Panneau indicateur de Zone franche industrielle
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Triste destin pour la Zone franche industrielle du Bénin

Dix ans d’aménagement pour une seule société opérationnelle ! Bilan catastrophique pour la Zone franche industrielle (Zfi) dont la création avait suscité beaucoup d’enthousiasme, en son temps. Comme le dirait l’autre, en matière de promotion industrielle, circulez, il n’y a rien à voir !

Lorsqu’on dépasse le carrefour de Porto-Novo en direction de la frontière de Sèmè-Kraké, on est souvent consterné face au triste spectacle qu’offre le site de la Zone franche industrielle (Zfi). Hormis la grande clôture érigée pour protéger le domaine de 40 hectares aménagés par le gouvernement béninois, l’intérieur donne l’image d’un champ en friche qui attend impatiemment l’hivernage. Quelques rares bâtisses dispersées dans la broussaille témoignent sans doute de la présence de quelques entreprises signalées au début qui se sont rebiffées par la suite, faute d’un environnement propice et attrayant. Pourtant, il y a dix ans, la décision de l’Etat de faire de ce périmètre, la nouvelle cité industrielle du pays avait suscité beaucoup d’enthousiasme.

Pour concrétiser son ambition, le président Mathieu Kérékou, en son temps, avait créé une agence de gestion de la Zone franche industrielle, sous le sceau du partenariat public-privé. Un capital social de deux milliards de francs Cfa porté par l’Etat, la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) et un pool d’opérateurs privés séduits par le projet a été constitué. Mais le caractère mixte de l’agence n’a pas pu échapper à la bureaucratie légendaire de l’administration béninoise aux antipodes du credo de l’investisseur pour qui « le temps, c’est de l’argent ». In fine, les nombreuses entreprises annoncées tambours battants n’ont pas été au rendez-vous. Marché de dupe conclu ou simple repli stratégique ? Aujourd’hui, une seule unité de production opère vaille que vaille, sur le site, dans un contexte d’exploitation n’offrant pas une garantie de développement à long terme.

Des avantages malgré tout

Pourtant, les avantages douaniers et fiscaux qu’offre, a priori, la Zfi a de quoi fouetter le chéquier de l’investisseur potentiel. Les entreprises agréées au régime de la Zfi bénéficient à l’importation, et à compter de la date de l’agrément, de l’exonération des droits et taxes (à l’exception de la taxe de voirie) sur tous le matériel devant intervenir dans la mise en place et le fonctionnement des unités de production. Une réduction de 60% de ces mêmes droits et taxes est accordée sur les véhicules utilitaires acquis par l’opérateur. S’agissant des avantages fiscaux, les entreprises disposeront entre autres d’une exonération de l’impôt sur le Bic (Bénéfice industriel et commercial) pendant les 10, 12 et 15 premières années à compter de l’agrément ainsi que l’exonération de la Tva (Taxe sur la valeur ajoutée) pendant la durée de l’agrément sur les livraisons de produits semi-ouvrés, les emballages, les livraisons faites à soi-même dans la mesure où elles s’intègrent au processus de production, les travaux et services fournis. Mieux, les promoteurs de la zone évoquent une réduction du coût des facteurs de production à travers une autonomie dans la production de l’énergie, l’adduction d’eau ainsi que le réseau de télécommunications.

 

La Zfi du Bénin

La zone franche industrielle (Zfi) du Bénin

Lacunes structurelles

Mais le peu d’intérêt que les investisseurs accordent à ces avantages se trouvent en réalité dans l’incapacité du Bénin à résoudre les problèmes structurels de facteurs de production qui annihilent ses avantages comparatifs. Le plus criard reste son déficit énergétique légendaire. « L’énergie du Bénin et son coût ne permettent pas au pays de disposer d’industries capables d’affronter la compétitivité au niveau international », commente un expert spécialiste des questions d’investissement. Du coup, en dépit de la proximité du pays avec le géant nigérian, riche d’un marché de près de 200 millions de consommateurs, le coût élevé des facteurs de production (énergie, eau, télécommunication) continuent de plomber l’investissement direct étranger. A cela s’ajoute l’environnement juridique, constitué d’un code des investissements totalement désuet par rapport à la vision d’émergence à laquelle s’accrochent les nouvelles autorités du pays. La preuve en est le 175è rang décerné au Bénin, dans le classement Doing Business 2013 de la Banque mondiale. « Pour régler le problème de la Zfi, il faut revoir de fond en comble l’ensemble des goulots d’étranglement à l’investissement au Bénin », poursuit l’expert qui gage sur les bonnes résolutions de la table-ronde secteur public- secteur privé pour aider le Bénin à changer de paradigme.

