Galerie

BENIN / L’économie maritime tourne au ralenti

Au moment où le port de Cotonou, appendice de l’économie maritime béninoise cherche à sortir la tête de l’eau à travers moult actions, le département ministériel chargé de son sauvetage quant à lui, prend abondamment de l’eau, empêtré dans des contradictions à n’en plus finir.

Comme dirait l’autre, plus rien ne va au Ministère béninois de l’économie maritime, des transports maritimes et des infrastructures portuaires. Selon des observateurs avertis, «on n’est plus loin de toucher le fond si des décisions hardies ne sont pas prises à temps ». Surtout que, ce département ministériel, pourtant stratégique dans la politique de relance de l’économie nationale, depuis quelque temps, tourne au ralenti, faute de ressources humaines adéquates.

Le Port de Cotonou

Travaux de bitumage de route au Port de Cotonou au titre des réformes

Déjà cité parmi les ministères les moins lotis, avec un modeste budget annuel d’environ trois milliards de francs Cfa (4.615.385 Euros), il se contente aujourd’hui d’offrir un service minimum. Et il n’est pas exclu que la quasi-totalité des postes de responsabilités soient vacants d’ici à là. Si rien n’est fait pour freiner l’hémorragie.

N’y a-t-il plus de cadres compétents dans ce sous-secteur névralgique de l’économie nationale pour pourvoir aux postes vacants depuis des lustres, serait- on tenté de se demander en toute légitimité. Même si pour l’heure, la question reste sans réponse.

Une chose est sûre, le ministre Valentin Djènontin, devenu titulaire de ce strapontin à la suite d’un jeu de chaises musicales en 2012, avait de réels soucis à se faire, dans le temps. Privé de son directeur de cabinet, Ishola Bio Sawé, emporté dans les eaux troubles de la sulfureuse affaire du port sec de Tori. In fine, il était contraint de s’appuyer sur son directeur adjoint de cabinet, pour donner le change. Seulement voilà, entre les deux hommes, les relations n’étaient toujours pas au beau fixe, à en croire des travailleurs en service dans ledit ministère. Sans oublier que, d’autres cadres en poste dans ce département étaient partis pour diverses raisons sur lesquelles il serait vain d’épiloguer.

L’obligation de faire valoir leurs droits à la retraite, avait conduit le secrétaire général du ministère et son adjoint à quitter leurs fonctions respectives. Laissant du coup, sans titulaires, des services sensibles ayant à charge la gestion de la mémoire et l’administration du ministère. Aux dernières nouvelles, le ministre Valentin Djènontin, face à la délicatesse de la situation, aurait confié provisoirement cette fonction à l’assistant de l’ancien secrétaire général du ministère, Hugues Hounkponou.

Réformes portuaires au Bénin

Réformes au Port de Cotonou à travers de grands travaux

La saignée

Selon un cadre du ministère, entre temps, le ministre Jean-Michel Abimbola, actuel patron du département de la culture et de l’artisanat et ex-titulaire du portefeuille de l’économie maritime, avait repris dans son cabinet la quasi-totalité de ses anciens collaborateurs. Créant une situation dont on appréhende difficilement les contours.. Car, cette volonté affichée de Jean-Michel Abimbola de reconstituer son cabinet « perdu » avait fini par créer un vide autour de son successeur à l’économie maritime et prédécesseur à la culture. Et c’est en cela que se justifie le départ du directeur des ressources financières et du matériel(Drfm), de la directrice des ressources humaines(Drh), du chargé de mission et de quelques conseillers techniques vers de nouvelles destinations

« Récemment, sur les cinq conseillers techniques, seuls deux étaient en place au cabinet du ministre de l’économie maritime », déplore un responsable syndical, visiblement dépité. « En ce sens que, précise-t-il, dans la foulée celui qui occupait les fonctions de directeur de la prospective et de la programmation est aussi parti sans crier gare ». Résultat, tous les postes sensibles sont dépourvus de responsables. «Dans ce genre de situation, avertit le syndicaliste, on ne saurait attendre de notre ministère un travail sérieux à la hauteur de la mission qui lui est assignée ».

Pour éviter le naufrage annoncé de sa barque, explique une source proche du cabinet, le ministre de l’économie maritime a dû recourir aux services de Joseph Chaffa, un ancien cadre du département et précédemment directeur général du Port autonome de Cotonou. En attendant de pourvoir aux postes vacants, et remettre le navire à flots. Ce qui est loin d’être une gageure. Et pour cause.

Contre performance

Les experts maritimes s’accordent à le dire : le port de Cotonou reprend vie. De l’avis même du directeur général par intérim, Kassim Traoré, le trafic commence à être au rendez-vous. Mais cette reprise des activités, certes timide, ne saurait prospérer sans une bonne mise en exécution des réformes voulues et engagées par le gouvernement. Et c’est justement le ministère en charge de l’économie maritime qui est sensé conduire la conception et l’opérationnalisation de ces réformes tant attendues. Seulement voila, le ministère handicapé, éclopé, et dépourvu de ressources humaines suffisantes, a peu de chance de s’en tirer à bon compte, dans un environnement difficile et contre performant.

Une lueur d’espoir

Ministre de l'économie maritime

C’est dans cette ambiance délétère  que débarque, à la faveur du remaniement ministériel d’août 2013, un nouveau ministre en la personne de Martine-Françoise Dossa pour présider dorénavant aux destinées du Ministère de l’économie maritime, des transports maritimes et des infrastructures portuaires.  Espérons qu’elle prenne à temps la mesure de sa nouvelle mission pour apporter des solutions idoines et crédibles à des dysfonctionnements avérés déplorés depuis des lustres sans qu’une quelconque amélioration n’intervienne.

 Quand on sait que lors de sa prise de fonction, la nouvelle responsable du département de l’économie maritime n’a pas manqué de  fixer les orientations de sa nouvelle mission. Et se donner surtout comme priorités, «de veiller en permanence, avec méthode et rigueur, au maintien  et à l’amélioration des ratios de productivité portuaire, tant en termes de diversité de flux de trafic que de coûts et de délais de prestations portuaires ». Il y a de quoi espérer des lendemains meilleurs. Surtout que l’objectif principal de la ministre, « est d’assurer et de renforcer l’image de marque de la plate-forme portuaire de Cotonou, d’accentuer sa compétitivité et sa productivité, ainsi que le recouvrement du reliquat des trafics déviés vers les ports concurrents voisins ».Ce qui ne saurait se faire sans le déploiement d’un personnel qualifié et compétent, partageant la même vision. Mais comme le dit si bien l’adage, c’est à l’oeuvre que l’on connait l’artisan. Wait and see!

The following two tabs change content below.
babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

5 réflexions au sujet de « BENIN / L’économie maritime tourne au ralenti »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *