BENIN/CULTURE/Dialogues inévitables : un projet artistique novateur

Dialogues inévitables (DI), projet artistique réunissant artistes, associations et opérateurs culturels de différents horizons, tous engagés dans le dialogue interculturel, dans le domaine de la coopération interculturelle, retient toute notre attention aujourd’hui.
Lancé par l’Association Sonagnon du Bénin en 2005, au fil des ans, ce projet a acquis une dimension qui dépasse les limites des frontières béninoises. D’où son pilotage par trois associations culturelles de grande renommée : Associazone CQB de Gênes en Italie, Créations Entrelacées de Paris en France et Sonagnon de Ouidah au Bénin. Et, cerise sur le gâteau, de nombreux partenaires africains et européens sont intéressés. Explication.

(Crédit photo: Association Sonagnon°

Le groupe sur scène

« Dialogues Inévitables est créé dans l’intention d’ouvrir de nouveaux espaces de rencontre et d’échange entre individus et cultures ; de favoriser la création artistique, en tant qu’opportunité de réflexion collective ; et, de reconnaître le dialogue comme seul moyen de résister et de survivre dans la société contemporaine… ». Dixit Francesca Pedullà, danseuse et chorégraphe italienne, co fondatrice de l’association Sonagnon du Bénin. De l’autre côté, Eric Acakpo, musicien, co fondateur de Sonagnon pense que, « trop d’idées fausses sur l’Afrique sont vendues en Europe… ». Et pour cause.
De la rencontre des deux fondateurs de Sonagnon en 2005, va naître une collaboration artistique, une dynamique qui a va transcender les différences interculturelles, les clivages et les clichés. Ainsi, chaque année, des résidences de création, des ateliers pour danseurs et musiciens professionnels, des activités socio culturelles ouvertes au public sont organisées par l’association.
Dialogues inévitables
En effet au cours de la première phase du projet, le spectacle de danse, théâtre et musique Du mythe du Dieu Argent a été créé et constitue le cœur du projet Dialogues inévitables VII- Escales atypiques.
En parcourant différentes villes d’Europe et d’Afrique, l’équipe du projet aux côtés des artistes invités animent les «escales» à travers des activités socio culturelles et artistiques à l’instar de débats, projections, ateliers, expositions et concerts organisés autour de la relation complexe entre l’Afrique et l’Occident, le Nord et le Sud.

(Crédit photo:Association Sonagnon)

Vue partielle d’une scène

A travers l’art, ce projet se propose d’observer l’homme et les collectivités, de témoigner avec tendresse et ironie de leur terrible incapacité à vivre ensemble, mais aussi du besoin inné des rapports et des dialogues qui caractérisent l’humanité.
La compagne Dialogues Inévitables est un groupe multiculturel composé de danseurs, musiciens et artistes visuels de différents horizons (Afrique, Europe et Amériques). Le travail artistique est le résultat d’une recherche autour du thème du dialogue interculturel et des relations complexes entre Afrique et Occident entre Sud et Nord du monde.
Les artistes apprennent à se connaître eau fur et à mesure du processus de création, découvrent leurs similitudes et leurs différences. Leur aspiration est de poursuivre la recherche d’un possible nouveau dialecte commun et de construire les bases d’un dialogue interculturel plus sincère et conscient.
Parcours
La compagnie Dialogue Inévitables est née dans le cadre du projet homonyme conçu et dirigé par la danseuse et chorégraphe italienne Francesca Pedullà et le musicien béninois Eric Acakpo, fondateurs de l’Association Sonagnon. Leur rencontre en 2005 marque le début d’une collaboration artistique qui trouve son inspiration dans les réflexions générées sur le rôle de l’art contemporain africain et sur les dynamiques générées par son exportation en Europe.
Les premières éditions du projet d’échange culturel ont été réalisées dans la ville de Cotonou au Bénin, avec le soutien du Centre Culturel Français (CCF) d’alors actuel Institut français de Cotonou. Pendant trois années, le projet se donne comme objectif prioritaire la mise en valeur de la culture béninoise et le soutien de sa production artistique.
En 2007, le premier spectacle de l’association, Dans la Ville près de la Mer, dédié à Cotonou et ses contradictions en tant que métropole africaine, est présent au CCF.
En 2008, le début de la collaboration avec l’association italienne CQB et l’association française Créations Entrelacées a marqué l’ouverture à une plus grande participation d’artistes non africains dans le projet, sa pleine expression en tant que projet d’échange, la naissance du concept de ‘dialogues inévitables’ et donc de la compagnie. Dialogues inévitables débuté au Théâtre de Verdure du CCF de Cotonou avec Malentendus … et d’autres choses : violence, peur, ironie, instinct de protection mutuelle et de partage ont été représentés en jouant avec le langage et les malentendus causés par la rencontre entre différentes cultures, spécifiquement les langues et les traditions différentes.
Le travail de recherche a ensuite été dédié au thème global de »la ruée vers la consommation » exploité comme dénominateur commun, annulant ou mettant en évidence les différences de genre, de race, de nationalité et régulant les relations entre les individus et les collectivités. Le dialogue est donc considéré comme une conséquence inévitable, mais est aussi proposé comme le seul moyen de partager le désir de résister dans la société contemporaine, qui réduit tout à l’état d’objet, de marchandise.
Pendant la 5ème édition du projet, en avril 2009, Dialogues inévitables-Large Size a été créé : avec 25 artistes sur scène, le spectacle a été représenté au CCF de Cotonou et a été programmé à la dixième édition du Festival international du théâtre du Bénin (FITHEB) en mars 2010.

