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Racket systématique sur les routes du Bénin

Le racket des transporteurs continue sur les routes du Bénin. En dépit de la volonté manifeste du pouvoir d’assainir les mœurs et de lutter contre la corruption.
C’est un secret de polichinelle, les véhicules de transports en commun aux postes de contrôle, doivent « graisser la patte » aux agents en uniforme en faction sur les divers axes routiers, c’est la règle et il faut s’y conformer pour éviter toute déconvenue… « Tu charges sur les parcs et les syndicats t’arrêtent sur la voie. Même si tu montres le ticket de chargement de ton véhicule, parfois ils prennent encore de l’argent. Ajouté à ce que vous prennent les policiers et les gendarmes sur la voie, c’est énorme …», confie avec amertume Apollinaire Zoundji, conducteur de taxi. Les conducteurs de taxi, sous différentes formes ne cessent de crier leur ras le bol face à des syndicats qui les racquettent. Bien que ces responsables syndicaux soient issus de leurs rangs et élus par la majorité des conducteurs. Martin Ignace, ancien syndicaliste et transporteur pense que ce qui se passe aujourd’hui ne se passait pas en son temps, où il était sur le parc de jonket comme syndicaliste, il y a environ une trentaine d’année. « D’abord les syndicalistes sont devenus des loups pour les conducteurs », déplore t-il. Le syndicalisme est devenu un métier des coups bas. Auparavant, si vous chargez sur un parc, le ticket est seulement à cinq cent francs. « Si vous voulez cotiser vous-mêmes dans votre caisse, le tout revient à mille francs. Maintenant quand tu charges aujourd’hui à Godomey pour Lomé, avec quatre passagers, le total fait vingt mille francs. Ils vous prennent deux milles francs et vous payez les droits de ticket et ceux là qui ne veulent rien faire qui se disent syndicalistes se mettent encore sur la route pour vous rançonner», explique-t-il. Pour Antoine, les difficultés ne sont pas seulement au niveau des syndicalistes, loin s’en faut ! Les conducteurs ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes, pour avoir placé leur confiance ; en de vils individus.
L’essence et le coût du transport
Antoine Djibodé, les difficultés que rencontre le secteur des transports sont de divers ordres. « Nous sommes tous des hommes et nous chargeons deux personnes devant et quatre derrière. Il s’agit là d’une surcharge. Ceci n’est pas de notre faute en tant que conducteur puisque en partance pour hillacondji (pour les marques japonaises comme Toyota), il faut quarante litres de carburant ; ce qui revient à douze milles. Si tu fais un chargement de six clients pour hillacondji et chacun paie deux milles, le prix du carburant ne suffit plus. Avant de partir, il faut payer les frais de chargement et les frais de parc. Sur la route, les postes de péages sont là et il faut payer, sans oublier les routiers et les policiers qui prendront également leur part», explique-t-il. Il s’agit là d’un manque à gagner pour le conducteur. Aussi ajoute-t-il « tu peux partir et au retour, tu ne trouveras pas de client comme tu peux aussi en trouver ». Dans ces difficultés certains souhaitent que les prix de transports soient revus à la hausse avec l’aide du gouvernement. Le phénomène de l’essence frelatée constitue aussi un coup dur pour ces conducteurs qui ne savent comment gérer leurs activités. « Au moment où l’essence frelaté existait, au prix de quatre cent cinquante francs, avec neuf mille francs de carburant, tu fais le trajet et tu trouves en fin de journée, un reliquats en poche ». Mais aujourd’hui, avec la lutte contre l’essence de contrebande, les données ont changé.

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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