LIBERTE DE LA PRESSE AU BENIN: Le raz le bol des journalistes en formation

Pendant que la communauté internationale commémore ce jour la journée internationale de la liberté de la presse, les journalistes en formation à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) du Bénin poussent un cri de désespoir et expriment leur amertume. Face aux conditions difficiles dans lesquelles se déroulent leur formation. 

(Crédit photo: google images)

La liberté de la presse entravée

Le 12 mai 2013, le Président de la République, le Dr Boni Yayi recevait à son cabinet, une délégation du bureau exécutif de l’Association des journalistes formés et en cours de formation à l’Enam-Uac (Rjeb). Le Pr. François Abiola, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr. Maxime da Cruz, vice-recteur, chargé des affaires académiques de l’Université d’Abomey-Calavi(Uac), le Pr. Nicaise Mede, Directeur de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) et M.Pelu Diogo, Coordonnateur technique de la filière journalisme à l’Enam, ont également pris part à cette rencontre, de sources dignes de foi.

Dans le désir de s’enquérir des difficultés qui minent la formation des journalistes à l’Enam dans l’optique d’une recherche de solutions appropriées, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) serait à l’origine de cette démarche. Pendant 45 minutes environs, toutes les parties prenantes de ce dossier sensible ont pris la parole pour exprimer de vive voix leurs préoccupation au Chef de l’Etat qui a demandé au ministre François Abiola et à l’équipe rectorale ‘’de tout mettre en œuvre pour que cette formation s’achève en toute quiétude et dans les délais’’

(Crédit photo: google images)

Des dysfonctionnements de la liberté de la presse sont encore légion sous nos cieux

 A cet effet, le Président Boni Yayi aurait exhorté le Ministre de l’enseignement supérieur de faire examiner et adopter en conseil des ministres le mercredi suivant l’audience, une communication relative au financement complémentaire devant conduire à terme cette formation à l’Enam. Toujours à l’endroit du même Ministre, il a été demandé de voir avec son collègue de l’économie et des finances, M. Jonas Aliou Gbian, la mise à disposition de l’Uac d’une enveloppe financière de 130 millions de francs Cfa, pour mener à bien cette formation de journalistes au Bénin

Seulement voilà, malgré les instructions du Chef de l’Etat, c’est un mois plus tard en juin 2013 que le conseil des ministres va adopter la communication relative au budget complémentaire devant permettre le financement de la suite de la formation. L’appel de fonds a été fait par le ministre Abiola en octobre 2013, soit, six mois après les instructions du Chef de l’Etat. Dans le souci d’aider à accélérer le processus de décaissement et vue le risque que courait la filière, faute de moyens financiers, des correspondances ont été adressées à qui de droit par les apprenants en son temps. Sans suite. Hélas !

 Le Ministres de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et son homologue de l’Economie et des Finances ont été également sollicités par les journalistes en formation pour faire avancer ce dossier, en vain.

Depuis six mois, la 2ème promotion des journalistes attend la programmation de leur soutenance de fin de formation. Quant à la 3ème promotion elle se trouve à la maison depuis bientôt trois mois, espérant une programmation de cours pratiques devant mettre un terme à leur formation à l’Enam.

En ce jour de la commémoration de la journée mondiale de la liberté de la presse dans le monde entier, la situation des journalistes en formation à l’Enam-Uac du Bénin est sombre et interpelle le gouvernement à bien des égards. Et pour cause.

Quand on sait que, depuis deux ans, les Enseignants et les différents prestataires de services intervenant au niveau de cette filière à l’Enam n’ont pas été payés, il faut s’intéresser sur les motivations qui sous-tendent la mise en place de cette structure de formation de journalistes par les autorités béninoises. D’autant que la liste des créanciers est longue et  les maisons de production et chaînes de télévisions qui assurent l’encadrement pratique des journalistes ont leurs factures impayées jusque-là.

Nonobstant les recommandations des deuxièmes états généraux de la presse en février 2014 relatives au financement complémentaire pour l’achèvement de cette formation à l’Enam et les instructions fermes du Président de la République, la situation est restée inchangée.

Le Bureau exécutif de la Rencontre des Journalistes énarques du Bénin (Rjeb) prendre l’opinion publique à témoin de la situation et en appellent à aux autorités nationales à faire preuve de plus de responsabilité, plus d’humanisme dans la gestion de cette situation pénible.