(Crédit photo: Association Sonagnon)

Un tableau de la présentation sur scène

Au cours de cette même année, la compagnie voyage pour la première fois en Europe, grâce au soutien de WBI-International et du Fonds d’Aide à la Culture Bénin. La 6èmeédition du projet a fait l’objet d’une résidence artistique et culturelle qui a eu lieu au Centre Culturel Cité Culture dans le quartier populaire de Cité Modèle, à Bruxelles (14 août au 12 septembre 2010. Le « Work in Progress » Du Mythe du Dieu Argent a été créé et présenté au Centre Chorégraphique Trois C-L de Luxembourg et à Bruxelles en septembre 2010.
Le spectacle a été retravaillé pendant une période de résidence à Gênes en Italie et présenté au public en février 2012 au Théâtre de l’Archivolto dans le contexte de la manifestation- Dialogues inévitables VII- Escales atypiques- Geneva/Dynamiques de Migration ». Cet événement pluridisciplinaire a été réalisé avec le soutien de Ville Gênes, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le Service culturel de l’Ambassade de France en Italie, le Goethe Institute-Geneva, la Fondazione per la Cultura Genova, Palazzo Ducale, le Teatro dell’ Archivolto, Teatro della Tosse, la Fondazione Banca Carige, la FNAC, l’Alliance Française Galliera de Gênes, l’Axis Syllabus International Research Community.
La deuxième phase du projet a été réalisée en Allemagne, en collaboration avec AfricAvenir International e.V et avec le soutien de Aktion Afrika des Auswärtigen Amtes (Action Africa- Ministère Allemand des Affaires Culturelles Etrangères). En novembre 2012, Du Mythe du Dieu Argent a été présenté à la Biennale Passage 2012 à Bielefeld et à la Haus der Berliner Festspiele de Berlin.
Traces
En 2013-2014, le concept Traces – opère une véritable révolution à travers la mise en place d’une école de formation en danse et composition chorégraphique pour danseurs et musiciens professionnels. Et ce, sous les auspices d’Artisttik Bénin et Axis Syllabus International Research Community en collaboration avec l’association Sonagnon.

(Crédit photo: Association Sonagnon)

Le musicien Eric Acakpo sur scène

Traces offre aux danseurs et musiciens béninois et étrangers, l’espace et le temps pour travailler leurs idées créatives. A charge pour l’équipe pédagogique de les assister, de les conseiller en leur donnant les outils indispensables à leur évolution.
Traces offre également aux artistes nationaux, en matière de danse contemporaine, une opportunité pour développer leurs compétences techniques à travers l’Axis Syllabus et d’acquérir des outils créatifs pour leur évolution artistique. L’objectif de Traces est de stimuler chez les artistes émergents l’indépendance nécessaire à la production et à la promotion de leur propre travail.
In fine, l’analyse des danses et des musiques traditionnelles constitue le point de départ du travail que nous proposons. Le processus de recherche et de création se base sur le désir d’exprimer la complexité du Bénin contemporain, un terrain riche, contradictoire, novateur, résultat de continuelles adaptations qui dérivent des rencontres et des combats entre la culture du Bénin et l’influence des cultures occidentales. Le but étant de créer un espace dans lequel les danseurs et les musiciens puissent rechercher et structurer un nouveau langage à partir de leur propre expérience professionnelle. D’où l’optimisme te la sérénité d’Eric Acakpo, « le succès des expériences passées, l’enthousiasme des participants, et l’intérêt porté par les associations partenaires et des artistes de différentes provenances ont souligné la nécessité et l’urgence de poursuivre ce parcours de jonction entre les arts traditionnels et contemporains ».

