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Les « occasions venues d’Europe’ ont le vent en poupe au Bénin

Après l’essor de la vente des véhicules d’occasion dits « venus de France » et autres accessoires, c’est le tour des objets usagés pompeusement baptisés « occasions venues d’Europe » de bénéficier de l’engouement d’un public friand des occasions. 

Le marché de l’occase a pignon sur rue dans les villes et campagnes du Bénin. Le brocanteur européen le plus avisé, se perdrait facilement dans le bric à bac du vendeur d’objets d’occasion sous nos cieux. Et pourtant, c’est de ce fourre tout d’articles usagés, hors d’âges, que d’importantes ressources sont dégagées après des transactions avec des clients, satisfaits de leurs acquisitions. C’est à y perdre son latin. Mais à  l’instar de ce jeune entrepreneur adepte des occasions, Yves-Lambert., qui«avoue ne s’habiller qu’avec de la friperie, de premier choix. Sa voiture est venue de France, tout comme sa télé, son réfrigérateur et son four à micro onde… ». Il faut savoir raison garder. Car, tout comme lui, ils sont des milliers à ne jurer que par les occasions, la friperie, morosité économique oblige.

Bousculade autour du « premier choix »

Dans une maison située non loin du stade de l’Amitié de Cotonou, aux abords du Ceg Zogbo, est ouvert un grand magasin qui occupe une place de choix dans la vente de l’électroménager, du matériel informatique, des vélos et autres objets d’occasion. Le maître des lieux, un  Tchadien d’une quarantaine d’années a lancé ce commerce avec de petits moyens il y a quelque temps. Mais aujourd’hui, il paraît satisfait et affiche la sérénité de l’homme d’affaires prospère. Aujourd’hui, le magasin s’étend à toute la maison, des centaines de vélos tout terrain sans roue avant ainsi que d’autres objets, sont exposés à sa devanture. . A l’intérieur, le magasin tout aussi bien achalandés d’articles d’occasion divers, estampillés de l’inscription « prix abordable », atteste de la santé financière du propriétaire.

A l’arrivé de chaque conteneur d’articles, ce magasin est pris d’assaut par d’autres vendeurs de moindre importance. Le spectacle est étonnant, chacun veut avoir le meilleur article « premier choix » sorti du conteneur. Ce qui donne lieu à des bousculades, empêchant parfois les manœuvres de décharge des articles impatiemment attendue par la foule nombreuse qui s’est déplacée.

C’est dans les années 2000 que le marché de l’occasion a connu un boom prodigieux et le nombre des acteurs intervenant dans ce secteur d’activités jusque-là peu connu du grand public, a pratiquement doublé du jour au lendemain. Ainsi, à tous les coins de rue, on rencontre désormais un vendeur de des articles d’occasion à des « prix imbattables », comme ils se plaisent tous à le dire.. « Le   problème avec ce commerce, affirme un employé travaillant dans l’équipement immobilier, c’est que dès que les gens sentent un bon créneau, ils s’y jettent tous. Créant l’embouteillage ».  Surtout qu’il faut peu de choses pour s’établir dans ce secteur : un capital de départ, un magasin ou une boutique en location, un petit personnel, une dénomination pour l’entreprise – le plus souvent quelques initiales – et bien évidemment un registre de commerce et des fournisseurs en Europe…

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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