’ai eu».

Pour qui jette l’opprobre sur Godson, il n’en a cure. Le « gaï », ça rapporte. « Et puis ça évite à plusieurs jeunes de devenir des braqueurs courant le risque de se faire trouer la peau un jour par les forces de l’ordre.  En devenant des « gaïmen », ils gagnent bien leur vie, et sont peinards en rendant aux Blancs ce qu’ils nous ont fait pendant l’esclavage et la colonisation». Godson ne laisse rien transparaître de ses sentiments en menant cette réflexion. Il a le visage impassible. D’ailleurs, il ajoute, l’air serein, « je ne suis pas le seul à le faire, et il y a plus grand que moi dans ce business». Q on lui demande si cela ne lui pose pas des problèmes de conscience, il hésite puis glisse, les dents serrées : « Nous péchons tous».

Avant de démarrer en trombe au volant d’une 4X4 Acura,  il lâche : « On devrait nous décorer. Nous faisons entrer l’argent dans le pays. Beaucoup d’entre nous créent des emplois. Et nous n’arnaquons pas des Béninois».

Le cas de Godson n’est pas isolé. Ils sont aujourd’hui « des dizaines, sinon des centaines », d’après des statistiques officielles confirmées par ces escrocs de l’Internet.

A ce rythme, si l’on multiplie la somme perçue par Godson par le nombre d’arnaques à succès par mois, multiplié par le nombre de « gaïmen » au Bénin, on peut se faire une idée vague des sommes considérables que ces gens, des jeunes pour la plupart, font entrer au Bénin mensuellement. Au nez et à  la barbe de tous. Avec parfois la complicité de personnes indélicates en service dans les milieux financiers.

Effroyable évolution

Si aujourd’hui le sujet émeut moins qu’il y a deux ou trois ans, c’est du au fait que la population s’est quelque peu résignée à cette cohabitation malaisée avec les acteurs de cette activité illégale. Pierre Dovonou Lokossou, gestionnaire de projets technologiques, dévoile la genèse du phénomène au Bénin : « La première arnaque via le net a eu lieu en 1997, deux ans après l’implantation du web au Bénin. Il s’agissait d’un Nigérian qui avait escroqué un pasteur américain, en se faisant livrer des ordinateurs, des imprimantes et des bibles, en échange d’un chèque délivré par une banque qui n’existait pas, une banque fictive donc».  De 1997 à aujourd’hui, ce qui était alors un cas isolé à l’époque est devenu un cas d’école. Dans la période de 2005 à 2010 notamment, le nombre de jeunes vidant les classes au profit des cybercafés a considérablement crû. Aujourd’hui encore, le phénomène est palpable. Les multiples descentes de la police n’ont pas découragé les malfaiteurs. A la sous-direction des crimes économiques et financiers (ex-Brigade économique et financière(Bef)), la cellule de lutte contre la cybercriminalité a déjà eu à effectuer plusieurs arrestations. De source proche de ce service de police, quelques-uns des auteurs de ces forfaits via le web croupissent en prison. En effet, la loi portant lutte contre la corruption, en ses articles 121 et 124 du chapitre XV dispose : « Des infractions cybernétiques, informatiques et de leur répression », condamne fermement ces pratiques.

Cependant, comme dans plusieurs pays du monde, les victimes ont parfois honte de porter plainte, se jugeant naïves. En outre, au Bénin, les proies se trouvent toutes ou presque…à l’extérieur du Bénin, notamment en Europe, ce qui rend les poursuites encore plus difficiles. L’appui en 2011 de l’ambassade de France à Cotonou pour un séminaire qui réunissait les policiers et gendarmes de pays africains autour de la question, suivie de formations sur le terrain en France pour certains d’entre eux, est une initiative isolée dans l’univers de cette lutte.

Au Bénin, outre l’arnaque sur Internet, les attaques de comptes bancaires sont un aspect récent des financiers. Plusieurs clients des banques de la place se découvrent parfois leur compte vide, en voulant effectuer une opération bancaire. Des informations qui sont confirmées de source policière reconnaissant néanmoins des avancées dans le domaine technologique au niveau de la cellule de lutte contre la cybercriminalité. Cependant, il est à noter que si les policiers s’activent, les arnaqueurs en font autant. Les cybercafés se vident des « experts » et des « parrains » pour laisser la place à de nouvelles pousses. Les plus aguerris eux, ayant engrangé plusieurs millions de francs au cours de leur parcours, se paient tranquillement des connexions à domicile pour travailler en toute tranquillité, à l’abri des regards indiscrets.

Des falsifications de documents aux relations haut placées, les‟ gaïmen »  assurent avoir les moyens techniques qu’il faut et des entrées partout où besoin est, pour mener à bien leur sale besogne. L’on serait tenté de les croire, quand on voit certains hommes à peine sortis de la puberté venir avec des véhicules de luxe et gardes du corps chercher des « partenaires » venus de pays lointains. De source,  bien informée, il s’agit là bien souvent de futures victimes.

L’arnaque en ligne est donc une réalité. Un ancien cadre du ministère des Finances français parlant sous l’anonymat a fait état de plus de 10.000 tentatives d’intrusion par jour dans les fichiers dudit ministère. Des tentatives de hacking, d’hameçonnage dit-il, en provenance pour la majorité du Nigeria et d’autres pays d’Afrique de l’ouest.

Pour l’heure, il est difficile d’avoir des chiffres exacts sur les conséquences économiques de ce fléau, même au niveau de la cellule de répression mentionnée supra, tant le réseau des arnaqueurs agit dans une nébuleuse.


[1] Nom d’emprunt.