CULTURE/BENIN/  »Les Soleils ne sont pas morts », une invite à l’espoir pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir

Face à la presse à la faveur d’un déjeuner dans un restaurant à Cotonou, Innocent Sossavi, écrivain béninois atypique parle brillamment de son livre « Les Soleils ne sont pas morts », comme une rengaine passionnante pour illustrer la «poésie sossavienne », devant les journalistes très heureux d’être les illustres hôtes de leur confrère.

L'auteur présentant son ouvrage à la presse

L’auteur présentant son ouvrage à la presse

« Paru en le 15 février 2012 aux Editions françaises Mon Petit Éditeur, ″ Les Soleils ne sont pas morts″ signale cette poésie à l’avantage de l’homme, et non à son encontre. L’homme en proie à l’angoisse et au désespoir. Cet homme pour qui  ″Les Soleils ne sont pas morts″ est une invite à l’espoir à travers ses quarante trois poèmes répartis en quatre cahiers que sont ″ Corridas ″, ″ Fanaisons ″, ″ Ces mamelles où je dors ″ et ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ de qui l’œuvre tient son intitulé. »

Éclairant la lanterne des hommes de la presse sur le sens et l’essence de la « poésie sossavienne », il en souligne les contours à travers une définition qui laisse penser à un nouveau courant littéraire. « Comme définition à donner de ma poésie, affirme-t-il, je suis tenté d’affirmer que la poésie sossavienne est la poésie de l’auteur que je suis, épanchée aux vers libres, au décor pathétique. Émotion oblige. Puisque on ne saurait parler de la poésie sossavienne indépendamment de l’émotion à flots qui la fonde. Car, dans le fond, la poésie sossavienne est fille de l’affect foisonnant, l’émotion en démesure pour la liberté. Mais la poésie, chez moi, ne se limite pas seulement au genre poétique ;  elle est une démarche littéraire imprégnée d’émotion à flots pour la liberté. Le genre poétique l’étaie, tout comme le roman, l’essai, le théâtre, la nouvelle, l’épistolaire et le discours. Non figée, par essence, cette poésie s’illustre par la fluidité du délire, le refus de la fixité que signale le refus de la rime et des contraintes métriques, la pluralité contre l’unité, la variabilité tous azimuts. En tout, la poésie sossavienne est iconoclaste dans son affirmation et son désir de liberté. Parce que l’espoir est au centre de ma poésie, le titre ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ est ma manière de signifier que l’espoir n’est pas perdu pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir ».

Il  précise que sa poésie est l’objet d’une lettre adressée à son amie Kéleth Kalézie, une éditrice française qu’il a connue en Suisse en 2004. « Le sens et l’essence de ma poésie sont évoqués dans une longue lettre en date du 25 mars 2006, intitulée ″Lettre à Kéleth Kalézie″ à paraître en 2014. L’option du genre épistolaire répond à mon souci de mieux imprégner le lectorat pour une appréhension aisée de la poésie sossavienne ».

Il rend par ailleurs hommage à Jérôme Carlos pour la préface à son œuvre : « il me paraît impérieux de remercier Jérôme Carlos pour sa préface dont le titre ″ couleur et odeur d’éternité pour une résurrection ″ résume le sens et l’essence de la poésie sossavienne. De tout mon cœur, je lui rends hommage pour son soutien à ma carrière littéraire que lance ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ »

 L’écrivain béninois Innocent Sossavi annonce des conférences aux quatre coins du monde pour mieux imprégner l’opinion du sens et de l’essence de la poésie sossavienne. Ce qui répond à l’objectif de ce déjeuner de presse qu’il a donné pour marquer la 21ème journée internationale de l’écrivain africain.

