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Le micmac de l’essence de contrebande ‘‘kpayo’’

L’essence de contrebande communément appelé « kpayo » au Bénin fait toujours parler d’elle. En dépit des efforts du gouvernement  d’éradiquer la commercialisation de ce produit préjudiciable à l’économie nationale, l’essence frelatée a toujours pignon sur rue, requinquée par l’impuissance des autorités politico-administratives et la complicité de ses consommateurs.

Le visiteur qui débarque pour la première fois à Cotonou est tout d’abord frappé par deux choses : les motocyclistes en uniformes jaunes, communément appelés Zémidjan ou taxi-motos, et la vente de l’essence frelatée au bord des trottoirs. Si les deux phénomènes trouvent leur essence dans la réponse sociale au marasme économique des années 1980, les effets néfastes de la vente illicite de l’essence frelatée sur l’économie et la sécurité des populations ont souvent dicté aux gouvernements successifs l’obligation de lui livrer une guerre sans merci. Mais le lobbying politique qui encadre l’activité et son poids dans l’économie informelle du pays ont souvent obstruée les initiatives gouvernementales. Profitant du prix relativement bas de l’essence au Nigeria, pays producteur du pétrole qui subventionne le carburant, les trafiquants importent souvent ce produit par la voie de la contrebande, créant ainsi de la concurrence déloyale au marché formel. Une récente étude de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) l’atteste à merveille. Le ‘‘kpayo’’ qui emploie environ 50 000 personnes, alimente plus de 85% du réseau de distribution de l’essence, avec un chiffre d’affaires annuelle compris entre 600 et 700 milliards de francs CFA qui échappent complément au fisc. Plus de 120 millions de litres d’essence frelatée sont vendus chaque jour au Bénin au bord des voies contre seulement 1,5 millions de litres par jour dans les stations services, confie Donald Eme­ran, directeur général de la Société pétrolière Mrs. Si des milliers de Béninois en profitent dans la mesure où l’activité permet au consommateur national d’avoir de l’essence à bas prix, le commerce illicite de l’essence crée d’énormes manques à gagner à l’Etat, des pertes d’exploitation aux compagnies agréées et des précédents environnementaux et sécuritaires graves du fait des mauvaises conditions de transport et de vente du produit. Les pertes fiscales de l’Etat sont évaluées à plus de 175 milliards de francs CFA par an.

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babylas25
Amateur de voyages, de grands reportages, inconditionnel des réseaux sociaux, le continent africain m'inspire tout particulièrement dans ma démarche journalistique. J'aspire à mieux comprendre les hommes et les structures qui les portent. Installé depuis quelques années à Johannesburg en Afrique du Sud, je me bats aux côtés de la diaspora africaine pour des lendemains meilleurs...

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