Bénin: une saga présidentielle avant la lettre

L’élection présidentielle aura lieu en 2016 au Bénin, soit dans deux années bien comptées. Mais déjà, les candidatures se bousculent. Des états-majors rongent leurs freins et piaffent d’impatience… Fatigués par les turpitudes d’un pouvoir friand des épreuves de force et qui a tendance à monter au créneau trop souvent pour montrer ses muscles au goût de certains concitoyens. En dépit d’un contexte défavorable où, supputations et spéculations vont bon train sur la volonté du chef de l’Etat de passer la main en 2016.

Qui succédera à Boni Yayi en 2016. Difficile de répondre à cette question à l’heure actuelle. L’équation est d’autant plus compliquée qu’à ce jour, on ne connaît pas de dauphin déclaré ou virtuel à l’ancien patron de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), après huit ans d’exercice solitaire du pouvoir. Et quand on sait que périodiquement l’homme est habitué à faire le vide autour de lui, pour se débarrasser d’anciens « amis » politiques devenus gênants, l’hypothèse d’un passage de témoin en douceur est à abandonner tout simplement. En ce sens que, Boni Yayi, encore maître du jeu restera aux commandes jusqu’en 2016. Même si cela déplaît à nombre de ses compatriotes qui ne ratent aucune occasion de le faire savoir. Obligés d’en faire leur deuil et de se tenir à carreau jusqu’à la prochaine présidentielle. Par respect au processus démocratique en cours chez nous depuis plusieurs décennies. Par ces temps de vaches maigres sur fond de grève et de débrayages tous azimuts au plan social.

 Même si l’opposition se donne déjà des leaders pour 2016 quand elle ne force pas des candidatures à s’exprimer sans que celles-ci en aient véritablement le désir. Tout comme si la présidentielle se déroulera le mois prochain.  A la vérité, le bilan de Boni Yayi parle de lui-même. Quand bien même son style de gouverner crée beaucoup de frustration, beaucoup de mécontentement au sein des populations des villes et campagnes qui attendent toujours  » l’émergence économique et la prospérité partagée » promises par le Dr Boni Yayi dans l’euphorie de la campagne électorale. En panne de repère, l’opposition ne sait plus à quel saint se vouer.

Des candidatures potentielles ou virtuelles qui ne sont point à sous-estimer toutes, certes. Car, certains parcours, certains profils forcent le respect et l’admiration. Comparaison n’est pas raison, certes ! Mais de là, que «tous les anciens ministres, technocrates en mal de publicités, retraités à l’ennui se lancent dans l’aventure de 2016 en caressant le rêve de diriger d’une manière ou d’une autre le Bénin », comme le dirait l’éditorialiste Philippe d’Almeida, il y a un pas à ne pas franchir. Loin s’en faut.

Les candidats potentiels

On ne prêtre qu’aux riches, dit-on souvent. Pour l’heure, on entend parler d’Aurélien Agbénonci, haut fonctionnaire des Nations unies, peu connu au pays, mais par son engagement pour la démocratie et le développement, il pourra être appelé à jouer un rôle majeur plus tard.

Autres profils majeurs qui s’imposent et qui seront forcément aux starting-blocks en 2016, l’ancien ministre des Finances puis premier ministre de Boni Yayi, Pascal Irénée Koukpaki . Cadre supérieur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), il est né le 1er mai 1951 à Cotonou, c’est un homme d’Etat béninois. Il a occupé le poste de premier ministre du 28 mai 2011 au 8 août 2013, sous la présidence de Boni Yayi. Auparavant il était ministre du Développement depuis mai 2006. L’homme est bien connu sur les rives de la lagune Ebrié puisqu’il a occupé les fonctions de chef de cabinet de l’actuel président ivoirien Alassane Dramane Ouattara alors qu’il était le premier ministre du président Félix Houphouët-Boigny, dans le gouvernement de transition d’alors.

 Abdoulaye Bio Tchané est le deuxième personnage de cette saga présidentielle avant la lettre. Visiblement, l’homme a une carte de visite bien chargée.

À 27 ans, il fait son entrée à la Bceao en tant qu’économiste pour finir chef du service des études de la banque à Cotonou au Bénin. En mai 1998, alors qu’il est directeur des études de la Bceao, le président Mathieu Kérékou l’appelle au Bénin pour s’occuper du portefeuille ministériel de l’Economie et des Finances, comme son père l’avait fait juste dans les années 1960.

Assistant du gouverneur de la Bceao dirigé Charles Konan Banny dans les années 1994, il est désigné le 10 janvier 2002, par le directeur général du Fonds monétaire international, Horst Köhler, au poste de directeur Afrique de cette institution à Washington, DC aux États-Unis. La plus haute fonction qu’un Béninois ait occupée sur le plan international. Après son premier mandat, Abdoulaye Bio-Tchane a bénéficié d’un second qui prit fin en janvier 2008. C’est après avoir été reconduit pour un troisième mandat qu’il quitte le Fonds monétaire international pour prendre la tête de la Banque ouest-africaine de développement.

Il est nommé en janvier 2008 par la conférence des chefs d’État de l’Uemoa à la présidence de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) pour succéder à son ancien président, Thomas Boni Yayi. Le 4 janvier 2011, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du 6 mars 2011. Après une campagne reconnue comme dynamique, il se retrouve en troisième position.

On parle aussi de Fernand Amoussou, l’ex-chef d’état-major de l’armée béninoise au riche parcours. Morceaux choisis : le général Amoussou a rejoint l’armée béninoise en 1975. Au cours de sa carrière, il a suivi avec succès une série de formations dans certaines des académies militaires les plus renommées, en France et en Chine.

Formation d’officier à l’École polytechnique Qinghua de Beijing, Chine, il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en électronique. Cours d’application et de perfectionnement de l’Infanterie à l’École d’application de l’infanterie de Montpellier, France,

Qualification d’officier parachutiste à l’École des troupes aéroportées de Pau, France,

Qualification d’instructeur commando à l’École nationale d’entrainement commando Montlouis, France. Cours d’état-major à l’École d’état-major de Compiègne, France. Le général Amoussou est breveté de l’enseignement militaire supérieur à l’École supérieure de guerre française. Il a participé à de nombreuses reprises à des initiatives régionales visant le renforcement des capacités de maintien de la paix au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Il est auditeur au Centre des études stratégiques des États-Unis pour l’Afrique et à l’Institut des hautes études de défense nationale de Paris. Il parle le français, l’anglais et le chinois.

Autre grosse cylindrée de l’armée béninoise dont le nom circule, le général à la retraite Robert Gbian. L’ancien chef du cabinet militaire du président Boni Yayi.

Les anciens collaborateurs du président Boni Yayi que sont Richard Sènou, Célestine Zanou, Marie-Elise Gbèdo, et quelques autres célèbres inconnus jouent la carte de la figuration utile dans l’optique d’un positionnement avantageux sur l’échiquier politique national. Qui est fou!

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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