L’auteur

L'écrivain béninois Innocent Sossavi

L’écrivain béninois Innocent Sossavi

Innocent Sossavi est né le 25 mars 1965 à Cotonou d’un père agent de constatations des douanes et d’une mère couturière. Son enfance est marquée par des situations absurdes qui lui inspireront l’indignation et la révolte, tout comme le dégoût de la vie.

Après des études de droit et de philosophie, il embrasse le journalisme que son passage au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, et au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (Cfpj) de Paris en France, aguerrit en expériences, outre ses collaborations à la presse béninoise et étrangère.

Féru de lettres, il fait une entrée triomphale en littérature par la  poésie en signant Les Soleils ne sont pas morts paru pour la première fois en 2012 aux Éditions Mon Petit Éditeur, et qui consacre sa volonté de revitaliser la poésie qui, à ses dires, se meurt. Les Soleils ne sont pas morts témoigne du talent lié aux éclats de l’écriture, prémices d’un sacre en perspective.

Innocent Sossavi et Kéleth Kalézie firent connaissance en août 2004 à Genève en Suisse. Tandis que Kéleth Kalézie dirige une maison d’édition en France métropolitaine, Innocent Sossavi est auteur béninois de langue française. Son œuvre de prémices  » Les Soleils ne sont pas morts » achevée, il écrivait à Kéleth Kalézie pour l’en informer et l’avertir d’un éventuel désir de sa diffusion. Mais l’ouvrage ne paraîtra plus chez Kalézie, les modalités de cette dernière n’ayant plus agréé Innocent Sossavi qui s’est finalement replié sur les Éditions Mon Petit Éditeur en France.

Versé dans l’humanisme, Innocent Sossavi partage sa vie entre le droit et les sciences politiques, parallèlement à ses activités littéraires.

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Bénin-Culture: Théophile Do Régo: Et le rêve devint chanson

“Qui a écouté une fois ses chansons, et vibré sous l’effet des pulsions de sa voix caressante, ne peut que se réjouir de l’existence de cet artiste béninois dont on ne se lasse pas, tant il est présent et actuel par la chaleur de sa production“.

 

Théophile do Rego alias El Rego

Théophile do Rego alias El Rego

 

(Crédit photo: google images)

Le groupe El Rego et ses commandos en action dans les années 1970

 

 L’homme a fait la fierté de la musique béninoise dans les années 1960. El Rego a encore souvenance de tous ces moments forts comme si c’était hier. Né le 3 mai 1938 dans le quartier Sado à Porto-Novo, capitale politique du Bénin. Sans terminer son cursus scolaire, le robuste et grand garçon quitte son pays natal pour le Sénégal en 1949 en compagnie d’un ami de son père. Au Sénégal, son tuteur l’inscrit à l’école de la Médina, dirigée à l’époque par son compatriote Eustache Prudencio.“Pendant les journées culturelles, j’animais avec mon harmonica“ ; se plait-il à dire. La musique était donc en pépinière. En 1953, il intègre un groupe musical de  jazz à Dakar. Revenu au pays, il ne tarde pas avant de s’envoler de nouveau au Niger en 1958 où il joue dans l’orchestre Daho-togolais, “Los cubanos“. Mais cet épisode ne fut pas long. En 1959 l’aventurier pose ses valises au Burkina-Faso où il intègre le célèbre orchestre du Conseil de l’entente (CE): “Harmonie voltaïque“ des présidents Maurice Yaméogo, Hubert Maga, Hamani Diori, Félix Houphouët- Boigny et d’autres figures célèbre de la scène politique internationale de l’époque. Dans ce groupe, il a eu la chance de jouer avec les grands artistes comme : Gilles Sala, Môme de Rivelle, Miriam Makeba et bien d’autres. Du retour au Bénin 2 ans après l’indépendance du pays en 1962, il accompagne Bella Bello pour sa première sortie au Togo. Son engagement artistique et sa passion pour la musique n’ont pu lui permettre de poursuivre ses études. Hélas !