 

marché dantokpa au Bénin
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Des produits avariés en liquidation sur nos marchés

La liquidation de certains produits de qualité douteuse en cette veille des fêtes de fin d’année et du nouvel an, prend de plus en plus de l’ampleur sur le marché national. A telle enseigne que, les consommateurs doivent redoubler de vigilance, dans leurs achats, pour ne pas se faire duper par des commerçants véreux.

Les fêtes de fin d’année s’annoncent. Avec leur cortège habituel de ventes occasionnelles aux coins des rues, aux abords des buvettes, bars, restaurants, ainsi que dans nos marchés et autres étals créés à la va vite dans la ville et ses environs, sans oublier le porte à porte…La fête s’annonce belle. Dans un contexte de morosité économique où l’argent circule de moins en moins. Sur le marché des innovations s’observent, de nouveaux produits abondent. En témoignent, les vente à la sauvette par ci, vente à la crié par là, des plateaux et autres ustensiles de cuisines sur la tête ici, des  produits étalés aux abords des allées, des rues, là-bas…  Les consommateurs sont pris d’assaut et ne savent pas où donner de la tête à cause des choix multiples. Mais le hic, la qualité douteuse de la plupart de ces produits, qui sont soit déjà avariés, soit à quelques jours de la date de péremption, devraient inciter les prospects à la vigilance et à la prudence. Pour ne pas tomber dans les pièges de ces commerçants véreux qui ont plus d’un tour dans leurs sacs pour forcer la main aux usagers de nos marchés.

Ces commerçants indélicats dénués de tout scrupule déversent sur le marché des boissons en cannette déjà périmées mais dont la vignette est traficotée pour donner l’illusion contraire ; des boissons alcools et spiritueux fabriqués sur place en imitation de grandes marques avec une alchimie et une dextérité qui en rendent la consommation néfaste à la santé ; des friandises et des biscuits aux emballages reconditionnés et aux dates de fabrication et de péremption falsifiées. La liste est longue…

Un tour au marché Dantokpa

Clochette en main, des cris par ci, des harcèlements par là. La machine à convaincre les acheteurs est mise en branle, avec un argumentaire classique qui revient chaque année à la même période tel un leitmotiv. Le spectacle est désolant. Des produits dont on ignorait jusque-là l’existence sont exhibés et présentés avec forces arguments.  De provenance douteuse, avec des des noms imaginaires se retrouvant d’un point à un autre avec des emballages variés, c’est à y perdre son latin. Il faut apercevoir outre les jouets de tout genre, les tenues pour enfants, les conserves, les pâtes alimentaires et bien d’autres produits sans dates de péremption ou avec des inscriptions illisibles. Cette période des fêtes de fin d’année offre ainsi l’opportunité aux personnes mal intentionnées de mettre sur le marché des produits avariés ou de mauvaise qualité. Aussi retrouve-t-on des liqueurs frelatées produits sur place, des biscuits divers. En cette période, le génie béninois fait ses preuves dans l’agro alimentation, par appât du gain facile. D’où les nombreuses intoxications alimentaires et autres désagréments qui menacent les populations des villes et campagnes à la merci de ces commerçants sans foi ni loi. Selon Dame Afi, commerçante au marché Dantokpa, « nous avons parfois des fournisseurs qui viennent nous présenter des choses comme quoi c’est des nouveaux produits mis sur le marché. Maintenant si le coût est moindre, on achète pour faire beaucoup de bénéfice à la vente ». Pour ces nouveaux produits la plupart se fabrique sur place ici au Bénin. D’autres par contre, viennent des pays voisins que sont le Nigéria et le Togo. Et comme il n’y a pas un mécanisme de contrôle des produits déversés sur le marché national,  des produits contrefaits et/ou avariés sont régulièrement déversés. Au grand dam des consommateurs qui ne doivent compter que sur leur bonne étoile, pour éviter l’intoxication alimentaire consécutive à la consommation de ces produits bon marché mais à risques.

Le contrôle des produits

Le contrôle de la qualité des produits et des prix se fait sur le marché Dantokpa de manière cyclique, d’après dame  Pascaline, revendeuse de son Etat, installée à Dantokpa de puis plus d’une décennie. A l’entendre, « le plus souvent c’est à l’approche des fêtes qu’on retrouve les gens du ministère ». La population déjà habituée à cette forme de commerce à l’approche des fêtes s’acharne pour trouver son compte avant leur passage. Les produits périmés ou avariés pour la plupart sont parfois saisis par les agents de contrôle du ministère du commerce intérieur. Cette descente qui arrive parfois tardivement voire rarement avec une équipe insuffisante ne permet pas de retrancher du marché tous les produits incriminés.

Ainsi, le business reprend de plus belle avec ses conséquences sur la santé des consommateurs qui n’ont pas les moyens de se rendre dans les grandes surfaces en ville pour acheter des produits de bonne qualité mais à des prix beaucoup plus élevés.