CULTURE/BENIN/  »Les Soleils ne sont pas morts », une invite à l’espoir pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir

Face à la presse à la faveur d’un déjeuner dans un restaurant à Cotonou, Innocent Sossavi, écrivain béninois atypique parle brillamment de son livre « Les Soleils ne sont pas morts », comme une rengaine passionnante pour illustrer la «poésie sossavienne », devant les journalistes très heureux d’être les illustres hôtes de leur confrère.

L'auteur présentant son ouvrage à la presse

L’auteur présentant son ouvrage à la presse

« Paru en le 15 février 2012 aux Editions françaises Mon Petit Éditeur, ″ Les Soleils ne sont pas morts″ signale cette poésie à l’avantage de l’homme, et non à son encontre. L’homme en proie à l’angoisse et au désespoir. Cet homme pour qui  ″Les Soleils ne sont pas morts″ est une invite à l’espoir à travers ses quarante trois poèmes répartis en quatre cahiers que sont ″ Corridas ″, ″ Fanaisons ″, ″ Ces mamelles où je dors ″ et ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ de qui l’œuvre tient son intitulé. »

Éclairant la lanterne des hommes de la presse sur le sens et l’essence de la « poésie sossavienne », il en souligne les contours à travers une définition qui laisse penser à un nouveau courant littéraire. « Comme définition à donner de ma poésie, affirme-t-il, je suis tenté d’affirmer que la poésie sossavienne est la poésie de l’auteur que je suis, épanchée aux vers libres, au décor pathétique. Émotion oblige. Puisque on ne saurait parler de la poésie sossavienne indépendamment de l’émotion à flots qui la fonde. Car, dans le fond, la poésie sossavienne est fille de l’affect foisonnant, l’émotion en démesure pour la liberté. Mais la poésie, chez moi, ne se limite pas seulement au genre poétique ;  elle est une démarche littéraire imprégnée d’émotion à flots pour la liberté. Le genre poétique l’étaie, tout comme le roman, l’essai, le théâtre, la nouvelle, l’épistolaire et le discours. Non figée, par essence, cette poésie s’illustre par la fluidité du délire, le refus de la fixité que signale le refus de la rime et des contraintes métriques, la pluralité contre l’unité, la variabilité tous azimuts. En tout, la poésie sossavienne est iconoclaste dans son affirmation et son désir de liberté. Parce que l’espoir est au centre de ma poésie, le titre ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ est ma manière de signifier que l’espoir n’est pas perdu pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir ».

Il  précise que sa poésie est l’objet d’une lettre adressée à son amie Kéleth Kalézie, une éditrice française qu’il a connue en Suisse en 2004. « Le sens et l’essence de ma poésie sont évoqués dans une longue lettre en date du 25 mars 2006, intitulée ″Lettre à Kéleth Kalézie″ à paraître en 2014. L’option du genre épistolaire répond à mon souci de mieux imprégner le lectorat pour une appréhension aisée de la poésie sossavienne ».

Il rend par ailleurs hommage à Jérôme Carlos pour la préface à son œuvre : « il me paraît impérieux de remercier Jérôme Carlos pour sa préface dont le titre ″ couleur et odeur d’éternité pour une résurrection ″ résume le sens et l’essence de la poésie sossavienne. De tout mon cœur, je lui rends hommage pour son soutien à ma carrière littéraire que lance ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ »

 L’écrivain béninois Innocent Sossavi annonce des conférences aux quatre coins du monde pour mieux imprégner l’opinion du sens et de l’essence de la poésie sossavienne. Ce qui répond à l’objectif de ce déjeuner de presse qu’il a donné pour marquer la 21ème journée internationale de l’écrivain africain.

L’auteur

L'écrivain béninois Innocent Sossavi

L’écrivain béninois Innocent Sossavi

Innocent Sossavi est né le 25 mars 1965 à Cotonou d’un père agent de constatations des douanes et d’une mère couturière. Son enfance est marquée par des situations absurdes qui lui inspireront l’indignation et la révolte, tout comme le dégoût de la vie.

Après des études de droit et de philosophie, il embrasse le journalisme que son passage au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, et au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (Cfpj) de Paris en France, aguerrit en expériences, outre ses collaborations à la presse béninoise et étrangère.

Féru de lettres, il fait une entrée triomphale en littérature par la  poésie en signant Les Soleils ne sont pas morts paru pour la première fois en 2012 aux Éditions Mon Petit Éditeur, et qui consacre sa volonté de revitaliser la poésie qui, à ses dires, se meurt. Les Soleils ne sont pas morts témoigne du talent lié aux éclats de l’écriture, prémices d’un sacre en perspective.

Innocent Sossavi et Kéleth Kalézie firent connaissance en août 2004 à Genève en Suisse. Tandis que Kéleth Kalézie dirige une maison d’édition en France métropolitaine, Innocent Sossavi est auteur béninois de langue française. Son œuvre de prémices  » Les Soleils ne sont pas morts » achevée, il écrivait à Kéleth Kalézie pour l’en informer et l’avertir d’un éventuel désir de sa diffusion. Mais l’ouvrage ne paraîtra plus chez Kalézie, les modalités de cette dernière n’ayant plus agréé Innocent Sossavi qui s’est finalement replié sur les Éditions Mon Petit Éditeur en France.

Versé dans l’humanisme, Innocent Sossavi partage sa vie entre le droit et les sciences politiques, parallèlement à ses activités littéraires.

Des journalistes de la liberté sacrifiés sur l’autel de la lucidité

Je me permettrai de paraphraser Victor Hugo : ceux qui sont morts pour leur profession ont droit qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau…

Oui, Gislaine et Claude sont morts pour leur métier ; ils sont morts pour les valeurs du journalisme ; ils sont morts aussi, et ce n’est pas négligeable, pour leur passion pour l’Afrique.

Fauchés par l’obscurantisme des forces imbéciles qui donnent encore du crédit à la violence et à la haine comme autant de solutions possibles. FRANCE-MALI-KIDNAPPING-MEDIA-COMBOJe m’incline devant leur mémoire comme l’ont fait avant moi beaucoup d’internautes, beaucoup d’auditeurs et beaucoup d’Africains.

Je veux dire à ceux qui les ont aimés, à leurs parents, à leurs amis, qu’ils ne sont pas morts pour rien ; leur disparition tragique ouvre davantage les yeux du monde sur les plaies de notre temps. « Il faut que notre sang s’allume, dit Kheteb Yacine ; que nous prenions feu, que les yeux du monde s’ouvre non pas sur nos dépouilles, mais sur les plaies des survivants… Car, des survivants, il en reste au Nord Mali ; les survivants de l’intolérance, les survivants de la peur, les survivants du sang et du silence.

Paix à ton âme, Ghislaine !

Paix à ton âme, Claude !

Qu’il me soit cependant permis de dire ici que ce qui est arrivé est la résultante d’une faute du gouvernement français ; on ne s’explique pas qu’aux premières heures de la libération  du nord Mali, l’opération Serval ait en quelque sorte concédé aux Touaregs du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) que l’armée malienne ne puisse pas pénétrer à Kidal. Sans l’écrire de façon formelle, la France a permis au MNLA et à toutes les forces satellitaires de cette entité absconse d’établir leur ordre à Kidal en comptant sur la mise à l’écart de l’armée malienne, sur la réduction au silence et en inaction de la MINUSMA (les forces de l’Onu) et enfin, absurdité suprême, sur l’éloignement géographique des troupes SERVAL qui au fond, se cantonnaient aux portes de Kidal.

Quel arrangement a pu prévaloir à une telle absurdité ? La conséquence est que les forces qui ont agi samedi sur les journalistes de Radio France internationale (Rfi) ont compté sur cette géographie de la bêtise pour perpétrer un double crime auquel elles savaient qu’au moins temporairement, elles échapperaient.

Mais qui a tué ? Les jihadjistes  d’AQMI ou du MUJAO (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest) ? L’absence de revendication jusqu’à ce jour semble infirmer cette hypothèse sans parler du modus operandi qui tient généralement de la prise d’otages à des fins de rançon. Il eût été assez inconséquent que d’une main on libère et que de l’autre on tue, sachant la possibilité ouverte depuis, de prendre des otages et de se faire payer une rançon.

Des rebelles du MNLA hostiles à l’état malien et opposé aux accords de paix ? Tout à fait possible, et cela me paraît l’une des pistes les plus plausibles.

Mais l’hypothèse que des factions Touaregs favorables aux accords de paix et ne comprenant pas le statut particulier accordé à Kidal est tout à fait envisageable. Elles auraient alors commis ce crime pour contraindre la France à changer de posture et à amorcer un virage radical dans l’approche de la problématique Kidal. Approche qui jusqu’ici a été menée dans l’ignorance de la mentalité Touareg et des problématiques diverses qui s’y déployaient depuis plus de quarante ans.

Demain, Kidal ne sera plus ce qu’il est. Constat terrible qui aura nécessité le sang de Ghislaine et de Claude… Des journalistes de la liberté sacrifiés sur l’autel de la lucidité…