Palmarès et parcours

A son tableau de chasse, un riche palmarès et une discographie importante. Onze disques de 45 tours, trois de 33 tours, six cassettes, quatorze CD audio en plus d’une centaine de spectacles chez lui au Bénin et plus de 80 à l’étranger, ce qui est impressionnant. A cela il faut ajouter de nombreux prix et distinctions dont il se souvient très bien, en homme organisé et conservateur. En 1967, il décroche le premier prix du concours des musiciens du Dahomey. En 1969, deuxième prix du concours des musiciens couronnés par radio Dahomey. En 1970, troisième prix du concours des musiciens récompensés par radio Dahomey. Autres récompenses et distinctions suivront. Il a remporté les 3 premiers prix du concours d’orchestre moderne. A deux reprises, le premier prix des deux concours organisés par l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB). Lauréat du concours organisé par la douane à l’occasion de leur fête patronale. Diplôme d’honneur et  1er prix du concours organisé par le ministre Théophile Béhanzin Paoleti, le 19 août 1970. Autant de mérites qui forcent l’admiration. La voix qui a mérité ses titres demeure toujours. Comme par exemple lorsqu’il fredonne ses chansons les plus écoutées : “E nan mian nuku“ ; “Djobimé“, “feeling you good“,…on a la chair de poule et on sent les battements de son cœur s’accélérer rien qu’à l’évocation de son palmarès. Heureux d’écouter un son pur qui éloigne de l’ennui.

Père d’une famille nombreuse de 8 enfants, il a fait bouger Senghor, danser Nkrumah lors de l’ouverture de la frontière Ghana- Burkina Faso. Toujours jeune avec une calvitie qui fait découvrir agréablement un crâne-archive, l’homme est fier d’affirmer : “ J’ai fait trépigner François Mitterrand“ ; un ex- président de la France. “J’ai également été trois fois au Vatican mais je n’ai pas réussi à embrasser le pape“, regrette-il mais avec un sourire qui décale sa moustache blanche et fait rayonner ses dents qui tiennent encore bon, sur un menton recouvert de barbe blanche. En 1964, intégration de l’orchestre “Los pantos“. Un an après, il forme son orchestre “Los commandos“ avant de devenir en 1966 “El Régo et ses commandos“.  Le septuagénaire, désormais paisible dans sa ferme de Cocotomey (banlieue de Cotonou), entouré de quelques animaux domestiques, qu’il trouve beaucoup plus sincères que les hommes, vaque à d’autres occupations. Sa seconde passion étant la boxe, des jeunes de divers horizons et de divers pays reçoivent une formation en la matière chez lui. Lui-même étant bien entendu le président de la ligue Atlantique-Littoral de boxe dépuis 2001. La jeune fille Amina qui remporte depuis 2008 le championnat départemental de boxe est son élève. Il a aussi dirigé la ville de Godomey pendant 15ans en tant que maire de1990 à 2003 avec le parti de l’Union pour la construction de Godomey (Ucg). Au sein de “Hot jazz“ à Porto-Novo, le regretté Gg Vikey, avec qui, il est élevé au grade de commandeur de l’ordre national du Benin le 4 octobre 2011, fut son guitariste avant de décrocher son baccalauréat pour s’envoler en France. Il retient toujours de ce fait l’attention de bon nombre de personnes. Mais El Régo est chevalier de l’ordre du mérite du Bénin depuis le 15 décembre 1995.

(Image réalisée par Campus numérique francophone de Cotonou au Bénin
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BENIN/PRIX DE L’INITIATIVE ETUDIANTE: Pour promouvoir l’excellence et l’esprit d’entreprise au sein des étudiants

Le campus numérique francophone de Cotonou, représentation de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf) au Bénin a servi de cadre à la conférence de presse de lancement du prix de l’initiative étudiante, le mardi 11 juin 2013.

(Image réalisée par Campus numérique francophone de Cotonou au Bénin

Logo du prix de l’initiative étudiante

(Crédit photo:babylas25)

Le Dr. Abdoulaye Salifou et Mme Francisca Dossou Adikpéto face aux médias

 

Ce prix, dont la première édition se déroule au cours de cette année 2013, vise « à distinguer le mérite et la valeur d’un étudiant ayant créé une production scientifique ou une création technique présentant une utilité pour la société et le développement et /ou la recherche », dixit Dr; Abdoulaye Salifou, Directeur du Campus numérique francophone de Cotonou.  C’est une initiative qui ambitionne de valoriser l’esprit d’innovation et de créativité, l’excellence, l’esprit d’initiative et d’entreprise au sein des étudiants.

Ainsi, au niveau de la cible, la Directrice du Cabinet Doss & Adk, coorganisateur du prix avec le campus numérique francophone de Cotonou, Mme Francisca Dossou Adikpéto précisera « le prix s’adresse à des étudiants de niveau licence et master âgés de moins de 35 ans et régulièrement inscrits dans une université reconnue par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames) ».  Les inscriptions au concours se font en ligne sous le lien http://formulaires.temp.bj.refer.org/dossier-de-candidatures-au-prix-de-l-initiative-etudiante-2013/

(Crédit photo:archives Uac)

Des étudiants dans un laboratoire de recherche à l’Uac au Bénin

Ce prix couvre les domaines suivants: énergie et environnement; santé; Tic; fabrication et construction; emploi et marchés; milieux de vie; aménagement et appropriation de l’espace humain, aux dires des organisateurs.

Lancé depuis le 22 mai  2013, la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 14 juin à minuit, heure du Bénin. Selon la Directrice du Cabinet Doss & Adk,  « le processus d’évaluation et de sélection des lauréats est placé sous la responsabilité d’un comité de sélection composé d’experts, de chefs d’entreprises et d’universitaires. Ce comité est chargé de sélectionner les trois meilleurs candidats. Au cours de la Nuit de l’Etudiant, ces trois finalistes présenteront leurs productions devant un grand jury qui procédera à l’attribution du prix ». Pour la petite histoire, le premier prix est doté d’une enveloppe financière de 600.000 francs Cfa, environ mille euros.

L’implication du campus numérique francophone de Cotonou

Selon le Dr. Abdoulaye Salifou, « de prime abord, l’Auf avait instauré depuis 2006, les prix scientifiques de la Francophonie pour jeunes chercheurs. Ainsi, l’idée de prix et de concours n’est pas une nouveauté au sein de notre agence. D’ailleurs, nous avons pris l’habitude de lancer des appels d’offres de bourses et de projets basés sur des critères sélectifs. Par cette opération, nous comptons aider à l’identification des étudiants talentueux ayant réalisé des productions originales tant sur le plan de la recherche que de l’innovation technique et technologique »

Par ailleurs, « deux des trois objectifs stratégiques de la programmation quadriennale de l’Auf en cours sont en liaison directe avec le prix de l’initiative étudiante », dira notamment le Dr. Abdoulaye Salifou. A preuve, « le premier objectif stratégique cherche à faire de la communauté universitaire francophone, une référence au plan international tandis que le troisième est relatif à l’émergence d’une nouvelle génération d’experts, d’enseignants chercheurs, d’acteurs du développement ».

Ainsi, l’innovation et la créativité restent déterminantes pour l’avenir de notre continent. Car, dans la société de la connaissance mondialisée, la croissance, la compétitivité et le bien-être de l’Afrique dépendront en grande partie de sa capacité à créer, à innover en s’appuyant sur la jeunesse. Il s’agit là d’un enjeu de taille qui mérite la contribution de tous.

 

Le parc archéologique d'agongointo à Bohicon au Bénin
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Un musée particulier en son genre

Le parc archéologique d’Agongointo à Bohicon au Bénin est un musée unique en son genre dans la sous région ouest africaine. Eu égard à l’importance de ses attraits culturels et touristiques nonobstant au lendemain de sa découverte inédite.
Le site archéologique d’Agongointo est découvert en 1998 par une entreprise danoise qui exécutait les travaux de construction de la route devant contourner la ville de Bohicon dans le centre Bénin. Au cours des travaux, l’une des machines de cette entreprise étant tombée dans un grand trou, les techniciens constatèrent qu’il s’agissait d’une œuvre humaine, digne d’intérêt pour le patrimoine culturel. Les autorités de la circonscription urbaine de Bohicon d’alors, du ministère de la culture et des hommes de médias furent alertés. Le site devint alors un point d’attraction pour les chercheurs, les responsables locaux et nationaux ainsi que les curieux de tous genres.
Après cette découverte inédite, les discussions ont commencées avec les partenaires danois qui ont accepté de financer les recherches sur le site. Avant toute chose, il fallait nécessairement connaître la nature des trous en question qui se trouvaient sur le site, leur fonction et leur histoire. Ces recherches ont été effectuées par deux équipes d’archéologues. L’une dirigée par le professeur Alexis Adandé de l’Université d’Abomey-Calavi du Bénin ; l’autre danoise, était placée sous l’autorité du professeur Klaus Randsborg de l’Université de Copenhague. Les travaux d’archéologie ont duré plus de quatre ans et ont abouti à des résultats qui seront mis à la disposition du ministère béninois de la culture pour exploitation.
Sur l’espace délimité pour les recherches archéologiques, 56 abris souterrains dont la construction remonte au 13 ème siecle ont été découverts.
Quid de l’exploitation des résultats des recherches archéologiques
L’exploitation s’est faite surtout à travers des travaux techniques relatifs aux dispositions à prendre pour la conservation des vestiges et leur mise en valeur. Trois documents techniques ont été élaborés à cet effet : un plan de conservation et de gestion, un projet architectural, un projet scientifique et culturel. La combinaison de ces documents a permis aux techniciens de la direction du patrimoine culturel de monter un programme de mise en valeur et de construire le musée à ciel ouvert, objet de toutes les curiosités et qui fait aujourd’hui la fierté des tous les acteurs impliqués dans cet ambitieux projet.
Le parc archéologique d’Agogointo, musée à statut municipal est géré par un personnel désigné par la Mairie de Bohicon et formé par la direction national du patrimoine culturel. Officiellement mis en service le 28 août 2008, le musée offre à voir des maisons souterraines équipées pour permettre aux visiteurs d’y entrer pour admirer le génie des ancêtres lointains qui les ont réalisées, des espaces sacrés et autels de vodou, une exposition des produits des fouilles archéologique dans un bâtiment en matériaux traditionnels. Il y a également un espace de divertissement pour enfants, des panneaux illustrés portant des informations sur les maisons souterraines, un jardin aux papillons où les danses et jeux de ces insectes plongent le visiteur dans une ambiance de gaieté sans pareille. De même, des espaces verts à l’état naturel avec des espèces végétales aux multiples fonctions, ainsi que des cérémonies de vodou, des loisirs traditionnels, ne manquent pas de forcer l’admiration des visiteurs sur le site.

Salia Sanou en action
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Dansons maintenant

Sous le parrainage du chorégraphe burkinabé Salia Sanou et en partenariat avec l’Institut français du Bénin, la Fondation Zinsou a procédé au lancement de la deuxième édition de son programme sur la danse contemporaine «Dansons maintenant », le 10 novembre 2012.

On s’en souvient, la première édition de cette manifestation, qui s’est déroulée autour du travail du célèbre photographe Antoine Tempré d’avril à juin 2011 à Cotonou au Bénin, a drainé plus de 110.000 visiteurs. La danse contemporaine a conquis le public béninois. Au cours d’une rencontre magique inattendue entre un art majeur peu connu et un public transporté par ce voyage chorégraphique. Découverte du corps, du mouvement et de l’espace, au-delà de notre vision académique du « beau ».

La Fondation Zinsou n’a pas vocation à présenter des spectacles d’arts vivants. Mais face à l’engouement du public, face à ce vif succès, il était fondamental de donner une place, de donner sa place à la danse contemporaine à Cotonou au Bénin.

Ainsi, du 10 novembre au 8 décembre, le public de Cotonou et ses environ pourra revisiter la danse contemporaine à travers des créations chorégraphiques d’exception sous-tendu par des ateliers projets pour amateurs, professionnels et les enfants.

L’institut français du Bénin affiche avec ce partenariat, une fervente volonté d’aller à la rencontre des artistes en les accompagnant dans leur création afin d’ »extraire » la danse contemporaine de l’anonymat de la rue pour la projeter sur la scène publique oubliant les diktats de la programmation festivalière professionnelle.

Proposant un des rares plateaux techniques professionnels du Bénin, l’Institut français du Bénin par cette collaboration avec la Fondation Zinsou, permet d’offrir aux danseurs et au public, des conditions optimales pour sublimer cette rencontre avec la danse contemporaine. Pour la circonstance, huit compagnies de danse africaines et européennes enchanteront les spectateurs en valorisant leurs imaginaires, libres de sentir et de définir ou redéfinir leurs émotions.